Des chercheurs ont déterminé l’âge limite théorique pour un être humain

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| Pixabay

Une nouvelle étude parue dans Nature Communications révèle qu’un être humain en excellente santé est capable de vivre entre 120 et 150 ans. Pour atteindre ce record de longévité, il faut toutefois être particulièrement chanceux : ne souffrir d’aucune pathologie cardiovasculaire et ne développer aucun cancer au cours de sa vie. Les chances d’atteindre l’âge de 150 ans sont donc excessivement minces, mais cette limite traduit en réalité la durée du processus naturel de vieillissement, selon les chercheurs.

Le vieillissement cellulaire est un phénomène naturel et incontournable, commun à toutes les espèces. Dès la naissance, nous sommes en quelque sorte programmés pour vieillir. Selon le patrimoine génétique et le mode de vie de chacun, nous vieillissons tous à des rythmes différents et mourrons à des âges plus ou moins avancés. Mais si l’on mettait de côté tous les paramètres environnementaux, les maladies chroniques ou autres accidents de la vie qui accélèrent ce vieillissement, combien de temps pourrait-on vivre exactement ?

Une société de biotechnologie singapourienne spécialisée dans l’étude du vieillissement et les thérapies anti-âge, GERO, s’est penchée sur la question : elle a examiné certaines fluctuations physiologiques de l’organisme et les habitudes en matière d’activité physique au sein d’une large cohorte, afin de déterminer les capacités de résilience naturelle du corps humain.

Une perte progressive de résilience

Le vieillissement de l’organisme et le maintien des fonctions physiologiques sont en effet intimement liés à des mécanismes naturels, chargés de maintenir un certain équilibre : l’élimination des cellules dysfonctionnelles (par apoptose ou sénescence cellulaire) et le renouvellement des cellules. La question était donc de savoir combien de temps ces mécanismes « de réparation » étaient capables de fonctionner.

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Pour obtenir une fourchette d’âge théorique, les chercheurs ont examiné le nombre de pas effectués quotidiennement et l’évolution du nombre de cellules sanguines, tirés de larges bases de données (l’UK Biobank et le National Health and Nutrition Examination Survey), concernant plus de 540 000 sujets. Ils ont alors constaté qu’avec l’âge, le corps décline de façon totalement prévisible. Que ce soit pour le nombre de pas quotidiens ou pour le nombre de cellules sanguines, la conclusion est la même : à mesure que l’âge augmente, certains facteurs autres que la maladie entraînent une diminution progressive des capacités de l’organisme à rétablir l’équilibre après un stress.

Il ressort ainsi de leurs analyses qu’entre 120 et 150 ans, la résilience de l’organisme s’effondre complètement, ce qui entraîne immanquablement la mort. Une conclusion en accord avec l’actuel record de longévité : la personne ayant vécu le plus longtemps à ce jour, Jeanne Calment, est décédée en 1997 à l’âge de 122 ans.

Pourtant, contrairement aux mesures de numération globulaires dont on connaît les valeurs standards qui sont associées à une bonne santé, le nombre de pas effectués au quotidien est quant à lui une variable complètement individuelle. Le fait d’observer cette même tendance pour ces deux paramètres suggère que le vieillissement suit un rythme immuable. Ainsi, même si l’on a la chance de vivre en parfaite santé, et qu’aucun facteur extérieur ne vient s’ajouter à l’équation, il est théoriquement impossible de vivre au-delà de 150 ans ; notre métabolisme n’est a priori pas prévu pour cela… Un certain rythme de vieillissement sous-jacent est là pour fixer des limites.

Vivre longtemps, mais en bonne santé

Non seulement les capacités de résilience diminuent, mais il apparaît également qu’avec l’âge, la réponse de l’organisme aux agressions s’éloigne davantage d’une normale considérée comme stable. Ce qui signifie que le temps de récupération est d’autant plus long : d’une durée de deux semaines en moyenne à l’âge de 40 ans, elle triple à l’âge de 80 ans.

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Un résultat somme toute logique pour Heather Whitson, directrice du Centre d’étude du vieillissement et du développement humain de l’Université Duke : un jeune en bonne santé peut produire une réponse physiologique rapide pour s’adapter aux fluctuations et rétablir son équilibre personnel. En revanche, chez une personne âgée, « tout est juste un peu amorti, un peu plus lent à réagir, et vous pouvez avoir des dépassements », comme lorsqu’une maladie entraîne de fortes variations de la tension artérielle, explique-t-elle dans Scientific American.

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Les auteurs de l’étude ont remarqué par ailleurs qu’un certain tournant critique apparaissait aux alentours de 35-40 ans ; or, cette période marque souvent le moment où la carrière sportive d’un athlète se termine. Par conséquent, « quelque chose au niveau physiologique peut vraiment changer à cet âge », estiment les chercheurs.

L’Homme cherche depuis longtemps à démêler les secrets de la longévité. On sait aujourd’hui que le déclin fonctionnel progressif conduit à une augmentation exponentielle de la prévalence et de l’incidence des maladies chroniques liées à l’âge (cancers, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.), qui entraînent la mort. Mais cette nouvelle étude montre que même si nous parvenions un jour à traiter ces maladies chroniques, nous ne pourrions repousser les limites fixées par les processus biologiques du vieillissement.

Les experts soulignent cependant que la vraie question n’est pas tant de connaître la longévité humaine, mais de déterminer combien de temps il est possible de vivre une vie en bonne santé. « La mort n’est pas la seule chose qui compte. D’autres choses, comme la qualité de vie, commencent à compter de plus en plus à mesure que les gens font l’expérience de leur perte », rappelle Heather Whitson. Mais pour l’équipe de GERO, ces premiers résultats constituent le point de départ d’une étude bien plus large : « Mesurer quelque chose est la première étape avant d’envisager une intervention », déclare Peter Fedichev, CEO et co-fondateur de GERO. Maintenant que l’équipe a mis en évidence le rythme du vieillissement, l’objectif est de trouver des moyens d’éviter cette perte de résilience.

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Source : Nature Communications, T. V. Pyrkov et al.

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