Entré en éruption ce dimanche, le Volcán de Fuego, un volcan situé à 16 km de la ville d’Antigua au Guatemala, a plongé la population dans le chaos. La violence de l’événement, qui a perduré plus de 16h, a provoqué de très nombreux dégâts matériels et des pertes humaines.  

Le dimanche 3 juin, le Volcán de Fuego entre dans une éruption extrêmement violente. Dans les premiers instants de l’explosion, un panache volcanique très dense, composé de cendres, de débris et de gaz, s’élève à une douzaine de kilomètres d’altitude et s’étend rapidement aux alentours (jusqu’à plus d’une trentaine de kilomètres). Le lendemain, suite à cette première phase, des coulées pyroclastiques dévalent les pentes du volcan à toute vitesse, accompagnées de nuées ardentes.

Éruption du Volcán de Fuego : une explosion violente et un lourd bilan humain pour le Guatemala

Les autorités locales ordonnent alors une évacuation d’urgence de tous les villages situés sur les flancs du volcan et dans la périphérie immédiate. Mais la violence de l’explosion est telle qu’un grand nombre d’habitants sont pris de vitesse. De lourds blocs de roches s’abattent du ciel, écrasant indifféremment habitations, animaux, voitures et habitants en fuite.

Cette pluie de roches se combine à des projections de lave et à des nuages toxiques de cendres extrêmement chauds, laissant derrière eux des corps calcinés, certains encore couverts de cendres chaudes, et des maisons complètement détruites.

Cette vidéo compile plusieurs séquences de l’éruption du Volcán de Fuego entre le dimanche 3 et le lundi 4 juin, et révèle un aperçu des dégâts occasionnés par l’explosion :

Malgré l’évacuation de plus de 4500 personnes, 69 corps ont déjà été retrouvés et sont actuellement en cours d’identification au sein de l’Institut national médico-légal local. L’éruption a également fait de nombreux blessés — 46 pour le moment — et plusieurs personnes sont portées disparues. « Il y a des disparus, mais on ne sait pas combien » déclare Sergio Cabañas, directeur de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred).

Certains hameaux, comme San Miguel Los Lotes, ont été totalement rasés par l’explosion et ne sont plus que des étendues de décombres noircies. Au total, 1.7 millions de personnes ont été touchées (directement ou indirectement) par l’éruption.

La plupart des victimes ont été piégées par la lave avant d’avoir eu le temps de s’enfuir. Après plus de 16h d’éruption dévastatrice, les explosions cessent et le volcan se calme quelque peu. Mais les habitants ne sont pas pour autant hors de danger selon l’Institut national de volcanologie guatémaltèque, pour qui une réactivation à court terme est tout à fait possible. En outre, les coulées pyroclastiques continuent de poser un sérieux danger car, lorsqu’elles rencontrent des sources d’eau, elles peuvent se transformer en lahars, c’est-à-dire des coulées de boue pouvant apparaître après l’éruption.

Le Volcán de Fuego : un volcan gris très actif

Le Volcán de Fuego est un volcan gris, c’est-à-dire un volcan explosif dont la lave visqueuse ne se transforme pas en coulées mais forme un dôme à haute pression ; lorsque ce dôme devient instable, il s’effondre ou explose, donnant lieu à un panache volcanique composé de cendres et de roches, ainsi qu’à des nuées ardentes. Les éruptions volcaniques possédant le plus fort indice d’explosivité volcanique sont caractéristiques de ce type de volcan.

Le Volcán de Fuego est un volcan très actif d’Amérique Central avec un long historique éruptif, l’éruption la plus ancienne documentée remontant à 1524. Jusqu’en 1710, les événements éruptifs sont peu documentés, seules des descriptions succinctes existent. Puis, en 1717, du 27 au 30 août, une violente explosion volcanique, accompagnée d’un séisme, détruit une grande partie de la ville de Santiago de los Caballeros au Guatemala. Dès lors, les éruptions sont rapportées avec plus de détails. En 1932, le volcan recouvre Antigua de cendres. En 1974, d’importantes coulées pyroclastiques endommagent les zones périphériques. Cette forte activité volcanique provient d’une forte activité tectonique entre la plaque de Cocos et celle de Nazca.

coulee pyroblastique

Image de l’éruption de 2012 du Volcan de Fuego. L’on peut facilement apercevoir le panache volcanique qui s’élève en altitude, constituant une nuée ardente, et la coulée pyroblastique qui dévale sa pente droite. Crédits : Insivumeh

À partir de 2002, le volcan entre dans une phase éruptive qu’il ne quitte plus. Il est caractérisé par une activité volcanique de type « vulcanien » (en référence au volcan éolien Vulcano) ; la viscosité de la lave conduit celle-ci à former un bouchon volcanique qui, lorsque la pression devient trop grande, donne lieu à une explosion dévastatrice projetant roches, morceaux de lave et scories. De telles éruptions prennent la forme d’une combinaison de coulées pyroclastiques (un mélange de roches, de cendres et de gaz volcaniques portés à haute température) et de nuées ardentes (nuages pyroclastiques extrêmement chauds transportant des roches).

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