La Chine dément avoir testé un missile hypersonique

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À gauche : Vue d'artiste d'un "planeur hypersonique". À droite : Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. À gauche : | Lockheed Martin/Greg Baker/AFP/Getty Images
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Comme nous le rapportions hier, un article du Financial Times a révélé que la Chine avait effectué cet été un essai de missile hypersonique à capacité nucléaire. L’événement aurait pris par surprise les renseignements américains, selon des sources proches du dossier. Le ministère chinois des Affaires étrangères a immédiatement réagi en affirmant qu’il s’agissait non pas d’un missile, mais d’un simple « véhicule spatial ».

Ce type de missile est plus facile à manœuvrer, donc difficile à suivre et à intercepter pour les pays cibles. C’est pourquoi le Pentagone se dit inquiet d’une telle avancée technologique et des capacités militaires croissantes de la Chine — même si l’essai de cet été aurait manqué sa cible de plus d’une vingtaine de kilomètres, selon les services du renseignement américain. À noter que les États-Unis, la Russie et au moins cinq autres pays développent eux aussi des dispositifs similaires.

« Ce n’était pas un missile, c’était un véhicule spatial », a déclaré le porte-parole du ministère, Zhao Lijian, interrogé sur le sujet lors d’un point de presse régulier à Pékin. Il a ajouté qu’il s’agissait d’un « contrôle de routine » visant à éprouver différents types de technologies de vaisseau spatial réutilisable. Le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs déclaré que le test avait eu lieu en juillet, et non en août, comme l’avait indiqué le Financial Times.

Les États-Unis « très préoccupés » par la situation

L’intérêt d’un vaisseau réutilisable est qu’il peut « fournir une méthode bon marché et pratique aux humains pour voyager pacifiquement vers et depuis l’espace », a expliqué Lijian, ajoutant que de nombreuses entreprises avaient déjà effectué des tests similaires. L’engin, quel qu’il soit, a fait le tour du globe en orbite basse, avant de descendre et de plonger vers sa « cible ». La fusée Longue Marche utilisée pour le lancement transportait un planeur hypersonique qui lui permettait de se déplacer à des vitesses extrêmes (jusqu’à cinq fois la vitesse du son). « Nous n’avons aucune idée de la façon dont ils ont fait cela », a déclaré un agent du renseignement au Financial Times.

Une chose est sûre, l’événement, qui survient alors que les relations entre les deux pays continuent de se détériorer, n’a pas manqué de susciter des inquiétudes à Wahington. « Le test a montré que la Chine avait fait des progrès étonnants sur les armes hypersoniques et était bien plus avancée que ne le pensaient les responsables américains », a rapporté le journal. Les États-Unis surveillent pourtant de très près le programme de modernisation militaire de la Chine, qui affirme de plus en plus sa position en tant que troisième puissance nucléaire mondiale.

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Robert Wood, ambassadeur et représentant américain à la Conférence du désarmement, a déclaré hier à Genève que les États-Unis étaient « très préoccupés » par la situation, ajoutant que Washington « s’était retenue de poursuivre les applications militaires de cette technologie ». La Chine et la Russie poursuivant « très activement » des utilisations militaires d’objets volants hypersoniques, les États-Unis n’ont désormais « d’autres choix que de réagir dans la même veine », a-t-il ajouté.

Mike Gallagher, membre républicain du House Armed Services Committee, avait auparavant averti que si Washington s’en tenait à son approche actuelle, les États-Unis pourraient perdre une nouvelle guerre froide contre la Chine d’ici une décennie, rapporte la BBC.

« Nous ne savons pas comment nous défendre contre cette technologie »

Les relations entre les États-Unis et la Chine sont tendues, Pékin accusant l’administration du président Joe Biden d’être hostile à son égard. Mais un certain nombre de pays occidentaux ont également exprimé leur inquiétude face aux récentes démonstrations de puissance militaire de la Chine — qui a notamment présenté ce qui semblait être une plateforme de missile hypersonique lors d’une démonstration militaire. Certains pays, dont les États-Unis, ont développé des systèmes de défense efficaces contre les missiles de croisière et balistiques, mais leur capacité à suivre et à abattre un missile hypersonique reste en question. « Nous ne savons tout simplement pas comment nous défendre contre cette technologie, la Chine non plus, la Russie non plus », a confié Robert Wood aux journalistes, hier à Genève.

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Michael Shoebridge, Directeur de la défense, de la stratégie et de la sécurité nationale à l’Australian Strategic Policy Institute, a déclaré à la BBC que si un missile hypersonique avait bel et bien été testé cet été, il correspondrait à un « modèle d’escalade des armes nucléaires et autres armes de frappe, […] un modèle de capacité croissante [sans] transparence ».

Le mois dernier, la Corée du Nord a déclaré avoir testé avec succès un nouveau missile hypersonique. Et le 4 octobre, la Russie a fait une annonce similaire, déclarant avoir procédé avec succès à deux tirs d’essai de missiles hypersoniques Zircon à partir d’un sous-marin.

Les États-Unis n’ont pas encore de missiles de ce type dans leur arsenal, mais ils y travaillent. La DARPA, le bras scientifique de l’armée américaine, a annoncé récemment avoir testé avec succès son missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-Breathing Weapon Concept) à propulsion aérobie — il utilise l’oxygène présent dans l’atmosphère pour sa combustion. L’US Air Force développe également une arme hypersonique dénommée ARRW, mais ses deux premiers tests grandeur nature, réalisés en avril, puis en août, ont tous deux échoué.

Sources : Reuters et The Guardian

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