La dernière fois que quelqu’un a aperçu un rat kangourou de San Quintin (dit Dipodomys gravipes), c’était il y a plus de 30 ans dans les zones arides de Baja California, au Mexique. Les autorités mexicaines ont même déclaré le petit mammifère en danger critique, voire peut-être éteint, en 1994 déjà. Les biologistes n’en croyaient donc pas leurs yeux lorsqu’en 2017, ils ont découvert quatre de ces rats kangourous de San Quintin.

Tirant leur nom de leur capacité à sauter comme des kangourous, ces petites créatures vivent dans les régions arides de l’ouest de l’Amérique du Nord, nourrissant certains prédateurs tels que les coyotes et les renards.

Le Rat-kangourou de San Quintin mesure environ 12 centimètres de long, avec une longue queue touffue et d’énormes pattes arrière qui lui permettent de sauter à environ 2 mètres et de « s’envoler » jusqu’à une vitesse de 10 kilomètres à l’heure. Ils vivaient autrefois par milliers dans une étroite vallée côtière s’étendant sur 150 kilomètres de long, de la côte pacifique du nord de la Basse-Californie.

Mais leur nombre a commencé à diminuer avec l’introduction de l’agriculture intensive dans les années 1970, après quoi leur habitat et leur nourriture se sont raréfiés, jusqu’à complètement disparaître. Puis, il y a seulement 9 mois, une équipe de chercheurs effectuant un inventaire de routine des mammifères dans la région, a découvert des rats dans leurs pièges. Aucun des chercheurs n’avait jamais vu l’espèce auparavant : ils ont donc dû la comparer avec d’autres spécimens de musée et avec des photographies. Les chercheurs publieront un rapport dans le prochain numéro du Bulletin of the Southern California Academy of Sciences.

Les scientifiques attribuent le retour du rat kangourou à une diminution drastique de l’agriculture au cours de la dernière décennie, liée aux pénuries d’eau elles-mêmes corrélées à la sécheresse.

Bien que les chercheurs s’inquiètent du retour éventuel des agriculteurs, ils restent optimistes quant à la persistance du Rat-kangourou de San Quintin, qui a également été constaté dans une réserve naturelle voisine. Les chercheurs suggèrent que cela offre aussi de l’espoir pour d’autres petits mammifères « éteints » à  l’heure actuelle. Et que ces derniers pourraient réapparaître, mais uniquement si les chercheurs prennent le temps et fournissent les efforts nécessaires.

Sources : Bulletin of the Southern California Academy of Sciences, The Nat San Diego Natural History Museum

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