Mars aurait pu abriter la vie sur une longue période

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Illustration d’un lac martien tel qu’il aurait pu exister. | YouTube/Planetary Science Institute
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Une récente analyse des images capturées par la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter suggère que la planète rouge aurait pu héberger la vie il y a des milliards d’années de cela. Des chercheurs ont en effet découvert une zone recouverte de sédiments argileux dans le cratère Margaritifer Terra. La présence de ce matériau argileux implique que de l’eau a coulé dans cette région, offrant potentiellement un endroit propice à l’émergence de la vie.

Cela fait des décennies que les scientifiques cherchent à déterminer si une forme de vie a pu exister un jour (ou existe encore) sur Mars. L’un des objectifs de la mission Mars 2020 et de son rover Perseverance est d’ailleurs de prélever des échantillons de sol martien afin d’y rechercher ultérieurement des traces de vie ancienne. La sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) de la NASA gravite quant à elle autour de la planète rouge depuis 2006. Les images qu’elle a relayées ont révélé à plusieurs reprises la présence de glace d’eau, mais jusqu’à présent aucun engin d’exploration n’a détecté d’eau liquide avec certitude.

Or, l’eau liquide figure parmi les ingrédients essentiels à la vie (telle que nous la connaissons sur Terre). Une équipe du Planetary Science Institute a récemment fait une découverte importante : une analyse approfondie des images capturées par la sonde a révélé que de l’eau liquide était bien présente sur Mars par le passé et ce, sur une assez longue période. En d’autres termes, il existait sur cette planète si peu hospitalière aujourd’hui des conditions ayant pu soutenir la vie.

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De l’eau liquide pendant plus d’un milliard d’années

Catherine Weitz, scientifique principale au Planetary Science Institute, et son équipe évoquent dans un communiqué « une longue histoire d’eau liquide ». Ils se sont intéressés en particulier au bassin de Ladon, situé dans Margaritifer Terra — une région fortement cratérisée de Mars, dans laquelle ont déjà été identifiés d’anciens canaux d’écoulement et plusieurs plaines alluviales.

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Image montrant des sédiments argileux en couches colorées à l’intérieur de Ladon Valles, partiellement recouverts par des matériaux bruns plus foncés soufflés par le vent. L’agrandissement de l’image montre des couches de plusieurs mètres d’épaisseur, de luminosité et de couleur variables. © NASA/HiRISE/Université de l’Arizona.

En examinant les clichés de MRO, les chercheurs ont repéré des sédiments argileux dans ce bassin, y compris dans le nord de Ladon Valles, au sud du bassin et dans les hautes terres du sud-ouest situées alentour. Si ces sédiments ne constituent pas une preuve de vie en tant que telle, ils prouvent que Mars a été habitable, car les argiles sont des sources importantes de nutriments. « La présence d’argiles indique un environnement favorable à la vie, car les argiles se forment et restent stables dans des conditions de pH neutre où l’eau persiste à long terme, ce qui minimise l’évaporation pour former d’autres minéraux comme les sulfates », explique Weitz.

D’après l’équipe, l’eau liquide est apparue « relativement tôt » dans l’histoire de Mars, il y a environ 3,8 milliards d’années (sachant qu’elle s’est formée, comme les autres planètes du système solaire, il y a environ 4,6 milliards d’années). Cette eau aurait subsisté jusqu’à il y a 2,5 milliards d’années environ, ce que les chercheurs considèrent comme « relativement récent ».

Un environnement lacustre favorable à la vie

Les dépôts stratifiés de couleur claire qu’ils ont repérés sont particulièrement répandus dans les vallées et le bassin de Ladon, et s’étendent latéralement sur des distances de plus de 200 km, rapportent les chercheurs dans la revue Icarus. La morphologie et la minéralogie de ces dépôts sédimentaires prouvent qu’un lac était présent dans le bassin de Ladon et au nord de Ladon Valles. « L’environnement lacustre peu énergétique et la présence d’argiles soutiennent un environnement qui aurait été favorable à la vie à cette époque », souligne la scientifique.

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La morphologie de la stratification varie considérablement en couleur et en luminosité, écrit l’équipe, mais les sédiments ont principalement des signatures de Mg-smectites (des phyllosilicates). Les chercheurs pensent que les argiles se sont d’abord formées dans les terrains des hautes terres, plus anciens, situés autour du bassin de Ladon.

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En s’écoulant, l’eau a érodé ces matériaux argileux des hautes terres pour produire le canal de Ladon Valles et a fini par déposer des sédiments en aval, dans un lac situé à l’intérieur du bassin de Ladon et au nord de Ladon Valles. Ce lac aurait existé pendant le Noachien supérieur à l’Hespérien précoce. « L’environnement lacustre peut également avoir été favorable à une altération in situ et à la formation d’argiles », note l’équipe.

L’écoulement d’eau le plus récent, datant de l’Hespérien tardif à l’Amazonien précoce, se situe le long du sud-ouest du bassin de Ladon ; les dépôts sédimentaires de cette zone affichent une signature similaire à ceux identifiés dans une autre partie de Mars, le delta d’Eberswalde, situé au sud de la région de cette étude. « Nos résultats indiquent que les sédiments argileux déposés par les eaux courantes à Eberswalde n’étaient pas inhabituels à cette époque plus récente, car nous voyons de nombreux exemples de jeunes vallées similaires qui ont déposé des argiles dans la région », explique Weitz.

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En résumé, cette étude confirme que l’eau liquide était autrefois abondante sur Mars et qu’elle a donc pu abriter la vie à plusieurs reprises. Mais ce dernier point ne pourra être confirmé qu’après l’analyse en laboratoire des matériaux collectés actuellement par Perseverance.

Source : C. Weitz et al., Icarus

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