Les moustiques représentent l’une des plus grandes menaces pour la santé publique mondiale depuis de nombreuses années. Avec plus de 800’000 victimes par an, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) lutte activement contre leur prolifération toujours plus importante. Récemment, la Fondation Gates a alloué un budget conséquent pour la mise en place d’un nouveau plan anti-moustiques radical.

Les maladies transmises par les moustiques représentent l’un des facteurs de mortalité les plus importants de la planète. Provoquant environ 830’000 décès par an dus à des pathologies contagieuses comme le paludisme, la dengue ou le virus Zika, les gouvernements luttent constamment pour endiguer le phénomène. Les milliardaires Bill et Melinda Gates, au travers de la Fondation Gates fondée en 2000, ont déjà alloué plus de 2 milliards de dollars dans le combat contre le paludisme.

Voulant pousser leur croisade encore plus loin, la fondation vient d’allouer un budget de 4.1 millions de dollars pour le développement et la mise en place d’un nouveau plan de lutte consistant en le relargage dans la nature, de millions de moustiques mâles génétiquement modifiés, « programmés » pour tuer leur propre progéniture. Cette semaine, la Fondation a passé un accord avec la société britannique Oxitec pour leur confier le projet de recherche. Elle avait déjà alloué des fonds à Oxitec en 2010 pour le développement de moustiques transgéniques.

Cette compagnie, fondée en 2002 par l’incubateur de l’université d’Oxford, a breveté ses insectes tueurs sous le nom de «  Moustiques Amicaux  » (Friendly Mosquitoes) car non seulement ceux-ci ne piquent pas, mais en outre ils réduisent la population de leurs congénères. En effet, Oxitec n’en est pas à son premier coup d’essai.

La compagnie d’ingénierie génétique avait déjà déployé au Brésil, en 2016, des moustiques modifiés pour neutraliser spécifiquement les moustiques de l’espèce Aedes aegypti, transmettant plusieurs virus (Zika, dengue, fièvre jaune, etc). Dans certaines zones, la population d’Aedes aegypti a été réduite de plus de 90%.

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Dans la nature, lorsqu’un moustique mâle s’accouple avec une femelle transmettant une maladie, les larves se développent normalement et donnent à leur tour des femelles vectrices de la maladie (cycle bleu). Mais dans le cas de moustiques transgéniques, les mâles s’accouplent avec des femelles vectrices et transmettent un gène limitant à leurs descendances ; en sortie de leur stade larvaire, les femelles meurent prématurément (cycles rouges). Crédits : Oxitec

Les moustiques transgéniques auront pour but de s’accoupler avec les femelles moustiques transmettant le paludisme. Lors de l’accouplement, ils transmettront un gène limitant spécifique à la progéniture de la femelle, n’affectant que les femelles moustiques. Lorsque ces dernières seront nées et se développeront, elle mourront en atteignant leur phase adulte, tout juste à l’issue du stade larvaire.

Les mâles peuvent ainsi passer de femelle en femelle et transmettre ce gène mortel aux futures générations de femelles, tandis que les mâles continueront de se développer normalement.

Trouver des moyens de combattre la malaria est devenu extrêmement urgent. Bien que les cas de paludisme aient décliné de 62% entre 2000 et 2015, ils ont depuis de nouveau augmenté jusqu’à atteindre aujourd’hui un pic. « Nous pouvons affirmer sans nous tromper que nos progrès dans la lutte contre le paludisme ne sont plus du tout suffisants » indique Pedro Alonso, directeur du Programme Global contre le Paludisme à l’OMS.

Alonso s’inquiète notamment du fait qu’au regard de la baisse des cas il y a quelques années, les gouvernements se détournent de la lutte contre la maladie. D’autant plus que certaines formes de paludisme montrent déjà des signes de résistance aux traitements.

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Le paludisme est une maladie provoquant plus de 400’000 décès chaque année. Il est transmis par les moustiques femelles. Crédits : OMS/Smithsonian Institute

Concernant les moustiques transgéniques, les premiers essais sur le terrain devraient commencer d’ici 2020. Cependant, Oxitec a déjà rencontré des problèmes avec certaines populations refusant de cohabiter avec des espèces génétiquement modifiées. C’est le cas de la Floride dont les habitants avaient, en 2016, voté contre. Cette année, la compagnie a organisé plusieurs conférences publiques et rencontres avec les politiques afin de convaincre la Floride d’autoriser le relargage de moustiques modifiés.

Oxitec n’a toutefois pas le monopole sur la recherche concernant la lutte contre le paludisme par le biais d’organismes génétiques modifiés. Un groupe de recherche de l’Imperial College à Londres travaille également sur des mutations spécifiques transportées par les moustiques mâles, visant à stériliser les femelles.

Bien que de nombreuses organisations militent contre les moustiques transgéniques et leurs possibles conséquences sur l’écosystème, les scientifiques rappellent qu’il ne s’agit pas d’exterminer définitivement tous les moustiques, mais seulement ceux transmettant des maladies.

Source : Oxitec

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