L’hypothèse de l’existence d’une neuvième planète est introduite dès 1983 par des astrophysiciens de l’United States Naval Observatory, suite à l’observation de perturbations orbitales affectant Uranus et Neptune. Après quelques années de statu quo, l’hypothèse refait surface dans les années 2010 grâce à de nouvelles observations. Aujourd’hui, une équipe internationale d’astrophysiciens rapporte de nouveaux indices qui soutiendraient l’existence potentielle de cette neuvième planète, avec la découverte de l’objet transneptunien extrême « 2015 BP519″.

Le 20 janvier 2016, les astrophysiciens Konstantin Batygin et Michael E. Brown du Californian Institute of Technology (Caltech) présentent leurs calculs, basés sur plusieurs observations, indiquant la présence très probable d’un objet supermassif à l’origine de perturbations orbitales dans la ceinture de Kuiper (zone composée d’astéroïdes et de planètes naines, au-delà de l’orbite de Neptune). Les deux astrophysiciens ont en effet observé des alignements inhabituellement similaires dans la position de six objets de la ceinture de Kuiper ; ils affirment alors que l’orientation de ces orbites ne peut provenir que de l’influence gravitationnelle d’un corps massif, et prédisent une inclinaison toujours plus importante de l’orbite de ces objets.

orbites trasneptuniens

Illustration montrant les orbites de 6 objets de la ceintures de Kuiper (2 sednoïdes et 4 transneptuniens extrêmes). L’orientation similaire de leurs orbites suggère l’existence d’une neuvième planète au-delà de l’orbite de Neptune. Crédits : MagentaGreen

Batygin et Brown avancent alors l’hypothèse que ce corps massif pourrait être une neuvième planète située bien au-delà de l’orbite de Neptune (entre 50 et 170 milliards de kilomètres du Soleil). Elle aurait un diamètre 4 fois plus important que celui de la Terre pour une masse 10 fois plus élevée. Ces propriétés tendent à caractériser cette potentielle neuvième planète comme une planète gazeuse froide, et non comme une super-Terre.

Il y a quelques jours, une équipe internationale d’astrophysiciens a publié un article sur le serveur de pré-publication arXiv décrivant la découverte d’un nouvel objet transneptunien extrême nommé 2015 BP519. Ce dernier a été identifié grâce aux données recueillies dans le cadre du programme Dark Energy Survey (DES), un programme visant à mieux comprendre l’accélération de l’expansion de l’univers et la nature de l’énergie noire en cartographiant plusieurs millions de galaxies.

orbite 2015bp519

Représentation de l’orbite de 2015 BP519 (en bleu) ainsi que de celles d’autres objets transneptuniens. Les parties foncées des orbites indiquent leur inclinaison par rapport au plan de l’écliptique. 2015 BP519 présente l’inclinaison orbitale la plus importante de tous les objets observés jusqu’à maintenant. Crédits : J. C. Becker & al

Les planètes et objets du système solaire présentent généralement des orbites très peu inclinées par rapport au plan de l’écliptique. Toutefois, 2015 BP519 fait figure d’exception en affichant une orbite très inclinée de 54 degrés. Une telle inclinaison correspondrait donc aux prédictions faites par Batygin et Brown concernant la présence d’un corps massif forçant l’inclinaison des orbites des objets affectés. « Ce n’est pas une preuve de l’existence d’une neuvième planète » précise David Gerdes, astrophysicien (université du Michigan) et auteur de l’étude. « Mais je dirais que la présence d’un tel objet dans le système solaire soutient l’hypothèse d’une neuvième planète ».

Afin de conforter leur hypothèse, les astrophysiciens ont effectué plusieurs simulations couvrant des millions d’années dans le but de comprendre comment un objet tel que 2015 BP519 a pu se former et adopter une orbite aussi fortement inclinée. La présence d’un corps supermassif comme une planète, s’est révélée être une explication viable aux résultats de ces simulations. « Dès lors que vous intégrez une neuvième planète dans les simulations, non seulement il y a la possibilité que ce type d’objets se forme, mais ils finissent par se former réellement » explique Juliette Becker, astrophysicienne à l’université du Michigan.

Bien que ces résultats semblent conforter l’hypothèse d’une neuvième planète, ils ne la confirment cependant pas. Les données sont encore insuffisantes pour statuer définitivement sur la question. Les auteurs rappellent que des observations supplémentaires d’objets comme 2015 BP519 combinées à des données plus précises issues du DES, seront nécessaires afin de pouvoir avancer dans la mise en évidence de la « Planète Neuf ». Même si d’autres hypothèses, comme l’existence d’un corps transitoire qui aurait perturbé l’orbite de 2015 BP519, sont avancées, Batygin reste confiant : « il n’existe aucune autre hypothèse raisonnable pour expliquer l’existence de corps si fortement inclinés dans la ceinture de Kuiper ; je pense que, maintenant, le cas de l’existence d’une neuvième planète est vraiment solide ».

Source : arXiv

2 Réponses

  1. Sabah

    J’ai toujours appris qu’il y avait 9 planètes et que la neuvième s’appelle Pluton.

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    • Trust My Science
      Trust My Science

      Ça, c’était avant :-). Aujourd’hui, Pluton n’est plus considérée comme une planète.

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