COVID : le nouveau variant Mu considéré comme variant d’intérêt par l’OMS

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| Pixabay

Le variant B.1.621, baptisé Mu, a été identifié pour la première fois en Colombie au mois de janvier. Dans son bulletin hebdomadaire de suivi de la pandémie daté du 31 août, l’Organisation mondiale de la santé classe officiellement ce variant dans la catégorie des VOI (variants of interest). Ce variant affiche en effet une « constellation de mutations » suggérant une potentielle résistance aux anticorps développés suite à une infection ou à la vaccination.

Depuis sa première identification en Colombie en janvier 2021, il n’y a eu que quelques rapports sporadiques de cas liés au variant Mu, dans 39 pays au total, en Amérique du Sud et en Europe (y compris en France). Sa prévalence au niveau mondial parmi les séquençages effectués est actuellement inférieure à 0,1%, mais sa prévalence en Colombie (39%) et en Équateur (13%) a constamment augmenté depuis le début de l’année.

En outre, les données préliminaires suggèrent qu’il pourrait échapper aux défenses immunitaires d’une manière similaire à la variante Bêta découverte en Afrique du Sud ; des études supplémentaires permettront de clarifier ce point. Les autorités de santé publique sont soucieuses de savoir si le variant Mu est susceptible d’être plus transmissible et/ou de provoquer une maladie plus grave que le variant Delta, aujourd’hui majoritaire dans le monde.

Une transmission supérieure au Delta jugée « peu probable »

Si le variant Mu est « digne d’intérêt », c’est en partie à cause des mutations particulières dont il est porteur. Parmi celles-ci, la mutation P681H, précédemment identifiée dans le variant Alpha détecté pour la première fois dans le Kent, qui a été associée à une transmission bien plus rapide du virus. D’autres mutations — notamment E484K et K417N, connues pour modifier la forme de la protéine S de manière à permettre au virus d’échapper partiellement aux anticorps — pourraient donner au variant Mu un avantage sur le Delta à mesure que l’immunité augmente à l’automne. Davantage d’études sont néanmoins nécessaires pour comprendre les caractéristiques phénotypiques et cliniques de cette variante virale.

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Selon The Guardian, au moins 32 cas d’infection liés au variant Mu ont été détectés au Royaume-Uni, où il aurait été introduit par des voyageurs à plusieurs reprises. Un rapport de Public Health England (PHE) établi en juillet rapporte que la plupart de ces cas ont été détectés à Londres et chez des personnes dans la vingtaine. Certaines des personnes testées positives à ce variant avaient reçu une ou deux doses de vaccin anti-Covid. Selon une évaluation des risques publiée par PHE au mois d’août, il n’y a aucune preuve, pour le moment, que Mu surpasse le variant Delta et il semble peu probable qu’il soit plus transmissible.

Le variant Mu est déjà présent en France métropolitaine. Un rapport de Santé publique France daté du 25 août fait état de 105 cas d’infection liés à ce variant. Son niveau de circulation demeure toutefois globalement très faible ; il n’a été détecté dans aucune des deux dernières enquêtes Flash de séquençage. « À l’heure actuelle on ne sait pas comment le B.1.621 se comportera par rapport à Delta et ce variant fait l’objet d’une surveillance attentive, même si une transmission accrue par rapport à Delta semble peu probable », peut-on lire dans le rapport.

Un lot de mutations propice à l’échappement immunitaire

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Cette annonce suit de près le signalement du variant C.1.2, découvert en Afrique du Sud — qui n’a pas encore été classé comme VOC ou VOI — alors que le monde lutte activement contre le variant Delta et que les restrictions sont progressivement levées dans certains pays. Comme pour chaque nouveau variant, il est essentiel à présent de savoir si l’éventail de mutations que porte le variant Mu lui confère ou non un avantage en matière de propagation et si elles peuvent entraîner une maladie plus grave — auquel cas un retour des mesures restrictives pourrait être envisageable.

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Les mutations les plus inquiétantes sont E484K, N501Y et P681H. Les deux premières sont également présentes chez d’autres variants comme Bêta ou Gamma, tandis que la troisième se retrouve chez le variant Alpha. Il est aujourd’hui avéré que la mutation E484K diminue l’efficacité de la réponse humorale neutralisante (qu’elle soit post-infection, post-vaccinale ou issue d’anticorps monoclonaux). La mutation N501Y entraîne quant à elle une augmentation de la transmissibilité, en agissant sur la liaison avec les enzymes ACE2 des cellules humaines. Idem pour la mutation P681H.

Mu s’ajoute désormais à la liste des variants d’intérêt, qui comporte déjà les variants Êta, Iota, Kappa et Lambda. Pour rappel, l’OMS recense à ce jour quatre variants jugés préoccupants (VOC) : les variants Alpha (signalé dans 193 pays), Bêta (signalé dans 141 pays), Gamma (signalé dans 91 pays) et Delta (signalé dans 170 pays). Ce dernier représente toujours à l’heure actuelle « une menace majeure en matière de santé publique en France et ailleurs dans le monde », précise Santé publique France.

Source : WHO

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