Jeff Bezos offre 2 milliards de dollars à la NASA afin qu’elle choisisse son atterrisseur lunaire

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| Blue Origin

Si l’annonce de la NASA concernant son choix de confier le programme d’atterrissage lunaire du projet Artemis à SpaceX a fait la joie d’Elon Musk, tout le monde n’a pour autant pas ressenti la même liesse. C’est le cas du concurrent direct de SpaceX, Blue Origin, qui a également développé un atterrisseur lunaire : Blue Moon. Depuis quelque temps, Jeff Bezos réitère ses demandes à la NASA de réviser ses décisions pour inclure Blue Origin dans son contrat. Mais récemment, le milliardaire a décidé de franchir une nouvelle étape dans son plaidoyer : offrir une remise de 2 milliards de dollars à la NASA pour inclure Blue Moon dans le programme Artemis.

Jeff Bezos offre à la NASA une remise d’au moins 2 milliards de dollars pour que l’agence accorde à sa société spatiale un contrat lucratif pour le système d’atterrissage lunaire habité que son rival, SpaceX d’Elon Musk, a remporté plus tôt cette année. La nouvelle offre de Bezos est la dernière d’une série d’efforts croissants pour remporter le contrat pour Blue Origin.

Une importante compensation financière offerte par Jeff Bezos

Dans une lettre adressée lundi matin à l’administrateur de la NASA, Bill Nelson, Bezos a déclaré qu’il renoncerait définitivement à jusqu’à 2 milliards de dollars de paiements contractuels pour les deux premières années si la NASA ajoutait l’atterrisseur lunaire Blue Moon de Blue Origin à une phase clé du programme Human Landing System de l’agence, destiné à l’atterrissage des premiers humains sur la surface lunaire depuis des décennies.

En plus de cela, Blue Origin autofinancerait un lancement de test Blue Moon en orbite terrestre basse, un exploit qui vaut probablement des centaines de millions de plus. « Je suis honoré d’offrir ces contributions et je suis reconnaissant d’être en mesure de le faire financièrement », déclare Bezos.

Le plaidoyer intervient une semaine avant que le Government Accountability Office ne se prononce sur une plainte formelle contre l’accord de la NASA avec SpaceX que Blue Origin a déposé ce printemps. « Tout ce que la NASA doit faire, c’est profiter de cette offre et modifier le contrat », indique Bezos. Un porte-parole de la NASA a déclaré que l’agence était au courant de la lettre de Bezos mais a refusé de commenter davantage afin de maintenir l’intégrité du processus en cours et la décision du GAO sur cette question.

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Une situation complexe pour la NASA

Modifier le contrat pour profiter de l’offre de Bezos n’est pas aussi simple que cela puisse paraître, explique Lori Garver, ancienne administratrice adjointe de la NASA, qui a supervisé le début du programme d’équipage commercial de la NASA. L’offre de Bezos est quelque chose que l’agence ne devrait pas écarter, mais cela pourrait également ne pas fonctionner comme le souhaite Blue Origin. « Je vois cela comme un signe positif dans l’ensemble, mais cela ne devrait pas avoir d’impact sur les accords ou la stratégie actuels ».

Tout a commencé en avril lorsque la NASA a annoncé qu’elle utilisait le système Starship de SpaceX pour transporter le premier équipage américain d’humains sur la Lune en près d’un demi-siècle d’ici 2024, mettant de côté les propositions de Blue Origin et d’un autre soumissionnaire, Dynetics. Ces sociétés sont toujours en lice dans la compétition concernant la Lune qui est toujours en cours, mais la NASA a affirmé que ses fonds limités du Congrès n’autorisaient l’agence à choisir qu’un seul entrepreneur : SpaceX.

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Trois entreprises étaient en lice pour le contrat concernant le système HLS de la NASA : Blue Origin (gauche), Dynetics (centre) et SpaceX (droite). L’entreprise d’Elon Musk a finalement remporté le contrat. © IT Space

Finalement, faire appel à plus d’entrepreneurs concurrents, déclare Garver, « a toujours été le plan, et il est bon de savoir que nous en aurons désormais un qui est prêt à tout pour entrer dans le jeu ». Cela étant dit, elle pense qu’il est peu probable que la nouvelle offre change l’avis de la NASA sur le prix actuel. Le personnel de l’agence craignait que la modification de la décision de la NASA d’attribuer à SpaceX un contrat unique ne suscite de nouveaux problèmes juridiques.

« La NASA ne peut pas simplement ‘accepter des offres’ parce que le financement est offert. Il n’y a absolument rien qui empêche Blue Origin d’aller de l’avant avec son propre argent pour être dans une meilleure position pour gagner l’offre au prochain tour », explique Garver. Dans sa lettre, Bezos a déclaré que l’offre de 2 milliards de dollars « comblerait le déficit de financement budgétaire du HLS » et « remettrait le programme sur les rails dès maintenant », faisant appel à l’échéance rapide de 2024 Moonshot de la NASA et au besoin toujours présent de l’agence de plus de financement pour Artemis.

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La pression constante et croissante de Blue Origin

La plainte de Blue Origin contre la décision de la NASA a interrompu le contrat de 3 milliards de dollars de SpaceX avec la NASA pendant que le GAO statue sur les faits de l’affaire. La date limite pour la décision du GAO est le 2 août (lundi prochain). Cette décision pourrait recommander – mais pas forcer – la NASA à redémarrer le programme d’appel d’offres et à réviser sa décision, ou à rejeter la protestation de Blue Origin et à reprendre le plan actuel de la NASA.

Depuis le dépôt de sa protestation, Blue Origin a mis en place une stratégie visant à convaincre la NASA de prendre une action corrective sur sa décision concernant HLS avant que le GAO ne rende sa décision.

Le PDG de Blue Origin, Bob Smith, a pris d’assaut le Capitole en mai, et le long processus de protestation du GAO a donné aux lobbyistes de Blue Origin le temps de faire pression en faveur d’une législation qui permettrait à la NASA de dépenser 10 milliards de dollars de plus pour son programme HLS, dont une partie pourrait hypothétiquement aider à financer l’atterrisseur lunaire de la compagnie. Mais les deux volets de leur stratégie pourraient ne pas se dérouler comme prévu. L’amendement, qui a été adopté par le Sénat et est débattu à la Chambre, a reçu de nombreuses critiques négatives. Et les plaintes adressées au GAO sont rarement couronnées de succès.

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L’offre de remise de 2 milliards de dollars de Bezos est le dernier effort de la société — et sans doute le plus désespéré — pour donner à la NASA une raison de choisir la proposition Blue Moon de Blue Origin. Mais ce n’est pas la première offre personnelle de Bezos. En 2019, à la suite d’une présentation de l’atterrisseur Blue Moon à Washington, Bezos a rencontré l’administrateur de la NASA de l’époque, Jim Bridenstine, au siège de l’agence pour lui proposer de payer 30% du coût de la mission de démonstration de l’atterrisseur lunaire de Blue Origin, soit environ 200 millions de dollars à l’époque.

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