ROBO-SHARK, un sous-marin autonome chinois en forme de requin utilisant l’IA pour cibler les ennemis

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Le Robo-Shark, présenté lors d'un salon de technologie militaire à Pékin. | Liu Xuanzun/GT

Cela fait plus de 10 ans que des équipes d’ingénieurs chinois travaillent sur le projet de robot sous-marin « Robo-Shark », un robot requin financé par l’armée chinoise. Il a été révélé récemment lors d’un salon de technologie militaire à Pékin, suite à la déclassification partielle du projet secret duquel il est issu.

Le véhicule sous-marin sans pilote (UUV), qui possède la forme d’un requin, est capable de reconnaître, de suivre, et d’attaquer un sous-marin ennemi sans intervention humaine. Développé de manière indépendante par la société Boya Gongdao Robot Technology, basée à Pékin, il a été dévoilé il y a deux semaines (5 juillet) lors de la 7e édition du China Military Intelligent Technology Expo. L’engin, qui fait 2,2 mètres de long pour 75 kg, peut se déplacer sous l’eau à 18 km/h.

« Les besoins de la future guerre sous-marine offrent de nouvelles opportunités de développement pour les plateformes sans pilote », expliquent les chercheurs dans leur article présentant la technologie, publié dans le Journal of Harbin Engineering University.

Une supervision humaine toujours requise

Dans l’article, le professeur Liang Guolong et ses collègues de l’université d’ingénierie de Harbin, le principal institut chinois de recherche sur les sous-marins, expliquent que les sous-marins sont équipés d’ordinateurs qui aident à identifier et à suivre les cibles, mais que les systèmes de sonar ont toujours besoin d’une supervision humaine — les décisions finales étant prises par le capitaine de mission. Ce recours à des procédures externes signifie également que des opérateurs doivent parfois « calibrer et ajuster le sonar pour améliorer les résultats de recherche et du suivi », écrit Guolong.

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« Le robot requin et tous les sous-systèmes tels que l’acquisition d’informations, la détection des cibles, l’évaluation, le contrôle de l’état et des paramètres, doivent avoir des capacités de décision totalement indépendantes », ajoute Guolong. En effet, certaines des technologies utilisées pour un sous-marin habité ne sont pas nécessaires ici, car elles sont inutiles pour une plate-forme sans équipage.

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Les détails des essais sur le terrain des sous-marins autonomes chinois ont été publiés dans une revue universitaire. © Université d’ingénierie de Harbin

Au cours des essais, Robo-Shark aurait été capable de détecter un sous-marin factice, d’identifier sa provenance et de lui tirer dessus avec précision à l’aide d’une torpille. Guolong, qui a dirigé les essais en 2010, a déclaré qu’il espérait que les drones seraient un jour capables de chasser en groupe.

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Le Robo-Shark utilise sa nageoire caudale pour se déplacer, comme un vrai requin. © AFP via Getty Images

La Chine se prépare à pouvoir répondre aux exigences des potentielles guerres futures

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Bien entendu, la Chine n’est pas la seule à concevoir des sous-marins furtifs autonomes à usage militaire. L’armée américaine a commandé à Boeing 5 sous-marins autonomes Orca XLUUV (qui fait plus de 15 m de long), et la Russie possède désormais un nouveau sous-marin capable de lancer un drone à propulsion nucléaire qui pourrait raser plusieurs grandes villes.

Ce requin-robot n’était que l’une des nombreuses technologies militaires intelligentes les plus récentes de la Chine présentées lors de l’expo et destinées à être utilisées sur terre, en mer et dans les airs, le pays cherchant à répondre aux exigences des potentielles guerres futures.

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Parmi les autres dispositifs, il y a par exemple l’effrayant véhicule terrestre sans pilote Pathbreaker de 1,2 tonne, développé par Beijing North Vehicle Group Corporation sous l’égide de China North Industries Group Corporation, une entreprise d’État.

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