Elon Musk dévoile ses plans pour la première ville martienne

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| Surviving Mars/Haemimont Games

Le PDG de SpaceX a prévu de s’implanter de manière permanente sur le sol martien d’ici 2050. Il a en effet l’intention d’emmener près d’un million de personnes sur la planète rouge par le biais de sa flotte de vaisseaux spatiaux Starship. Une fois sur place, ces nouveaux habitants vivront sous de grands dômes de verres, dans lesquels l’atmosphère et tout l’environnement seront similaires à la Terre.

Elon Musk est adepte des projets ambitieux. Cette fois-ci, il s’agit d’emmener l’humanité sur une autre planète et d’envisager sérieusement l’implantation durable d’une colonie. Dans un tweet daté du 18 novembre, le milliardaire interrogé sur les conditions de vie des futurs colons martiens évoque ainsi « des dômes de verre pour commencer ». Il ajoute ensuite que Mars pourrait éventuellement être terraformée pour soutenir la vie de manière durable.

La terraformation, qui consiste à transformer complètement l’environnement d’un corps céleste pour le rendre habitable par l’Homme, est un concept qui relève généralement de la science-fiction. En théorie, il s’agit de modifier l’atmosphère, la température et éventuellement la biosphère de la planète, pour que les Hommes puissent y respirer et y vivre comme s’ils étaient sur Terre (sans masque respiratoire, ni combinaison pressurisée). Mais selon Elon Musk, ce bouleversement de grande envergure n’est pas envisageable dans un premier temps, même pour une entreprise comme SpaceX…

Un convoi de 100 tonnes de fret, tous les deux ans

Le PDG estime en effet que le processus de terraformation sera bien trop lent pour être pertinent à notre échelle de vie. En revanche, une première base humaine, moins ambitieuse, est tout à fait envisageable de notre vivant ; Musk se réjouit déjà de permettre aux humains de « devenir une civilisation multi-planétaire ». Il évoque ainsi avec fierté les traces que ces premiers colons laisseraient dans l’histoire :

L’atmosphère de Mars est très mince comparée à celle de la Terre ; elle se compose majoritairement de dioxyde de carbone (à 96%), d’argon et de diazote, ainsi que de quelques traces de dioxygène, d’eau et de méthane. La pression moyenne qui règne à sa surface est de 600 Pa, elle est donc environ 170 fois moins importante que sur Terre. Sans aucune protection, un être humain mourrait rapidement sur le sol martien ; de par la trop faible pression atmosphérique tout d’abord, mais aussi par manque d’oxygène, sous l’effet du froid glacial (la température moyenne à la surface est de -55 °C) et sous l’effet des rayons UV du Soleil.

Même avec les technologies les plus avancées, la terraformation de Mars représenterait un travail colossal… voire impossible. En 2015, Musk suggérait d’utiliser des bombes nucléaires au niveau des pôles de la planète pour faire fondre les calottes glaciaires, libérer le CO2 qui s’y trouve piégé, et ainsi augmenter rapidement la température. L’an dernier, un mathématicien du nom de Robert Walker s’est « amusé » à vérifier ces propos : pour rendre Mars habitable, il faudrait faire exploser près de 3500 ogives nucléaires — soit presque deux fois plus de bombes que les États-Unis ont actuellement dans tout leur arsenal — chaque jour, pendant environ sept semaines ! Autre problème de taille : le rayonnement radioactif résultant de ces explosions nucléaires rendrait la surface de la planète complètement inhabitable.

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En 2018, une étude publiée dans Nature Astronomy révélait par ailleurs qu’il n’y aurait en réalité pas assez de CO2 sur Mars pour fournir un réchauffement à effet de serre significatif et élever suffisamment la pression atmosphérique si ce gaz parvenait dans l’atmosphère ; de plus, la majeure partie du CO2 contenu dans les réservoirs non atmosphériques n’est pas accessible et ne peut donc pas être facilement mobilisée. Au mieux, la pression atmosphérique de Mars n’atteindrait que 7% de celle de la Terre — une valeur insuffisante pour garantir que tous vos organes demeurent dans votre corps…

Mais Elon Musk n’abandonne pas son rêve pour autant. Pour le concrétiser, il compte sur sa future flotte de vaisseaux Starship : selon ses calculs, environ une centaine de vaisseaux transportant chacun 100 tonnes de marchandises (ou une centaine de passagers), pourraient effectuer le voyage tous les deux ans pendant vingt ans (car Mars et la Terre sont au plus proche tous les deux ans). Dès lors, « une ville martienne durable » pourrait être établie.

Survivre sur Mars

Car le vrai défi, selon le milliardaire, n’est pas de se rendre sur Mars, mais bel et bien de s’y implanter de manière durable. « Le problème fondamental est de construire une base, de construire une ville sur Mars qui soit autonome », a-t-il déclaré lors du sommet virtuel Humans to Mars, qui s’est tenu au mois de septembre. Un projet qu’il qualifie de dangereux, difficile et réservé aux plus courageux, le risque de mourir dans le cadre de cette mission étant particulièrement élevé.

Une fois la première base établie, elle devrait être élargie et devenir rapidement autonome. Paul Wooster, ingénieur chez SpaceX, a expliqué que le premier objectif serait de mettre en place des systèmes de survie, d’activer l’énergie de surface, de développer des habitats et de construire des serres. Puis, à mesure que cette « ville » se développerait, elle pourrait accueillir des projets de recherche scientifique, de la même manière que sur la Station spatiale internationale. La terraformation, quant à elle, ne serait envisagée que beaucoup plus tard. À moins que de nouvelles technologies ne changent la donne d’ici là…

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SpaceX est actuellement en bonne voie pour mener à bien cet extraordinaire projet de colonisation martienne. Plusieurs prototypes de Starship ont déjà effectué avec succès des vols d’essai d’une durée de quelques dizaines de secondes, à une altitude maximum de 150 mètres environ. Il est prévu que lors du prochain essai, qui devrait avoir lieu bientôt, le vaisseau atteigne les 15 kilomètres d’altitude.

À savoir que les moteurs Raptor de l’engin fonctionnent à l’oxygène liquide et au méthane (contrairement aux moteurs du Falcon 9, qui sont alimentés en kérosène). Ainsi, en théorie, il est possible d’aller sur Mars et d’y refaire le plein en récoltant du carburant directement sur la planète. SpaceX a d’ailleurs confirmé qu’une telle station-service ferait partie de la base initiale qui sera établie sur la planète. Le premier vol orbital de Starship devrait avoir lieu fin 2021 selon le planning de l’entreprise ; Musk a affirmé au mois d’octobre que les premières missions vers Mars avec équipage pourraient être lancées dès 2026.

Source : Inverse

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