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C’est un ingénieur canadien, Jonathan Tippett, qui est à l’origine de l’engin : une armure à quatre pattes de près de 3,5 tonnes, pilotable par un humain. Les Jaeger du film Pacific Rim, ça vous évoque quelque chose ? Eh bien, voilà à peu près à quoi s’attendre avec cet exosquelette baptisé Prosthesis. L’objectif ? Mettre en œuvre des courses de mechs à l’échelle mondiale.

Créé par Jonathan Tippett, le robot Prosthesis est le fruit d’un partenariat avec Furrion Exo-Bionics, une filiale canadienne de Furrion spécialisée dans la conception d’exosquelettes ; c’est le tout premier robot de course hors route au monde. L’équipe vise à proposer une toute nouvelle expérience de course mécanique, mettant en scène des machines tout-terrain, massives, mais agiles.

Des robots tout-terrain, pilotés par des athlètes

Un mech (ou mecha) est un terme emprunté à l’univers des mangas mettant en scène des robots géants (du genre Goldorak). Il désigne ainsi un énorme robot pilotable par des humains. Ce type de machine est relativement courant dans les films de science-fiction (dans Aliens, Avatar ou Pacific Rim, pour n’en citer que quelques-uns).

Dans la vraie vie, les exosquelettes commencent à apparaître dans l’industrie, notamment pour aider les employés à accomplir certaines tâches logistiques pénibles. Cette fois, ce nouveau mech a uniquement été conçu pour un usage « récréatif ». Plus d’une dizaine d’années de travail ont été nécessaires pour mettre au point cette immense machine d’un nouveau genre. Complètement électrique, il ne dispose pas de pilotage automatique, ni de gyrostabilisation. Tout reposera sur les épaules du pilote.

Le Prosthesis mesure 4 mètres de haut sur 5 mètres de large. Alimenté par une batterie lithium-ion, il peut atteindre la vitesse maximale de 30 km/h. Son cadre en acier chromoly — un alliage particulièrement résistant, utilisé notamment pour la fabrication des vélos tout-terrain — et ses quatre membres robustes lui permettent d’appréhender toute sorte de terrain tout en assurant une grande stabilité. Sa puissance lui permet par exemple de remorquer un camion ou de soulever une voiture. « C’est un peu le mélange d’un camion de course, d’une pelle mécanique et d’un dinosaure », selon Jonathan Tippett. Un petit aperçu ?

Le pilotage s’effectue complètement « membre à membre » : pour le faire évoluer, le pilote devra bouger ses bras et ses jambes et chacun de ses mouvements sera transmis puis amplifié par les quatre pattes géantes. « C’est ce qui en fait un sport », peut-on lire sur la page Kickstarter du projet. De bonnes conditions physiques seront donc absolument indispensables pour contrôler le robot. Le système intègre une technologie de retour haptique, qui permet d’améliorer l’interaction homme-machine (les systèmes haptiques reproduisent les sensations de toucher, comme sur les écrans de smartphones ou les manettes de jeu vidéo).

L’absence de toute automatisation a été complètement voulue par les concepteurs : « Prosthesis nous rappelle que certaines des choses les plus gratifiantes dans la vie sont celles qui demandent des efforts, de la concentration et de l’entraînement. C’est l’essence même du sport ».

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Un programme de formation sur-mesure

Des courses de mechs, voilà le projet de Furrion Exo-Bionics. Soutenue par plusieurs sponsors industriels, la société a d’ailleurs lancé un appel sur la plateforme Kickstarter pour proposer aux passionnées de sports mécaniques de contribuer au projet. Selon le niveau d’engagement des contributeurs, ces derniers peuvent bénéficier d’une formation individuelle de pilote mécanique (qui s’inscrit dans le programme Alpha Mech Pilot de la société), ou bien assister en direct à l’une des futures démonstrations.

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Cassie Hawrysh, championne canadienne de skeleton, devenue entraîneuse professionnelle, a été la toute première pilote à prendre en main le Prosthesis. Crédits : Furrion Exo-Bionics/YouTube

Le but étant de créer une véritable ligue mondiale, la X1-Mech Racing League, qui opposera des athlètes de classe mondiale et testera leurs capacités à contrôler la machine à travers des parcours d’obstacles complexes. Mais piloter le Prosthesis ne sera pas à la portée du premier venu ! D’une puissance de 225 chevaux, il n’est doté d’aucune manette de contrôle, ni de volant ou de pédales. De plus, cette combinaison n’est dotée d’aucune fonction d’automatisation, elle est incapable de marcher ou de s’équilibrer d’elle-même.

Après treize années de développement, Cassie Hawrysh, une championne canadienne de skeleton, a été la toute première pilote professionnelle à avoir l’honneur de tester le prototype conçu par Tippett et ses collaborateurs ; elle est parvenue à contrôler l’engin au bout de trois jours d’entraînement intense (non sans quelques difficultés). Devenue coach professionnelle de skeleton, elle a également conseillé l’équipe pour mettre au point le programme d’entraînement des futurs pilotes.

Sur le même sujet : Un nouvel alliage métallique liquide pourrait être utilisé pour créer des robots recombinants ou des exosquelettes

Ce robot géant utilise la cellule au lithium ePod™ développée par Furrion : il s’agit d’une station de stockage capable de délivrer du 110 V, équipée de sorties USB et d’un capteur solaire. Le dispositif est au cœur de bon nombre des produits proposés par la société : d’une puissance de 400 W, ces piles au lithium peuvent alimenter un téléviseur Furrion 22’ 12V pendant plus de 8 heures, recharger un téléphone 22 fois ou alimenter une guirlande lumineuse LED pendant plus de 100 heures. Une technologie idéale pour les futures courses mécaniques, qui ne généreront ainsi aucune émission néfaste.

Les concepteurs estiment que dans un futur proche, les progrès technologiques amélioreront sans aucun doute la vitesse, l’agilité et l’endurance du Prosthesis bien au-delà de celles de leur premier prototype.

Source : Furrion Exo-bionics

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