Le minage de bitcoins sera-t-il interdit en Europe dans le but de respecter l’accord de Paris sur le climat ?

Les régulateurs suédois en tout cas, le souhaitent.

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| ESA/NASA/Shutterstock/Trust My Science
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Le plus grand défaut d’une cryptomonnaie, une fois atteint un certain nombre de , est la quantité d’énergie nécessaire au maintien de sa blockchain — qui englobe l’historique de la totalité des échanges effectués depuis ses débuts. Chaque transaction doit être « validée mathématiquement » avant d’être ajoutée à la blockchain (minage, ou extraction), qui dans le cas du bitcoin pèse à ce jour plus de 380 Gb (soit environ 150 films HD). Le minage de bitcoin devient donc particulièrement énergivore. Pour cette raison, les régulateurs suédois estiment qu’il est temps d’agir drastiquement en interdisant son extraction, et celle de toute autre « cryptomonnaie énergivore », en Europe.

C’est la suggestion des autorités suédoises, qui craignent que cette activité ne finisse par devenir un frein incontrôlable contribuant à rendre les objectifs liés à l’accord de Paris sur le climat inatteignables. Pour rappel, l’accord de Paris vise à s’engager, principalement par des restrictions et régulations industrielles, à ne pas dépasser le seuil des 2 °C d’augmentation des températures globales par rapport aux niveaux préindustriels.

Erik Thedéen, directeur de l’autorité suédoise de surveillance financière, et Björn Risinger, directeur de l’agence suédoise de protection de l’environnement, ont déclaré que la hausse de la consommation d’énergie des cryptomonnaies menaçait la capacité de la Suède à respecter ses obligations dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.

Et leurs inquiétudes sont justifiées par le fait qu’entre avril et août 2021, la consommation d’énergie liée à l’exploitation minière du bitcoin dans le pays a augmenté de plusieurs centaines de pour cent. La consommation électrique totale est désormais équivalente à celle de 200 000 foyers !

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Un système non optimisé qui inquiète

Ce que les régulateurs suédois pointent du doigt, c’est le système de « preuve de travail » utilisé pour miner de nombreuses cryptomonnaies, dont le Bitcoin et l’Ether, les deux plus grandes cryptomonnaies. Dans le cadre du système de preuve de travail, les ordinateurs doivent résoudre des énigmes mathématiques afin de valider les transactions qui ont lieu sur un réseau donné. Ce processus est conçu pour devenir de plus en plus difficile à mesure que le nombre de blocs de transactions validées dans la chaîne augmente, ce qui signifie qu’une plus grande puissance de calcul (et donc d’énergie) est nécessaire.

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Dans une lettre ouverte, les directeurs des principaux régulateurs financiers et environnementaux suédois ont demandé l’interdiction, à l’échelle de l’UE, de l’extraction de cryptomonnaies « proof of work », l’arrêt de la création de nouvelles opérations d’extraction de cryptomonnaies en Suède et l’interdiction pour les entreprises qui négocient et investissent dans des cryptomonnaies de décrire leurs activités commerciales comme durables sur le plan environnemental.

Ces derniers mois, les pays nordiques ont connu une hausse de l’exploitation minière de cryptomonnaies, les producteurs attirés par la baisse des prix de l’énergie et une relative abondance d’électricité renouvelable ayant fui la répression de l’industrie par la Chine. La croissance de l’exploitation minière de cryptomonnaies entraîne un coût d’opportunité, car l’énergie renouvelable de la Suède est détournée des utilisations industrielles, de transport et domestiques, pour être utilisée dans le bitcoin et d’autres jetons.

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« Il est actuellement possible de conduire une voiture électrique de taille moyenne sur 1,8 million de kilomètres en utilisant la même énergie qu’il faut pour extraire un seul bitcoin », ont déclaré Thedéen et Risinger. Et ce n’est pas ainsi qu’ils pensaient que leur énergie renouvelable allait être utilisée. Mettre un terme à ces activités semble pour eux être la seule solution viable afin de ne pas freiner leurs efforts liés au climat.

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