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Dans l’arbre phylogénétique (qui montre les relations de parenté entre des groupes d’êtres vivants), le tuatara de Nouvelle-Zélande se trouve sur une branche unique.

Le tuarara, de son nom maori, est également connu sous le nom de sphénodon ponctué (Sphenodon punctatus) : à l’époque des dinosaures, cet animal extraordinaire avait beaucoup de parents partout dans le monde, mais à présent, il n’y a plus rien d’autre de semblable sur Terre. Selon le nouveau séquençage de l’ensemble du génome du tuatara – l’un des plus grands jamais enregistrés et 50% plus grand que le génome humain –, il semblerait bien que cette étrange créature ne soit ni un lézard, ni un oiseau, ni un mammifère : il s’agirait plutôt d’une étrange fusion des trois.

Le séquençage génomique a été effectué par des scientifiques de l’Université d’Adélaïde et du South Australian Museum en Australie, de l’Université d’Otago et les Ngātiwai en Nouvelle-Zélande, ainsi qu’une équipe mondiale, dans le but d’en découvrir davantage concernant le tuatara.

En effet, selon les auteurs de la nouvelle étude, l’architecture génomique de l’animal ne ressemble à rien de ce qui a été rapporté précédemment. « Le génome des tuatara contenait environ 4% de gènes communs chez les reptiles, environ 10% de gènes communs avec les monotrèmes (ornithorynque et échidné) et moins de 1% avec les mammifères placentaires tels que les humains », explique le biologiste David Adelson de l’Université d’Adélaïde, en Australie. « C’était une observation très inhabituelle et qui indiquait que le génome du tuatara est une étrange combinaison de composants mammifères et reptiliens – y compris les oiseaux », a ajouté Adelson.

Les scientifiques savaient déjà que le tuatara était « autre chose », mais cette nouvelle recherche suggère qu’il est encore plus unique que nous ne le pensions auparavant.

Le tuara ne se trouve qu’en Nouvelle-Zélande et ressemble beaucoup à un lézard (pour un œil non averti). Il est considéré comme un taonga, ou « trésor spécial » pour les Maoris locaux. Et c’est un surnom bien trouvé : ces créatures nocturnes peuvent vivre pendant un siècle, résister à des températures extrêmement froides, retenir leur souffle pendant environ une heure, et ils peuvent voir la lumière avec un troisième œil (œil pariétal) sur leur tête.

Aujourd’hui, les plus proches parents de l’espèce sont les serpents et les lézards, mais les appeler parents, c’est un peu comme appeler un kangourou un parent des humains : leur ancêtre commun remonte en fait à environ 250 millions d’années.

Pendant tout ce temps, les tuatara sont restés les seuls membres de l’ordre reptilien archaïque connu sous le nom des Rhynchocéphales. « Cette espèce représente un lien important avec les reptiles souches maintenant disparus à partir desquels les dinosaures, les reptiles modernes, les oiseaux et les mammifères ont évolué, et est donc important pour notre compréhension de l’évolution des amniotes », a écrit l’équipe de recherche dans son article.

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Le tuatara conserve les caractéristiques des animaux anciens et disparus depuis longtemps à partir desquels tous ces groupes ont évolué. Les chercheurs qui ont séquencé son génome notent que cette espèce est le reptile à évolution la plus lente jamais analysée, plus que tout autre lézard ou serpent.

Selon les chercheurs, en tant que tels, les tuatara sont une ligne directe vers nos origines, mais leur existence sur notre planète n’est pas une valeur sûre : en effet, bien que leur nombre d’individus soit actuellement considéré comme « correct » (les tuatara sont protégés sur les 35 îles sur lesquelles ils se trouvent en Nouvelle-Zélande), un climat en évolution rapide pourrait signifier la disparition de cette espèce ancestrale.

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Il faut savoir que le sexe des futurs tuatara dépend fortement de la température autour des œufs, et le réchauffement climatique pourrait entraîner la naissance d’un trop grand nombre de mâles, ce qui déséquilibrerait le cycle de reproduction. Les auteurs de la nouvelle étude affirment donc que les tuatara « restent en péril en raison de leur distribution très restreinte, des menaces imposées par la maladie et des changements dans les rapports de masculinité induits par le changement climatique, qui pourraient considérablement affecter leur survie ».

Dans tous les cas, en découvrir davantage sur cette espèce est absolument crucial pour sa survie. Cependant, cette nouvelle recherche en génomique est également importante pour d’autres raisons.

La recherche a été réalisée en partenariat avec les Ngātiwai (une tribu Maori), qui détiennent le kaitiakitanga (tutelle) sur les populations tuatara : et ce type de collaboration n’est pas toujours pris en compte dans la recherche sur la conservation. « Ce partenariat – qui, à notre connaissance, est unique parmi les projets de génome entrepris à ce jour – avait un fort accent pratique sur le développement de ressources et d’informations qui amélioreront notre compréhension du tuatara et aideront les efforts de conservation futurs », ont expliqué les chercheurs. « On espère que ce travail constituera un exemple pour les futures initiatives génomiques qui aspirent à respecter les obligations d’accès et de partage des avantages envers les communautés autochtones », ont ajouté les chercheurs.

Sources : Nature, Museum of New Zealand, Cell

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