Selon une analyse génétique d’un mammifère hybride repéré au large de la côte d’Hawaï, il s’avère que le père de ce dernier était un dauphin (du genre Steno) et sa mère un dauphin d’Électre, un cétacé de la famille des delphinidés.

Le cétacé a été repéré pour la première fois en août 2017 par des chercheurs du Cascadia Research Collective, lors d’un voyage de deux semaines financées par l’US Navy dont le but était de documenter la vie marine autour du Pacific Missile Range Facility, avant un cours de formation. « Nous avions les photos et nous pensions qu’il s’agissait d’un hybride à partir de caractéristiques morphologiques intermédiaires entre les espèces », a déclaré le biologiste marin Robin Baird.

L’équipe a réussi à obtenir une biopsie en utilisant une arbalète équipée d’une fléchette spéciale qui empêche une pénétration profonde, afin d’obtenir un échantillon de peau. Cela a permis de confirmer la filiation de l’animal, premier hybride découvert d’un dauphin Steno bredanensis et d’un dauphin d’Électre.

Cette découverte est vraiment inhabituelle car le dauphin d’Électre, que les chercheurs ont également observé pendant leur expédition, est relativement rare dans les eaux d’Hawaï. Cependant, il y avait un grand groupe, estimé entre 200 et 300 individus.

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Mais il y avait encore un autre élément, peut-être encore plus anormal : un dauphin d’Électre a été aperçu en compagnie d’un groupe de dauphins Steno bredanensis. Et cet individu, selon la recherche, pourrait être la mère de l’hybride en question, qui vit à présent avec sa nouvelle famille.

Il faut savoir que les cétacés (y compris d’autres mammifères tels que les orques, les bélugas, les globicéphales, …) sont tous des espèces de dauphins ou de delphinidés, et que les dauphins sont simplement une sous-famille de baleines. Donc il n’existe pas de problèmes génétiques empêchant la reproduction croisée entre ces diverses espèces.

Et bien qu’ils soient rares, d’autres hybrides de dauphins sont connus. C’est notamment le cas de la progéniture d’un grand dauphin et d’une fausse orque (Pseudorca crassidens, également delphinidae), appelé « wholphin » (mélange entre whale (baleine) et dolphin (dauphin)). Ainsi que la progéniture d’un béluga et d’un narval, appelé narluga.

Mais un animal hybride ne signifie pas nécessairement une nouvelle espèce. En effet, de tels hybrides génétiques sont souvent infertiles ou se reproduisent très difficilement, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas produire de descendance viable avec leur propre espèce. Mais il arrive parfois que les facteurs requis pour donner naissance à une nouvelle espèce se mettent tout de même en place.

À l’heure actuelle nous ne savons pas si ce nouvel animal pourrait produire une progéniture viable. Dans tous les cas, un animal hybride ne produit pas une nouvelle espèce. Cependant, un hybride peut nous en apprendre davantage sur les interactions animales.

Dans un premier temps, le but de la recherche sur le terrain était de déterminer comment les cétacés exploitent la zone, quelles sont les populations présentes et comment elles communiquent.

Il faut savoir que les activités navales, en particulier celles qui utilisent les sonars, peuvent perturber leur mode de vie. De plus, les fréquences des cétacés couramment utilisées peuvent interférer avec les sonars. L’équipe prévoit de retourner dans la région durant le mois d’août afin de mener des recherches supplémentaires.

Source : NAVFAC

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