COVID : un nouveau vaccin à inhaler potentiellement efficace contre tout nouveau variant

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Le chercheur Michael D'Agostino fait une démonstration de l'utilisation du système de vaccination par inhalation. | Georgia Kirkos/Université McMaster
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La pandémie de COVID-19 a donné naissance à une nouvelle génération de vaccins, parmi les plus élaborés que l’homme ait jamais conçus. Si à la base, des formes atténuées de pathogènes étaient utilisées dans les premiers vaccins, ceux contre la COVID contiennent des ARNm ou autres vecteurs. Malgré ces prouesses technologiques, aucun n’a encore fait preuve d’une efficacité satisfaisante et à long terme, ce qui sème le doute chez beaucoup de patients. Et si la réponse était beaucoup plus proche que nous le pensons ? Une étude récente a démontré qu’une forme de vaccin à adénovirus à inhaler se révèle plus efficace que les formes injectables. Mieux encore, ce vaccin serait aussi efficace sur la souche originale que sur les variantes.

L’histoire des vaccins, qui a commencé il y a plus de 300 ans, n’a cessé de franchir des caps autrefois impensables au fil des siècles grâce à l’expansion des technologies biomédicales. L’homme, toujours avide de savoir, mais surtout dans le désir de sauver les vies de ses semblables, a su maîtriser les formes de vies microbiennes les plus intelligentes grâce à l’avènement des vaccins.

Mais dans le cas du SARS-CoV-2, c’est une tout autre histoire. De nombreux vaccins ont, en effet, déjà été développés et administrés, mais n’ont pas su empêcher de nombreux patients de retomber malades. Cela pourrait être dû au fait que le virus mute très rapidement et engendre fréquemment de véritables nouveaux variants. Plus on essaye de le combattre, plus il améliore sa riposte en s’adaptant à un nouvel environnement (qu’on a rendu hostile à coup de puissants vaccins).

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Bien entendu, chaque vaccin est propre à un type de virus ou de bactérie. Donc si le virus mute et modifie son génome, il peut devenir inefficace. Ce phénomène est encore plus exacerbé quand il s’agit d’un virus pandémique comme le SARS-CoV-2. Le temps que les chercheurs développent les vaccins, même très rapidement, le virus, lui, a le temps de muter de nombreuses fois en fauchant des millions de personnes sur son passage.

La nouvelle étude, publiée dans la revue Cell et menée par l’Université McMaster, pourrait ainsi donner une lueur d’espoir en permettant une réponse immunitaire efficace contre les nouveaux variants. « Ce vaccin pourrait également fournir une protection préventive contre une future pandémie, et c’est vraiment important, car, comme nous l’avons vu pendant cette pandémie — et comme nous l’avons vu en 2009 avec la grippe porcine —, même lorsque nous sommes capables de fabriquer rapidement un vaccin pour un virus pandémique, il est déjà bien trop tard », déclare dans un communiqué le co-auteur principal de l’étude, Matthew Miller, professeur agrégé à l’Institut Michael G. DeGroote de recherche sur les maladies infectieuses à McMaster. « Des millions de personnes sont mortes, même si nous avons pu concevoir un vaccin en un temps record », ajoute-t-il.

Un vaccin à adénovirus stratégiquement plus avantageux que les injectables

Les vaccins à adénovirus sont des formes de vaccins où l’on introduit le pathogène, rendu inoffensif, dans l’organisme. En tant que vecteurs, ces virus véhiculent des segments précis de leur ADN que les cellules vont coder et mémoriser pour induire des réactions immunitaires (afin de pouvoir contrer le véritable virus). Dans le cas du SARS-CoV-2, ce bout d’ADN est celui de la « protéine Spike ».

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Dans la nouvelle étude, les chercheurs canadiens ont démontré que les réactions immunitaires et la protection induites lors d’une administration directe dans les voies respiratoires étaient plus importantes que lors d’injections. Cela serait simplement dû au fait que les vaccins inhalés ciblent directement les poumons et les voies respiratoires supérieures, par où les virus respiratoires pénètrent dans le corps.

Le groupe de chercheurs a alors basé sa formule de vaccin sur des études portant sur un vaccin contre la tuberculose. La piste est très intéressante, car les scientifiques ont découvert qu’une fois administrés dans les poumons, ces vaccins inhalés induisent une immunité protectrice globale de la muqueuse respiratoire, une propriété qui fait défaut aux vaccins injectés actuels.

Pour tester et prouver l’efficacité de leur nouveau vaccin, les chercheurs ont comparé deux types d’adénovirus. Ils se sont avérés tous deux efficaces contre les variantes hautement transmissibles, car ils sont conçus pour cibler trois zones du virus, dont deux qui sont hautement conservées parmi les coronavirus et ne mutent pas aussi rapidement que la protéine Spike. Grâce à cette stratégie, « nous pouvons garder une longueur d’avance sur le virus », déclare Miller. De plus, « les vaccins actuels sont limités, car ils devront être mis à jour », ajoute-t-il.

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Par ailleurs, le nouveau vaccin induit également une immunité protectrice trivalente, consistant en des réponses d’anticorps locales et systémiques des lymphocytes T mémoires résidant dans les tissus muqueux et une immunité innée dans les muqueuses. Cette dernière est une forme d’immunité unique en son genre et qui fournit une très large protection contre de nombreux agents pathogènes pulmonaires, en plus du SARS-CoV-2, selon Zhou Xing, co-auteur principal de la nouvelle étude et professeur au McMaster Immunology Research Center and Department of Medicine.

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Les chercheurs ont aussi démontré une efficacité sans pareil pour la protection contre la souche originelle de la COVID, ainsi que contre deux variantes. En plus d’être administré sans aiguille et donc sans douleur, le vaccin inhalé est si efficace pour cibler les poumons et les voies respiratoires supérieures qu’il peut assurer une protection maximale avec une petite dose (par rapport aux vaccins classiques). À noter également que des études ont révélé des défauts dans les vaccins injectables : ils entraîneraient apparemment une gêne biologique qui diminuerait le taux de transfection des ARNm au niveau des cellules.

L’équipe de recherche est sur la bonne voie pour un vaccin commercialisable et entame actuellement les essais cliniques de phase 1. Ils évalueront, pour commencer, l’efficacité du vaccin sur des adultes en bonne santé et qui ont déjà reçu deux doses de vaccins à ARNm.

Source : Cell

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