Les rapides les plus grands et les plus meurtriers au monde, sont également des creusets de la vie ! Selon une nouvelle étude, le dernier tronçon du fleuve Congo, en Afrique, qui représente cinq fois le débit du Mississippi sur 320 km, a probablement donné naissance à plusieurs nouvelles espèces de poissons depuis sa formation, il y a 5 millions d’années.

Il faut savoir que les rapides sont des segments de rivière ou de fleuve très agités, lorsque le lit de la rivière présente une pente avec un fort gradient, générant ainsi une accélération du courant et de fortes turbulences. C’est donc très impressionnant, car même si les scientifiques savent depuis longtemps que des caractéristiques géographiques telles que les montagnes et les rivières peuvent isoler les populations animales (ce qui peut donner naissance à de nouvelles espèces), l’eau impétueuse n’est généralement pas soupçonnée d’être responsable de créer la vie de la sorte.

Pour découvrir à quel point les poissons des rapides Inga du Congo et des eaux environnantes étaient différents, des biologistes de l’évolution ont capturé une cinquantaine de poissons vivant dans les roches, appelés cichlidés, du genre Teleogramma.

Poisson afrique rapides espece nouvelle

Crédits : Oliver Lucanus

Les scientifiques ont ensuite examiné les différences morphologiques de ces individus et ont séquencé environ 2% de leur ADN. Ce qu’ils ont découvert les a surpris : de la même manière que ces rapides ont été meurtriers pour les humains, ils peuvent également l’être pour les poissons qui souhaitent les traverser. De ce fait, comme les courants tumultueux séparent des groupes de poissons les uns des autres, ces derniers évoluent de manière indépendante et génèrent éventuellement de nouvelles espèces.

Selon les chercheurs « toutes les espèces connues et potentiellement nouvelles ont été séparées par des rapides ou d’autres caractéristiques hydrologiques ». Par exemple, deux espèces vivent très près l’une de l’autre, à seulement 1.5 kilomètre de distance dans la rivière.

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Afin de valider leurs découvertes, les chercheurs ont utilisé les différences d’ADN pour confirmer l’existence de quatre espèces, dont une nouvelle qui a été baptisée d’après le nom de l’ancien président américain, Barack Obama. Selon les chercheurs, il y aurait au moins deux autres espèces différentes vivant dans ces rapides. De futures études pourront nous le confirmer.

Source : Molecular Ecology

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