Une étude publiée récemment montre un possible lien entre la prise de cannabis chez les adolescents et le développement de la dépression à l’âge adulte. Des résultats à prendre tout de même avec des pincettes.

Nul ne doute que la marijuana est l’une des drogues les plus consommées au monde. Alors que de plus en plus de pays légalisent son usage, nous connaissons encore peu de choses concernant ses effets sur le cerveau des adultes… et encore moins sur ceux en développement.

Des psychiatres de l’Université d’Oxford et de l’Université McGill à Montréal se sont intéressés à ses effets sur les adolescents. En analysant plus de 11 études internationales qui ont été effectuées à partir des années 90, ils ont examiné les données de 23’000 adolescents jusqu’à l’âge adulte.

Ils sont arrivés à la conclusion que l’usage de cannabis avant 18 ans augmente les chances d’apparition de la dépression de 37%. Pire encore, les risques d’envie de suicide seraient trois fois plus importants chez eux, alors que la prise de marijuana n’est pas forcément liée à l’anxiété. Mais les chercheurs ajoutent que ce dernier calcul est imprécis.

Au niveau de la population, les risques d’apparition de dépression et de pensées suicidaires ne sont que de l’ordre de 7%. Un chiffre modeste, mais qui n’est pas à négliger au vu du succès du cannabis chez les jeunes. Plus de 400’000 cas d’adolescents souffrant de dépression sont liés à la consommation de cannabis aux États-Unis.

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« Nos découvertes sur la dépression et le suicide sont très pertinentes pour la pratique clinique et la santé publique » déclare Andrea Cipriani, psychiatre à l’Université d’Oxford et co-auteur de l’étude. « Bien que l’ampleur des effets négatifs du cannabis puisse varier d’un adolescent à l’autre et qu’il soit impossible de prédire le risque exact pour chaque adolescent, l’usage généralisé du cannabis chez les jeunes générations en fait un problème de santé publique important ».

Il est important de préciser que ce n’est pas la première fois que des liens entre la dépression et le cannabis ont été démontrés, mais les précédentes études avaient été principalement réalisées sur des adultes.

Mais, tout comme pour cette recherche, elles ont toutes un inconvénient : il s’agit surtout de corrélations. Bien que le cannabis et la dépression soient souvent associés, cela ne signifie pas que le cannabis est une cause directe.

Chez les adolescents, la dépression peut par exemple être liée à l’abandon des études ou au chômage, ces derniers étant réellement des facteurs augmentant les risques de dépression. Mais encore, certains en consomment pour son côté « curatif » contre la dépression, un facteur pouvant significativement biaiser les résultats obtenus. De plus, pour des raisons éthiques, les précédentes études ont principalement été réalisées sur des animaux.

Mais au vu des nombreuses recherches qui ont démontré les effets négatifs de la marijuana sur le cerveau, les possibles risques de dépression causés par sa consommation ne sont pas à prendre à la légère.

Source : JAMA Psychiatry

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