Être seul et malheureux accélère le vieillissement, selon une étude

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Les problèmes psychologiques peuvent accélérer le rythme du vieillissement. | Fedor Galkin
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Une récente étude menée sur des seniors chinois suggère qu’en matière de vieillissement, la santé mentale compte autant que la santé physique et que toute thérapie anti-âge devrait se focaliser sur ces deux aspects. En effet, des scientifiques ont observé que les sentiments de solitude et de tristesse, de même qu’un sommeil agité, avaient un impact significatif sur le rythme du vieillissement des individus.

À mesure que les cellules vieillissent, elles perdent leur capacité à se diviser et ne parviennent plus à remplir leurs fonctions : c’est la sénescence. Les dommages cellulaires s’accumulent et favorisent l’apparition de maladies liées à l’âge. Il est avéré que certains comportements, tels que le tabagisme et l’exposition au rayonnement UV, ou certaines conditions (stress, surpoids, etc.), accélèrent le vieillissement cellulaire — qui lui, est biologiquement défini par notre horloge interne dès la naissance.

Il existe aujourd’hui des « horloges de vieillissement », des modèles numériques conçus pour estimer l’âge biologique d’une personne en fonction de marqueurs épigénétiques ; elles permettent de détecter un vieillissement trop rapide avant que les conséquences ne se manifestent. Une collaboration internationale, dirigée par la société Deep Longevity, présente aujourd’hui une nouvelle horloge de vieillissement, qui repose sur les données de près de 12 000 personnes. C’est la première fois qu’une horloge est entraînée sur une cohorte aussi vaste.

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Des maladies graves qui ajoutent 1,5 année au compteur

Depuis 2014, Deep Longevity exploite l’intelligence artificielle pour développer des prédicteurs personnalisés de l’âge biologique, à partir d’une variété de mesures telles que des analyses de sang, d’ADN et du microbiome, ainsi que des enquêtes psychologiques. Cette société basée à Hong Kong a déjà mis au point toute une gamme d’horloges de vieillissement, reposant sur plusieurs biomarqueurs profonds. Ces horloges aident à identifier les médicaments anti-âge les plus adaptés à chaque individu.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, Deep Longevity, en collaboration avec des chercheurs chinois et américains, a mis en évidence le lien entre les aspects physiques et psychologiques du vieillissement. Cette étude repose sur les données des tests sanguins de l’étude longitudinale sur la santé et la retraite en Chine (étude CHARLS), qui concerne des individus de plus de 45 ans.

À savoir que parmi les pays d’Asie de l’Est, c’est en Chine que l’on trouve la plus faible proportion de personnes vieillissant bien (15,7%, vs. 29,2% au Japon et 25,5% en Corée) — définies comme étant des personnes de plus de 65 ans qui ne souffrent d’aucun handicap majeur et dont la fonction cognitive et l’engagement social sont normaux. En raison de l’importance de la population chinoise, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans en Chine est supérieur à celui de l’Europe entière. Ainsi, mieux comprendre le vieillissement en Chine peut fournir des informations importantes sur le vieillissement dans le monde.

L’équipe a utilisé une combinaison de 16 biomarqueurs sanguins (cholestérol, glucose, triglycérides, créatinine, etc.), sept paramètres biométriques (IMC, pression artérielle systolique et diastolique, spirométrie, etc.) et le sexe des participants à l’enquête nationale pour créer un réseau neuronal profond prédicteur d’âge biologique.

Sans surprise, l’horloge a identifié les personnes ayant des antécédents d’accident vasculaire cérébral, de maladie du foie et d’affections pulmonaires comme étant significativement plus âgées que leurs homologues en bonne santé. Toutefois, l’effet moyen de ces affections sur l’âge prédit n’a pas augmenté l’âge de plus de 1,5 an.

Un effet encore plus néfaste que le tabagisme

À noter qu’aucune différence significative dans les prévisions d’âge n’a été détectée chez les personnes ayant des antécédents de maladie cardiaque ou de cancer, par rapport aux témoins sains. Les chercheurs précisent toutefois que le cancer est la maladie la moins fréquente de l’étude CHARLS et que cette observation peut également être due à la taille insuffisante des échantillons. Les données montrent en revanche que le fait de fumer augmente l’âge biologique de 1,25 année.

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Une mauvaise santé mentale peut ajouter jusqu’à 1,65 année à l’âge biologique d’une personne. © F. Galkin et al.

L’équipe souligne que les trois effets les plus importants sur le taux de vieillissement étaient dus aux facteurs suivants : fumer (+1,25 an), être actuellement marié (-0,59 an) et avoir un sommeil perturbé (+0,44 an). Mais les facteurs psychologiques contribuent eux aussi de manière notable au vieillissement biologique.

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« Nous démontrons que les facteurs psychologiques, comme le fait de se sentir malheureux ou de se sentir seul, ajoutent jusqu’à 1,65 année à l’âge biologique d’une personne », écrivent les chercheurs dans la revue Aging-US. Non seulement la composante psychologique influe sur l’âge biologique, mais l’équipe souligne que l’effet global dépasse les effets du tabagisme, du sexe (+0,42 année pour les hommes), de la zone d’habitation (+0,39 année pour les individus qui résident en zone rurale, où la disponibilité des services médicaux est moindre) et du statut matrimonial (+0,32 année pour les célibataires).

Les auteurs concluent qu’en raison de son impact significatif sur l’âge biologique, la composante psychologique ne doit pas être ignorée dans les études sur le vieillissement — d’autant plus que l’impact d’un faible niveau de bien-être est du même ordre de grandeur que celui des maladies graves et du tabagisme. Le statut social des individus joue également un rôle important, puisque les individus n’ayant jamais été mariés sont biologiquement plus vieux de 0,32 année.

« Les états mentaux et psychosociaux sont parmi les prédicteurs les plus robustes des résultats de santé – et de la qualité de vie – mais ils ont été largement omis des soins de santé modernes », déplore Manuel Faria, chercheur en psychologie à l’Université de Stanford et co-auteur de l’étude. Ces résultats placent la promotion de la santé mentale comme une intervention potentielle contre le vieillissement, au même titre que les approches thérapeutiques physiques.

Source : F. Galkin et al., Aging-US

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