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Des collectes d’échantillons d’eau des océans et des mers ont permis de répertorier un nombre impressionnant d’espèces de virus s’y trouvant, en particulier dans l’Océan Arctique. L’étude de cette diversité pourrait servir au contrôle de l’atmosphère terrestre régulée par les océans.

Bien qu’ils soient des parasites, les virus contribuent à la dynamique des différentes populations. Chaque organisme, bactéries y compris, peut être infecté par au moins une espèce de virus. La biodiversité aquatique n’échappe pas à la règle.

Des chercheurs ont publié cette semaine une étude qui avait pour objectif de comprendre l’influence des virus sur l’écosystème marin, ainsi que leurs effets sur les interactions des organismes et la réaction des océans face aux changements climatiques.

L’analyse de la répartition des différentes espèces de virus dans les océans pourrait permettre d’obtenir de plus amples informations sur les différents dynamismes océaniques, pour une meilleure compréhension de leurs effets sur le climat, les océans jouant un rôle crucial dans sa régulation.

Entre 2009 et 2013, ils ont sélectionné un total de 80 sites océaniques, allant de la surface à 4000 mètres de profondeur, et y ont prélevé de l’eau pour analyser la présence d’ADN viraux et ainsi les identifier. Plus de 200’000 espèces virales ont été répertoriées dans les 5 océans, avec certaines communautés ne se trouvant qu’à certaines zones spécifiques.

La surface des mers tropicales et tempérées ainsi que l’océan Arctique ont montré la plus grande diversité, une découverte qui a son importance, cet océan étant le plus sensible aux changements climatiques. Pour des raisons géographiques, mais également à cause des tensions politiques qui y règnent, l’accès à cette région reste difficile.

Ces résultats ont contribué à deux autres projets visant à étudier les effets du changement climatique et le CO2 atmosphérique dans les océans, où plus de 50% y est absorbé pour s’accumuler dans les profondeurs.

Des précédentes recherches avaient démontré l’importance des virus dans le transport du CO2 au fond de l’océan. Les scientifiques envisagent la possibilité de modifier les populations virales marines afin d’améliorer son élimination dans l’atmosphère.

Une idée qui va certainement soulever des controverses, mais que Matthew Sullivan, microbiologiste de l’Université d’État de l’Ohio et auteur senior de l’étude, défend : « Nous devons réfléchir à des moyens sérieusement efficaces pour enrayer les problèmes climatiques auxquels nous sommes confrontés ».

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Les expéditions des scientifiques ont surtout été effectuées dans l’océan Arctique, avec des prélèvements sur une période de 6 mois, et plus particulièrement dans une petite zone définie, suggérant qu’il y aurait d’autres “hotspots” dans l’océan. De nombreuses parties des océans Indien et Pacifique, ainsi que des mers, restent encore à échantillonner.

Ces recherches, qui dureront encore plusieurs années, enthousiasment les chercheurs, qui se réjouissent des bénéfices qu’ils pourraient en tirer, notamment au niveau écologique. Il y a peu de chances qu’ils contractent un infection en travaillant avec ces virus, la majorité d’entre eux n’ayant que des organismes marins comme hôtes.

« Nous créons des encyclopédies que nous devons parcourir pour comprendre ce que nous étudions », déclare Rebecca Vega Thurber, microbiologiste de l’Université d’État de l’Oregon.

Sources : Nature, Cell

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