Tandis que de plus en plus de données cliniques sont recueillies par les médecins traitants les patients infectés par le coronavirus SARS-CoV-2 à travers le monde, l’amplitude et la diversité des symptômes associés à l’infection commencent à être mieux connus. Des études cliniques récentes ont notamment mis en lumière la sévérité et la fréquence des symptômes neurologiques qui, dans certains cas, peuvent déboucher sur d’importantes lésions cérébrales.

Un nombre croissant de recherches montre que la COVID-19 est liée à des lésions cérébrales potentiellement mortelles et à des problèmes neurologiques. Selon une étude publiée dans la revue Brain, certains patients atteints de coronavirus souffrent d’inflammation cérébrale accompagnée d’épisodes de délire.

D’autres patients développent des troubles du système nerveux comme le syndrome de Guillain-Barré qui peuvent provoquer une paralysie, tandis que certains ont des accidents vasculaires mortels. « Nous voyons des choses dans la façon dont la COVID-19 affecte le cerveau que nous n’avions jamais vues auparavant avec d’autres virus », déclare Michael Zandi. Les chercheurs ont découvert que les symptômes neurologiques n’étaient pas limités aux patients souffrant de cas graves (ceux qui nécessitent une ventilation ou de l’oxygène supplémentaire).

Troubles neurologiques et cas de délires

Les auteurs de l’étude ont examiné 43 patients atteints du coronavirus âgés de 16 à 85 ans. Tous ont été traités au National Hospital for Neurology and Neurosurgery de Londres entre le 9 avril et le 15 mai. Dix de ces patients présentaient un gonflement sévère de leur cerveau qui était accompagné d’épisodes de délire. Une femme de 55 ans sans antécédent psychiatrique, a commencé à agir bizarrement trois jours après sa sortie de l’hôpital, selon son mari.

Elle a enfilé et enlevé son manteau à plusieurs reprises, puis a commencé à avoir des hallucinations auditives et visuelles, notamment en disant qu’elle pouvait voir des lions et des singes chez elle. Ensuite, la patiente a développé un syndrome de Capgras, un trouble psychiatrique dans lequel une personne pense qu’un ami ou un membre de la famille a été remplacé par un imposteur identique.

Des lésions cérébrales indépendantes de la sévérité de l’atteinte pulmonaire

Une autre douzaine de patients observés dans l’étude présentaient un gonflement de leur système nerveux central ; une personne de ce groupe est décédée. Neuf de ces 12 patients ont été diagnostiqués avec une encéphalomyélite aiguë disséminée (ADEM), un type rare d’inflammation qui attaque généralement les nerfs du cerveau et de la moelle épinière des enfants après une infection comme les oreillons ou la rougeole.

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Scanners montrant un infarctus cérébral et une thromboembolie pulmonaire (patient 27, A-D), ainsi que des microhémorragies (patient 41, E-H). Crédits : Ross W. Paterson et al. 2020

Les auteurs de l’étude ont indiqué que le nombre de cas d’ADEM à l’hôpital était passé d’un par mois avant la pandémie de coronavirus à deux ou trois par semaine en avril et mai. Sept autres patients de l’étude ont reçu un diagnostic de syndrome de Guillain-Barré ; certains ont développé des symptômes neurologiques jusqu’à trois semaines après leurs autres symptômes. Dans l’ensemble, les chercheurs ont découvert que les conditions neurologiques mettant la vie en danger n’étaient pas nécessairement liées à des symptômes respiratoires graves chez les patients.

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Huit patients de l’étude — dont une femme de 27 ans présentant de légers symptômes de coronavirus — ont eu des accidents vasculaires cérébraux causés par des caillots sanguins dans leur cerveau. D’autres recherches récentes ont également révélé que même les jeunes patients présentant des cas légers de COVID-19 pouvaient présenter des complications liées à la formation de caillots sanguins comme des accidents vasculaires cérébraux.

AVC et apparition retardée des symptômes neurologiques

En avril, un groupe de médecins à New York a signalé que cinq patients atteints de coronavirus dans la trentaine et la quarantaine, dont la plupart n’avaient pas d’antécédents médicaux, avaient subi des AVC mettant leur vie en danger et devaient se rendre à l’hôpital. De même, une étude portant sur 214 patients dans trois hôpitaux de Wuhan a révélé que 36% présentaient des symptômes neurologiques tels que des troubles de la conscience ou des maladies cérébrovasculaires, y compris des accidents vasculaires cérébraux. Cette recherche n’est cependant pas encore évaluée par des pairs.

L’équipe de Zandi et d’autres chercheurs craignent que certains problèmes de lésions cérébrales ne se manifestent pas pendant un certain temps après que les patients ont quitté l’hôpital. Ceci est similaire à un phénomène observé dans les décennies qui ont suivi la pandémie de grippe espagnole de 1918 : entre 1917 et les années 1930, plus d’un million de personnes ont reçu un diagnostic d’encéphalite léthargique, ou « la maladie du sommeil ». Le trouble, causé par un gonflement du cerveau, a entraîné une somnolence excessive et une neurodégénérescence sévère qui ont rendu certains patients handicapés.

Sources : Brain

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