COVID : les CDC confirment que les vaccins à ARNm diminuent fortement la transmission du virus

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Une nouvelle étude des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) suggère que les premières personnes qui ont été vaccinées avec les formules anti-COVID-19 développées par Moderna et Pfizer sont non seulement protégées d’une nouvelle infection, mais s’avèrent par la même occasion peu susceptibles de transmettre le virus. Des résultats porteurs d’espoir pour le monde entier, mais qui pourraient également être mal interprétés.

L’étude a concerné près de 4000 personnes — du personnel de santé et autres intervenants dont la vaccination était prioritaire — réparties sur huit sites à travers les États-Unis, sur une période de 13 semaines. Après une deuxième dose du vaccin, le risque d’infection a été réduit de 90% chez ces personnes, un chiffre qui dépasse toutes les espérances. « Cette étude montre que nos efforts de vaccination nationaux fonctionnent », a déclaré Rochelle Walensky, directrice des CDC, dans une déclaration officielle.

Ainsi, après avoir conseillé aux personnes vaccinées de rester prudentes, en continuant d’appliquer les gestes barrières afin de ne pas infecter les autres, les CDC avancent aujourd’hui qu’après avoir reçu deux doses de vaccins à ARNm, le risque d’infection — et donc, de transmission — s’avère extrêmement réduit. « Les vaccins autorisés sont l’outil clé qui permettra de mettre un terme à cette pandémie dévastatrice », conclut le Dr Walensky.

Des résultats conformes aux essais cliniques

Cette étude est la première d’une série visant à évaluer l’efficacité du vaccin anti-COVID-19 au sein de diverses populations et ses effets sur différentes variables, telles que la prévention des infections, des visites chez le médecin, des hospitalisations ou des décès. L’objectif était ici d’évaluer l’efficacité des vaccins chez les adultes de première ligne en âge de travailler, qui courent un risque plus grand d’être exposés au virus et de le propager. « Ces découvertes devraient offrir de l’espoir aux millions d’Américains recevant chaque jour les vaccins anti-COVID-19 et à ceux qui auront l’occasion de retrousser leurs manches et de se faire vacciner dans les semaines à venir », se réjouit Walensky.

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L’étude s’est focalisée sur les vaccins à ARNm conçus par Pfizer-BioNTech et Moderna. Sur les 3950 participants, 2479 ont reçu deux doses et 477 n’ont reçu qu’une seule dose. Après une dose unique de l’un ou l’autre vaccin, le risque d’infection des participants a été réduit de 80% deux semaines ou plus après l’injection ; ce chiffre est ensuite passé à 90% après la deuxième dose. Or, sans infection, les individus sont incapables de propager le virus. Les CDC soulignent que ces résultats sont cohérents avec les chiffres annoncés lors des essais cliniques de phase 3 de ces deux vaccins, qui affichaient des taux d’efficacité d’environ 95%.

À noter qu’il faut environ deux semaines après chaque dose de vaccin à ARNm pour que le corps produise des anticorps qui protègent contre l’infection. En conséquence, les personnes sont considérées comme « partiellement vaccinées » deux semaines après leur première dose et « complètement vaccinées » deux semaines après leur deuxième dose.

Les résultats mettent également en évidence que ces deux vaccins à ARNm peuvent réduire le risque de tout type d’infection par le SARS-CoV-2, et pas seulement les infections symptomatiques. En effet, chaque semaine, des échantillons rhinopharyngés ont été collectés chez l’ensemble des participants à l’étude et ce, qu’ils présentaient ou non des symptômes de la COVID-19. Il ressort des analyses que près de 11% des infections dépistées étaient asymptomatiques. En outre, la majorité des infections (58%) ont été détectées par des tests avant que les participants ne développent des symptômes ou ne sachent qu’ils étaient infectés. Les vaccins à ARNm peuvent donc réduire à la fois les infections asymptomatiques et symptomatiques du SARS-CoV-2. Un avantage fondamental pour prévenir la propagation de ce virus.

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Une protection certes importante, mais pas totale !

Bien que deux doses soient officiellement recommandées pour assurer une protection optimale, l’étude a également permis d’évaluer l’efficacité d’une vaccination partielle (une seule dose administrée). Celle-ci s’élève à 80%, un chiffre qui coïncide avec d’autres études récentes sur l’efficacité d’une première dose du vaccin Pzier-BioNTech chez le personnel de santé. D’autres études menées au Royaume-Uni et en Israël ont également révélé qu’une dose était respectivement efficace à environ 70% et 60% contre l’infection par le coronavirus. Toutefois, la plus grande protection n’est observée qu’après avoir reçu les deux doses recommandées.

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Malgré ces résultats très encourageants, certains experts en santé publique demeurent sceptiques sur le fait que les personnes vaccinées ne soient pas porteuses du virus. Selon eux, les preuves ne sont pas suffisantes pour l’affirmer. Les données des CDC suggèrent qu’« il est beaucoup plus difficile pour les personnes vaccinées d’être infectées, mais ne pensez pas une seconde qu’elles ne peuvent pas l’être ! », avertit Paul Duprex, directeur du Center for Vaccine Research à l’Université de Pittsburgh.

Ainsi, certains craignent que l’annonce des CDC soit mal interprétée et que la population s’imagine que les vaccins offrent une protection complète contre l’infection et la transmission, ce qui n’est pas le cas. « Cela ouvre la porte aux sceptiques qui pensent que le gouvernement est en train d’enrober la science et sape complètement tout argument restant pour lequel les gens devraient continuer à porter des masques après avoir été vaccinés », regrette le Dr Peter Bach, directeur du Center for Health Policy and Outcomes au Memorial Sloan Kettering Cancer Center.

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Tous les vaccins contre le coronavirus réussissent de manière spectaculaire à prévenir les maladies graves et les décès dus à la COVID-19, mais encore aujourd’hui, leur capacité à prévenir l’infection est moins évidente. En outre, les spécialistes rappellent que les taux d’infection peuvent potentiellement être plus élevés chez les personnes exposées à une variante du virus qui peut contourner le système immunitaire. Notons qu’à ce jour, les CDC n’ont pas publié de nouvelles directives sur la façon dont les personnes vaccinées doivent se comporter. Les précautions, telles que le port du masque et la distanciation, sont toujours d’actualité. « Les personnes vaccinées ne devraient pas jeter leurs masques à ce stade. Cette pandémie n’est pas terminée », conclut le Dr John Moore, virologue au Weill Cornell Medicine College à New York.

Source : CDC

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