Un gène spécifique découvert chez des centenaires rajeunirait le cœur de plus de 10 ans

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| Pixabay
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Dans quelques régions du monde appelées « zones bleues », le nombre de centenaires et de « supercentenaires » est extraordinairement élevé. Nombre d’études tentent de décrypter le secret de leur longévité, afin peut-être de pouvoir développer des thérapies anti-vieillissement. Se basant sur la génétique, une nouvelle étude a mis en évidence un « gène mutant anti-âge », particulièrement fréquent chez les centenaires vivant en zones bleues. Implanté chez des souris présentant une insuffisance cardiaque, le gène aurait reculé de 10 ans l’âge biologique de leur cœur (en transposant l’effet à l’échelle temporelle d’un cœur humain). Dans ce qui est sans doute une percée majeure, le fameux gène a donc permis de freiner la dégradation des cellules cardiaques des animaux, ainsi que celle de cellules cardiaques humaines isolées dans le cadre d’un autre essai.

Dans beaucoup de pays occidentaux où les systèmes de santé sont solides, atteindre l’âge de 80-90 ans n’est plus rare. Cependant, dépasser les 100 ans reste toujours un exploit, excepté dans quelques régions du monde. Dans ces régions dites « zones bleues », les gens atteignent bien plus souvent les 100 ans, tout en restant en bonne santé.

Les deux zones bleues les plus célèbres se trouvent en Sardaigne (Italie), dans quelques petits villages montagnards, et sur l’île d’Okinawa (au Japon). On y trouve notamment la plus forte densité au monde de supercentenaires et de nonagénaires en pleine forme, malgré leurs âges avancés. Des recherches ont par le passé permis d’identifier d’autres régions, permettant à ce jour de totaliser les zones bleues au nombre de cinq, en y ajoutant : Loma Linda (en Californie), l’île d’Ikaria (en Grèce) et la péninsule de Nicoya (au Costa Rica).

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Des recherches antérieures ont montré que le secret de longévité de ces populations tiendrait en partie de leur mode de vie. Bien que les zones d’habitat sont très éloignées les unes des autres, elles possèderaient néanmoins des points en commun en termes de mode et de conditions de vie. Le premier point commun est que ces personnes habitent toutes des zones ensoleillées et bien aérées, souvent localisées en altitude.

Bien que différents, leurs régimes alimentaires comprennent généralement une bonne quantité de fruits et légumes. La viande, le poisson ou le fromage sont consommés en quantités modérées ou seulement pendant les fêtes. Certains pratiquent même une restriction calorique volontaire. La consommation d’alcool, en particulier du vin, est également réduite. Quant aux activités physiques, elles sont naturellement pratiquées régulièrement en étant associées aux travaux de champs et d’élevages. Un niveau de stress faible a également été relevé, notamment en raison d’une vie simple et proche de la nature, de liens sociaux et familiaux forts, d’engagements spirituels profonds, etc.

Biologiquement, les centenaires habitant ces zones seraient également dotés de « gènes de longévité ». Comme le génome contribue à la longévité à hauteur de 25% environ, les scientifiques ont estimé que la génétique serait l’une des meilleures pistes à explorer pour déterminer leur secret de longévité. Dans cette optique de recherche, une équipe de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) et du groupe MultiMedica (Italie) a identifié un gène mutant sain (qui a muté en engendrant des bénéfices pour la santé) qui serait en partie responsable de la longévité des centenaires.

« La mutation peut aggraver ou améliorer le fonctionnement du gène, comme pour le gène anti-âge mutant que nous avons étudié ici sur des cellules humaines et des souris âgées », explique Paolo Madeddu, professeur de médecine cardiovasculaire expérimentale à Bristol, et co-auteur principale de la nouvelle étude, publiée dans la revue Cardiovascular Research. Le gène, appelé LAV-BPIFB4, serait un variant associé à la longévité et confèrerait une santé prolongée, accompagnée d’une réduction des affections cardiovasculaires liées à l’âge.

La nouvelle étude a pour objectif de comprendre comment appliquer les effets de ce gène sur des patients souffrant d’insuffisance cardiaque. Particulièrement fréquent chez les centenaires, ce gène aurait la capacité de protéger et de rétablir les fonctions des cellules cardiaques chez les patients souffrant de la maladie. Il s’agirait de la première étude démontrant qu’un gène de longévité retrouvé chez les centenaires peut être implanté dans des cellules d’autres personnes, sans nécessité d’un lien de parenté.

Un gène qui inverse le déclin des performances cardiaques

Sur la base d’essais s’étalant sur près de trois ans, les chercheurs de la nouvelle étude ont implanté le fameux gène dans des cellules cardiaques prélevées sur des patients âgés et souffrant de problèmes cardiovasculaires graves. Ces cellules ont ensuite été comparées à des cellules cardiaques issues de personnes saines, afin d’évaluer les effets du gène.

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L’équipe de recherche a pu constater que les cellules cardiaques des malades ont retrouvé leurs fonctions, notamment en devenant plus efficaces dans le pompage sanguin. Plus précisément, des processus de rajeunissement ont été observés au niveau des péricytes, les cellules soutenant la réparation des vaisseaux sanguins endommagés.

Par ailleurs, les chercheurs ont également implanté le gène chez des souris d’âge moyen, chez lesquelles ils avaient préalablement induit les mêmes altérations cardiaques observées chez les patients âgés. Résultat : le gène a freiné la dégradation de leur fonction cardiaque. Plus frappant encore, leurs cœurs auraient rajeuni en moyenne de plus de 10 ans (en transposant l’effet à l’échelle temporelle d’un cœur humain). Ce rajeunissement aurait eu pour effet de prévenir l’apparition de l’athérosclérose, du vieillissement vasculaire et du système immunitaire et de complications liées au diabète.

« Nos découvertes confirment que le gène mutant sain peut inverser le déclin des performances cardiaques chez les personnes âgées », souligne Madeddu. Pour la suite de leurs recherches, les scientifiques tenteront de déterminer s’il est possible d’utiliser la protéine (pour laquelle le gène code) au lieu du gène. D’après les experts, des traitements basés sur cette protéine seraient plus viables et plus sûrs qu’une thérapie génique. Par ailleurs, les chercheurs prévoient de tester les effets du gène sur les cellules cardiaques d’enfants atteints de Progeria (une maladie génétique connue pour provoquer un vieillissement anormalement accéléré).

Source : Cardiovascular Research

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