Une seule dose de vaccin serait suffisante après avoir déjà contracté la COVID-19

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Tandis que de plus en plus d’individus reçoivent des injections des vaccins de Pfizer et Moderna, le schéma vaccinal standard actuel impose l’injection de deux doses à plusieurs jours d’intervalle. Cependant, des chercheurs ont récemment montré que, pour les personnes ayant déjà contracté la COVID-19, l’administration d’une seconde dose ne serait peut-être pas nécessaire. En effet, la première dose, couplée à l’immunité acquise lors de la première infection, déclencherait une réponse immunitaire suffisante. 

La plupart des individus éligibles au vaccin reçoivent le vaccin Pfizer ou Moderna, qui nécessitent tous deux doses administrées à plusieurs semaines d’intervalle. Mais un nombre croissant de chercheurs convient maintenant qu’une seule dose de l’un ou l’autre vaccin générera une réponse immunitaire suffisante chez les personnes qui ont déjà eu le coronavirus.

Les recherches suggèrent que leur donner la deuxième dose est essentiellement un gaspillage de vaccin. « Pour ceux qui ont été infectés et guéris, soit des dizaines de millions de personnes, ils n’auront besoin que d’une seule dose, ce qui permettra d’être encore plus efficace », indique James Hildreth, président du Meharry Medical College.

Hildreth a siégé au comité consultatif de la Food and Drug Administration qui a recommandé les trois vaccins autorisés contre les coronavirus aux États-Unis. Le troisième, de Johnson & Johnson, est un vaccin à injection unique, donc les personnes qui ont eu la COVID-19 en recevraient une seule dose, quoi qu’il arrive. Étant donné que plus de 23 millions d’Européens ont eu la COVID-19, cela pourrait représenter jusqu’à 10 millions de doses Pfizer ou Moderna qui pourraient être attribuées à d’autres personnes.

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Une fois qu’une personne a eu la COVID-19, son système immunitaire devrait reconnaître le virus s’il revient à nouveau. Ainsi, lorsqu’un vaccin pousse le corps à recommencer à produire des anticorps, il est logique que le système immunitaire montre une défense plus forte et plus rapide. Dans une analyse publiée dans la revue New England Journal of Medicine, 32 chercheurs de l’école de médecine Icahn du mont Sinaï ont écrit qu’une stratégie à dose unique pour les personnes qui ont déjà eu le virus « nécessite une étude ».

Première dose après une infection : 10 à 45 fois plus d’anticorps

L’équipe a découvert dans une petite étude que les personnes qui avaient déjà eu la COVID-19 développaient 10 à 45 fois plus d’anticorps après leur première dose de vaccin Pfizer ou Moderna que la personne non infectée moyenne. La recherche est toujours en attente d’examen par les pairs. Il y a cependant quelques mises en garde : les gens peuvent avoir besoin de confirmer qu’ils ont encore des anticorps s’ils étaient malades il y a quelque temps, car les niveaux d’anticorps diminuent avec le temps.

Un test d’anticorps serait également nécessaire pour ceux qui soupçonnent qu’ils ont eu la COVID-19 mais qui n’ont jamais été testés positifs. Si ce test d’anticorps revient positif, la seconde dose n’est pas utile. La France avait déjà commencé à recommander une dose de vaccin unique pour les personnes qui ont eu la COVID-19 en février.

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Graphique montrant le taux d’anticorps chez les patients n’ayant jamais contracté la COVID (bleu) et chez ceux ayant eu une première infection (orange) avant et après la première dose, et après la seconde dose. © Florian Krammer et al. 2021

À ce moment-là, la recherche du Mount Sinaï était terminée et une autre étude préliminaire avait également découvert des niveaux élevés d’anticorps chez les soignants qui avaient eu la COVID-19 avant de recevoir leur premier vaccin. Mohammad Sajadi, co-auteur de l’étude, indique que les patients atteints de COVID-19 développent généralement des anticorps environ deux à trois semaines après leur infection initiale. Mais les soignants ont montré des niveaux élevés d’anticorps une semaine après leur première dose.

Puis, fin février, une étude britannique a révélé des niveaux d’anticorps à peu près égaux chez les personnes qui avaient reçu la première dose du vaccin Pfizer et n’avaient jamais eu la COVID-19 et celles qui avaient eu la COVID-19 mais qui n’étaient pas encore vaccinées. Après que les personnes qui avaient eu la COVID-19 ont reçu leur premier vaccin, leurs niveaux d’anticorps étaient 140 fois plus élevés que leurs niveaux maximaux avant le vaccin.

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Une idée souffrant encore d’un certain scepticisme

Pourtant, la plupart des pays, y compris les États-Unis, ne recommandent pas encore un régime à dose unique pour les personnes qui ont déjà été infectées. « C’est là que la politique est en retard sur la science », indiquent les chercheurs. Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a déclaré en février que l’idée méritait d’être examinée.

Étant donné que les scientifiques n’ont pas eu beaucoup de temps pour assurer le suivi des vaccinés, il n’y a pas encore de consensus sur la durée de l’immunité induite par le vaccin. Cette incertitude est l’une des raisons pour lesquelles les experts hésitent à préconiser autre chose que les schémas thérapeutiques standard à deux doses des vaccins Pfizer et Moderna.

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Retarder ou sauter la deuxième dose exerce une forte pression sur la première dose pour fournir une protection immunitaire solide et à long terme, ont écrit mardi des chercheurs de l’Université de Princeton. Ils ont exprimé la crainte que le changement de schéma posologique puisse conduire à un « large éventail » de résultats (différents) chez les personnes vaccinées.

La protection immunitaire apportée par les lymphocytes T

Mais les auteurs expliquent que les personnes qui ont eu la COVID-19 pourraient probablement attendre des mois avant de recevoir leur deuxième injection (si jamais elles en ont besoin). Les chercheurs sont également optimistes sur le fait que même si les niveaux d’anticorps sont connus pour diminuer avec le temps, les cellules T conféreront une protection à long terme à ceux qui ont eu la COVID-19.

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Graphiques montrant l’évolution du taux de lymphocytes T CD8 (gauche) et CD4 (droite) en fonction du nombre de jours après l’infection. © The Lancet

Comme les anticorps, les cellules T ont des pouvoirs de mémoire impressionnants qui peuvent aider le système immunitaire à reconnaître et à réattaquer le coronavirus. Une étude récente a révélé que les personnes qui ont eu la COVID-19 avaient une réponse des lymphocytes T plus forte lors d’une injection du vaccin Pfizer que celles qui n’avaient jamais été infectées.

Sources : NEJM

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