Selon une étude réalisée par des scientifiques britanniques, l’arme ultime pour vaincre l’arachnophobie serait cachée en vous. En effet, des millions de personnes à travers le monde sont concernées : la peur des araignées, ce qui pourrait être une réponse humaine innée et ancrée dans le cerveau par le biais de l’évolution.

Cependant, bien que cette phobie puisse être le vestige d’un ancien mécanisme de survie, l’angoisse qu’elle suscite est un élément dont la plupart des arachnophobes préféreraient être débarrassés. À présent, un nouveau traitement expérimental pourrait aider à surmonter cette phobie, en se focalisant sur le pouls et les battements de cœur.

Des scientifiques britanniques ont découvert que les battements cardiaques des patients pouvaient être intégrés à une thérapie d’exposition informatisée afin de les aider à surmonter leurs peurs des araignées. Ce traitement pourrait également aider les personnes à surmonter d’autres peurs irrationnelles. « Beaucoup d’entre nous ont des phobies, qu’il s’agisse d’araignées, de clowns ou même de types d’aliments », explique le chercheur et psychiatre Hugo Critchley de l’Université du Sussex. « Le traitement consiste généralement à exposer la personne à sa peur, mais cela peut prendre beaucoup de temps », ajoute-t-il.

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La thérapie d’exposition, comme son nom l’indique, implique diverses méthodes pour exposer au fil du temps les personnes à l’objet de leurs peurs, dans le but de les conditionner à leurs stimuli traumatiques. Des recherches antérieures menées par certains membres de la même équipe, sur l’interoception (notre conscience sensorielle de l’état interne du corps), avaient suggéré que le pouls des personnes était lié au traitement de la peur, ainsi qu’aux divers signaux les alimentant.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs souhaitaient découvrir si cette association pouvait être exploitée dans le cadre d’une thérapie par exposition. « Nous avons testé le principe selon lequel les signaux interoceptifs cardiaques modifieraient les résultats d’une thérapie informatisée d’exposition aux phobies des araignées et permettrait ainsi d’accroître l’efficacité du traitement. Nous voulions savoir si notre manipulation cardiaque avait un avantage supplémentaire par rapport à la manipulation d’exposition classique », écrivent les auteurs dans leur article.

Afin de tester cela, les chercheurs ont analysé le comportement de 53 participants en bonne santé qui ont enregistré des niveaux élevés d’arachnophobie dans un questionnaire en ligne. Les 53 participants ont été divisés en trois groupes, chacun d’entre eux ayant entrepris une thérapie d’exposition informatisée (des images d’araignées sur un écran d’ordinateur étaient montrées aux participants), tout en portant des capteurs d’électrocardiographie (ECG) pour surveiller leur activité cardiaque.

Dans un des groupes, les images étaient montrées en phase avec leur rythme cardiaque (soit pendant la systole, la signalisation de l’excitation cardiaque — lorsque les muscles cardiaques se contractent), tandis qu’un autre groupe était exposé aux images entre chaque battement cardiaque (lors de la diastole, lorsque les muscles se détendent). Le troisième groupe étant un groupe de contrôle, les images étaient donc montrées de façon aléatoire.

Dans le cadre de l’étude et de manière générale, la phobie a quelque peu diminué en raison de la thérapie d’exposition — ce à quoi on pouvait s’attendre, car il s’agit d’une forme bien établie de traitement de l’anxiété. Mais le sentiment subjectif de menace généré par les araignées a le plus diminué chez les personnes appartenant au groupe exposé aux images lors de la systole (synchronisées avec leur rythme cardiaque). « Cette découverte suggère un meilleur traitement perceptuel des stimuli de menace présumés, d’où une « exposition psychologique » accrue pour faciliter l’apprentissage de l’extinction de la phobie », expliquent les auteurs.

Bien entendu, de nombreuses études devront encore être menées dans ce domaine. Cependant, les résultats suggèrent que l’administration ciblée et ponctuelle de la thérapie par exposition autour des mouvements cardiaques peut moduler les résultats de la thérapie, tout comme les marqueurs de la précision interoceptive, qui pourraient à l’avenir aider à adapter les traitements en fonction des différents individus. « Notre travail démontre que la manière dont nous réagissons à nos peurs peut dépendre du moment où nous les constatons, lorsqu’il y a une contraction cardiaque ou entre chaque contraction », déclare Critchley.

Sources : Psychosomatic Medecine, Brighton and Sussex Medical School

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