COVID : une mutation génétique ancienne protège contre les formes graves

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Une étude internationale a permis d’identifier une mutation génétique spécifique qui protège contre les formes sévères de COVID-19. En impliquant des patients d’héritages génétiques variés, les chercheurs ont trouvé la mutation protectrice chez des Européens d’origine néandertalienne et chez des Africains originaires d’Afrique subsaharienne — n’ayant pas de patrimoine génétique commun avec Néandertal.

Les différentes formes de COVID-19 développées peuvent beaucoup varier d’une personne à l’autre. Dans l’avancée de la compréhension de la maladie, les études génétiques se révèlent essentielles. Ainsi, plusieurs recherches ont déjà montré qu’il existe des facteurs de risque génétiques dans la réponse à l’infection au SARS-CoV-2. Une autre étude a permis d’identifier un groupe de gènes responsable du risque d’insuffisance respiratoire lié à la maladie, hérité de nos ancêtres néandertaliens.

Mais il existe aussi des gènes protecteurs. Une étude publiée l’année dernière suggérait alors qu’un autre groupe de gènes hérité de Néandertal diminuait de 22% le risque de développer une forme grave de COVID-19. Mais la toute nouvelle étude publiée dans Nature Genetics va plus loin, afin de trouver la mutation spécifique qui protège contre les formes graves. En outre, l’apparition de la mutation protectrice remonterait à une période précédant la divergence entre notre espèce et Néandertal.

Une mutation génétique partagée par un ancêtre commun à Sapiens et Néandertal

Au rayon des nouveautés se trouve une diversité de populations étudiées plus importante, au sens génétique du terme : d’Europe et d’Afrique. « Cette étude montre à quel point il est important d’inclure des individus d’ascendances différentes. Si nous n’avions étudié qu’un seul groupe, nous n’aurions pas réussi à identifier dans ce cas la mutation du gène », déclare dans un communiqué Hugo Zeberg, auteur correspondant de l’étude et professeur adjoint au département des neurosciences du Karolinska Institutet.

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L’analyse a porté sur un total de 2787 patients hospitalisés pour COVID-19 et d’ascendance africaine, ainsi que sur 130 997 personnes d’un groupe témoin, provenant de six études de cohorte. Au final, 80% des personnes d’héritage génétique africain étaient porteuses de la mutation protectrice. Les résultats ont ensuite été comparés à ceux d’une étude antérieure, plus vaste, portant sur des individus d’origine européenne.

Les deux populations partagent la même mutation du gène OAS1, appelée rs10774671-G, qui confère une meilleure protection immunitaire. « Le fait que les individus d’ascendance africaine avaient la même protection nous a permis d’identifier la mutation unique de l’ADN qui protège réellement de l’infection par le SARS-CoV-2 », explique Jennifer Huffman, premier auteur de l’étude et chercheuse au VA Boston Healthcare System aux États-Unis.

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Comment les chercheurs sont-ils parvenus à cette conclusion ? Les individus d’Afrique subsaharienne n’ont presque pas d’héritage de Néandertal dans leurs génomes, tandis qu’on retrouve fréquemment cet héritage en Europe. Disparu il y a environ 30 000 ans, l’homme de Néandertal a coexisté en Europe avec les humains modernes venus d’Afrique, et ils s’y sont parfois accouplés, d’où cette différence dans l’histoire génétique. La protection similaire observée dans les deux populations de l’étude permet aux chercheurs de conclure que l’allèle responsable de cette protection provient d’un ancêtre commun, avant la divergence de Néandertal et Sapiens il y a au moins 500 000 ans.

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Vers de nouveaux traitements contre la COVID-19

La prochaine étape consistera à comprendre précisément ce que cette mutation génétique exprime. Selon les chercheurs, la mutation protectrice du gène détermine la longueur de la protéine codée par le gène OAS1. Des études antérieures ont déjà montré que la mutation la plus longue de cette protéine est plus efficace pour décomposer le SARS-CoV-2.

Des traitements spécifiques contre les formes graves de COVID-19 pourraient être issus de ces travaux, comme le souligne le co-auteur Brent Richards, professeur à l’Université McGill au Canada : « Le fait que nous commencions à comprendre en détail les facteurs de risque génétiques est essentiel pour le développement de nouveaux médicaments contre la COVID-19 ».

Source : Nature Genetics

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