COVID-19 : les pays gouvernés par des femmes enregistrent beaucoup moins de décès

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Jacinda Ardern, Première ministre de la Nouvelle-Zélande. | Getty Images/Hagen Hopkins
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L’épidémie de COVID-19 sévit toujours à travers le monde, causant d’importantes pertes en vies humaines et impactant durement la santé, ainsi que l’économie. À ce jour, on dénombre plus de 536 151 074 cas et 6 285 723 décès. Les effets à long terme de cette maladie font toujours l’objet d’études, tant elle bouleverse l’organisme entier. Sans compter que le Fonds monétaire international a signalé une perte de production cumulée prévue de 2020 à 2025 de 22 mille milliards de dollars américains. Malgré des mesures équivalentes, nombre de pays présentent de grandes différences en matière de mortalité. Récemment, des chercheurs se sont penchés sur 21 facteurs déterminants la mortalité due à la COVID-19, variant selon les pays. La confiance dans le gouvernement, l’éducation et même la corruption, auraient tous un impact sur la mortalité. De plus, ils ont découvert que les pays dirigés par des femmes ont enregistré 40% de décès (dus à la COVID-19) en moins que les pays gouvernés par des hommes. Les conclusions de ces travaux apportent une nouvelle expertise dans le domaine de la santé publique et de la prévention pour les décideurs politiques.

Au cours de cette pandémie mondiale, de nombreux pays ont adopté des approches similaires pour contenir la propagation de la COVID-19. Cependant, ces pays présentent des différences drastiques de morbidité et de mortalité, même parmi ceux qui ont des conditions socio-économiques et des antécédents politiques similaires. Par exemple, l’Australie et la Nouvelle-Zélande partagent des environnements économiques et politiques similaires, mais le nombre de décès est bien plus élevé en Australie.

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Le professeur agrégé Kelvin Tan de la Business School de l’Université de Queensland, explique dans un communiqué : « Au 31 décembre 2020, bien que la population de l’Australie ne soit que 5 fois celle de la Nouvelle-Zélande, l’Australie avait signalé environ 13 fois plus d’infections et 36 fois plus de décès que les chiffres signalés par la Nouvelle-Zélande ».

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C’est pourquoi, avec son équipe, K. Tan a tenté de déterminer quels facteurs influençaient les taux d’infection et de mortalité pour une maladie donnée, ici la COVID-19. Il s’est focalisé sur la statistique, qu’il estime être une clé lors d’études d’impacts des déterminants façonnant l’évolution épidémique d’un pays. Leurs résultats sont présentés dans la revue Scientific Reports.

Des femmes plus décisives face à la pandémie

L’équipe de recherche a analysé la réponse à la pandémie de 91 pays entre janvier et décembre 2020, en lien avec 21 déterminants nationaux disponibles dans diverses bases de données et sources, prenant en compte par exemple la confiance des gens dans le gouvernement et le nombre de tests COVID-19 effectués. L’inclusion du nombre de tests COVID-19 vise à tenir compte de la relation mécanique entre les tests COVID et les cas confirmés. Ils ont regroupé les déterminants en quatre catégories : facteurs démographiques-géographiques, politico-juridiques, socio-économiques et sanitaires.

L’étude révèle que les 21 facteurs sont robustement significatifs dans les tests et expliquent respectivement 78% et 72% des variations, entre les pays, du nombre d’infections confirmées et de décès. Par ailleurs, le ratio hommes-femmes, la densité de population, l’urbanisation et la corruption politique intensifient les conséquences négatives de la pandémie dans un pays. À l’inverse, les auteurs ont constaté que le leadership féminin, l’éducation, la diversité religieuse et la confiance du public dans le gouvernement réduisent les taux d’infection et de décès.

Les auteurs soulignent que les pays dirigés par des femmes ont enregistré 39,9% de décès dus à la COVID-19 en moins que les pays gouvernés par des hommes. Ces chiffres confirment aisément une étude britannique antérieure, de 2020.

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(De gauche à droite) La Première ministre belge Sophie Wilmes, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre finlandaise Sanna Marin avant le Conseil de l’Union européenne à Bruxelles le 17 juillet 2020. © Getty Images/Stephanie Lecocq

Le Dr Tan déclare : « Ce chiffre peut être attribué aux femmes dirigeantes qui prennent des mesures rapides et décisives, avec une vision plus large de l’impact sur la société et une plus grande réceptivité à la pensée innovante. […] Elles sont plus réticentes au risque de perdre des vies humaines, ce qui a joué un rôle essentiel dans la prévention et les résultats de la pandémie ».

Des résultats essentiels pour les futures réponses aux épidémies

De manière plus précise, sur les 21 déterminants, 12 sont des facteurs aggravants qui font augmenter de manière significative les cas d’infection COVID, dont cinq démographiques-géographiques (population, densité de population, âge médian de la population, ratio hommes-femmes et urbanisation), deux politiques-juridiques (démocratie et corruption) et cinq facteurs socio-économiques (PIB, technologie, inégalités de revenus, bonheur et tourisme).

Ces facteurs sont également positivement associés au nombre de décès, à l’exception de la technologie qui, elle, est négativement liée à la mortalité par la COVID-19. Cette découverte suggère que la technologie permet aux gouvernements d’identifier rapidement les infections réelles et potentielles à la COVID-19 grâce, par exemple, à la recherche numérique des cas contacts. Cela entraine ainsi davantage de cas confirmés. Parallèlement, la technologie facilite également le dépistage précoce et le traitement en temps opportun, ce qui réduit le nombre de décès.

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De plus, les chercheurs identifient neuf facteurs qui réduisent les cas d’infection et le nombre de décès : trois démographiques-géographiques (température, éducation et diversité religieuse), quatre politico-juridiques (liberté des médias, leadership féminin, confiance dans le gouvernement et la loi) et deux soins de santé (expérience antérieure du SARS et infrastructures des soins de santé). Effectivement, l’investissement dans les établissements de santé est payant lorsqu’une épidémie s’aggrave, et se justifie avec ou sans crise.

Le Dr Tan conclut : « Nos résultats soulignent l’importance de la prévention, plutôt que du traitement, pour réduire la morbidité et la mortalité liées à la COVID-19 ». En d’autres termes, la prévention peut être plus efficace que la guérison, surtout si nous prenons en compte les effets à long terme de l’infection, qu’elle soit grave ou de plus faible intensité. En outre, étant donné que la plupart des pays évoluent vers une population vieillissante, il est crucial de protéger les personnes âgées, particulièrement vulnérables lors des pandémies.

Finalement, ce ne sont pas les ressources financières d’un pays, mais la rapidité et l’efficacité des interventions qui déterminent principalement le succès des contrôles de la pandémie. Sans compter que les politiques publiques devraient accorder une attention particulière à la protection des pauvres, qui sont plus vulnérables aux pandémies.

Source : Scientific Reports

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