Les insectes herbivores n’ont jamais été aussi voraces malgré le déclin de leurs populations, selon une étude

Les scientifiques s’inquiètent des conséquences que cela pourrait engendrer sur la biosphère.

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Les plantes et les insectes ont vécu dans une symbiose quasi parfaite pendant des milliers d’années, maintenant un subtil et crucial équilibre dans la biosphère. Au cours des dernières décennies, cet équilibre a été profondément troublé par l’influence anthropique, conduisant à un déclin sans précédent des populations d’insectes dans de nombreuses régions du monde. Paradoxalement, des chercheurs ont récemment découvert que malgré la diminution de leur nombre, les insectes n’ont jamais été aussi voraces qu’au cours de ce siècle : ils consomment beaucoup plus de plantes qu’au cours des 67 millions d’années passées. Nombre de facteurs, tels que le changement climatique, seraient en cause. Les scientifiques s’inquiètent des conséquences que cela pourrait engendrer sur la biosphère.

Les insectes représentent une grande portion de la biomasse terrestre, constituant la forme de vie la plus abondante sur Terre. Il y aurait près de 950 000 espèces d’insectes différentes. Étant donné que beaucoup d’entre eux n’ont pas encore été découverts ou n’ont pas encore été répertoriés dans des inventaires biologiques, les scientifiques estiment que le nombre d’espèces serait compris entre 8 et 100 millions.

Bien que souvent peu considérés à cause de leur apparence ainsi que de leur impact sur l’agriculture, les insectes jouent un rôle écosystémique majeur, dont la Terre ne peut se passer. Ils apportent en effet des services écosystémiques cruciaux autant sur terre (à la surface) que sous terre. Ils tiennent par exemple un rôle important dans la décomposition de la matière organique dans le sol, pour que les plantes puissent les assimiler. Plus la population d’insectes est biodiverse, plus les services qu’elle apporte le sont également. Hors du sol, les insectes assurent la pollinisation des plantes à fleurs et servent de nourriture à celles qui sont insectivores, ainsi qu’à de nombreux animaux (oiseaux, batraciens, reptiles, etc.).

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Au cours des milliers d’années d’évolution de la Terre, les insectes, les plantes et autres composants des écosystèmes ont vécu dans un équilibre subtil, chacun apportant un « service » aux autres. Bien qu’ils fissent preuve au cours de ces années d’une incroyable résilience, le réchauffement climatique actuel les a profondément affectés. De nombreuses études ont révélé que depuis la révolution industrielle, le nombre d’insectes aurait drastiquement diminué en raison de leur sensibilité à la hausse des températures et à la production agricole irrespectueuse de l’environnement. Si les insectes pollinisateurs venaient à disparaitre, la production alimentaire mondiale diminuerait de 30% en moyenne.

D’un autre côté, les plantes elles aussi ont dû adapter leurs cycles de floraison et de production aux températures en hausse. Dans certaines régions du globe, elles auraient tendance à fleurir plus tôt et à pousser plus vite, allongeant la saison de pollinisation et impactant de ce fait le cycle de vie des insectes (comprenant la reproduction, la migration, ou même l’hibernation dans certains cas).

Mais étrangement, des chercheurs de l’Université du Wyoming et du Maine (États-Unis) ont découvert que malgré la diminution de leur nombre, les insectes font plus de dégâts sur les plantes qu’au cours des 67 millions d’années passées. « La différence de dommages causés par les insectes entre l’ère moderne et les archives fossiles est frappante », indique dans un communiqué Lauren Azevedo-Schmidt, paléoécologiste de l’Université du Maine et auteure principale de la nouvelle étude. D’après les experts, ce phénomène serait étroitement lié aux changements induits par l’Homme dans les paysages naturels.

L’influence de l’Homme sur les paysages serait en cause

La nouvelle étude, publiée dans la revue PNAS, expose des données comparatives entre les dommages causés par les insectes sur les plantes modernes et ceux constatés dans les archives de feuilles fossilisées du Crétacé supérieur au Pléistocène. « Notre travail comble le fossé entre ceux qui utilisent des fossiles pour étudier les interactions plantes-insectes au fil du temps et ceux qui étudient ces interactions dans un contexte moderne avec des feuilles fraîches », explique Azevedo-Schmidt.

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Des dommages plus importants ont été constatés au niveau des feuilles modernes, par rapport à celles fossilisées. D’après les chercheurs, même si les véritables causes ne sont pas encore connues, l’hypothèse la plus probable serait l’influence des activités humaines, surtout depuis la révolution industrielle. De plus, des analyses d’herbiers ont démontré que les plantes des années 2000 présentaient beaucoup plus de traces de consommation (23%) par les insectes que celles datant des années 1900.

Ces dates sont cohérentes avec la tendance du réchauffement planétaire, mais cela ne pourrait expliquer complètement le changement de comportement des insectes. Les chercheurs de la nouvelle étude ont alors émis d’autres hypothèses liées à d’autres perturbations, telles que l’introduction d’espèces exotiques et/ou envahissantes, l’urbanisation et toutes infrastructures (routes, ponts, ports, …) fragmentant et perturbant les écosystèmes.

Les conséquences de ce changement de comportement pourraient être dramatiques, mais les chercheurs estiment que plus de recherches sur le long terme sont encore nécessaires pour comprendre complètement le phénomène et en anticiper les impacts éventuels. « Cette recherche suggère que la force de l’influence humaine sur les interactions plantes-insectes n’est pas contrôlée uniquement par le changement climatique, mais plutôt par la manière dont les humains interagissent avec le paysage terrestre », concluent les chercheurs.

Source : PNAS

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