De nouveaux dessins géants intrigants découverts dans le désert de Nazca

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Figure humaine trouvée au sud du Pérou, attribuée au peuple Nazca. | Yamagata University
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Le peuple de Nazca est devenu célèbre à l’époque moderne pour ses techniques d’irrigation avancées et ses géoglyphes dans le désert au sud du Pérou. Récemment, des chercheurs ont découvert 168 nouveaux géoglyphes sur la pampa de Nazca et ses environs. Mais leur signification reste un mystère à percer.

Situés dans la plaine côtière aride du Pérou, à 400 km au sud de Lima, les géoglyphes de Nazca couvrent environ 450 km². Ces lignes, tracées à la surface du sol entre 500 av. J.-C. et 500 apr. J.-C., comptent parmi les plus grandes énigmes de l’archéologie en raison de leur quantité, nature, taille et continuité. Malheureusement, comme le souligne un archéologue péruvien au Guardian, les scientifiques n’ont trouvé que 5% de toutes les lignes de Nazca dans le désert.

La concentration et la juxtaposition des lignes, ainsi que leur continuité culturelle, démontrent qu’il s’agissait d’une activité importante et durable, d’environ mille ans. Une étude approfondie des géoglyphes et une comparaison avec d’autres manifestations de formes d’art contemporain suggèrent qu’ils peuvent être divisés chronologiquement de la formation moyenne et tardive (500 av. J.-C. à 200 apr. J.-C.) à la période de développement régional (200 à 500 apr. J.-C.), mettant en évidence la phase Paracas (400 à 200 av. J.-C.) et la phase Nazca (200 av. J.-C. à 500 apr. J.-C.).

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Récemment, un groupe de chercheurs dirigé par le professeur Masato Sakai, (Yamagata University, Cultural Anthropology and Andean Archaeology), en collaboration avec l’archéologue péruvien Jorge Olano, a découvert 168 nouveaux géoglyphes d’humains, de camélidés, d’oiseaux, d’épaulards, de félins et de serpents sur la Nazca Pampa et près de la ville de Nazca.

Des lignes récentes découvertes par drone

Les scientifiques expliquent, dans un communiqué, que les relevés de terrain utilisant des photos aériennes haute résolution et des images de drones (de juin 2019 à février 2020) ont conduit à la découverte de ces 168 géoglyphes. Leur ajout aux 190 géoglyphes découverts jusqu’en 2019 donne un total de 358 géoglyphes. Ces lignes dateraient d’entre 100 av. J.-C. et 300 apr. J.-C.

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De gauche à droite, et de haut en bas, on trouve une figure d’oiseau, de serpent, de chat et d’homme, parmi les géoglyphes découverts au sud du Pérou. © Yamagata University

Il faut savoir que les lignes de Nazca sont des dessins réalisés au sol en déplaçant des pierres et de la terre afin de créer une image « négative ». Avec le temps, les pierres qui jonchent le désert se sont oxydées et patinées, se parant d’une intense couleur rouille. Lorsque l’on enlève la couche rocheuse supérieure sur 30 à 38 cm de profondeur, du sable clair — qui contraste fortement avec le paysage environnant — apparaît. La pluie et le vent étant rares dans le désert et l’érosion quasi inexistante, les dessins ainsi exposés sont en grande partie restés intacts pendant 500 à 2000 ans.

Ainsi, les recherches actuelles suggèrent qu’il existe deux types de géoglyphes : un type linéaire et un type en relief. Parmi les géoglyphes découverts dans cette étude, seuls cinq sont du premier type, tandis que 163 sont du second type. La plupart des géoglyphes de ce dernier type sont petits (moins de 10 mètres de diamètre).

Pourquoi de telles lignes ?

Récemment, deux chercheurs, David Johnson et Steve Mabee, ont avancé une théorie selon laquelle les géoglyphes pourraient être liés à l’eau. La plaine de Nazca est l’un des endroits les plus secs de la planète, recevant moins de 2,5 cm de pluie par an. Johnson, tout en recherchant des sources d’eau dans la région, a remarqué que d’anciens aqueducs, appelés « puquios », semblaient connectés à certaines des lignes. Johnson pense que les formes peuvent être une carte géante des sources d’eau souterraines tracées sur le terrain.

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Une autre théorie suggère une utilisation culturelle et religieuse pour des sacrifices. En effet, un corps sans tête récemment découvert suggère que le sacrifice humain était utilisé par le peuple de Nazca lors de cérémonies religieuses. Christina Conlee de la Texas State University, dans un article de Current Anthropology, déclare que : « le sacrifice humain et la décapitation faisaient partie de rituels puissants qui auraient apaisé les peurs en invoquant les ancêtres pour assurer la fertilité et la continuation de la société Nazca ». Le corps est l’un des huit trouvés dans la région de Nazca, enterré assis sans tête.

Les lignes de Nazca ne sont pas les seules figures étranges d’Amérique du Sud. En effet, à environ 1368 kilomètres au sud se trouve la plus grande figure humaine du monde posée sur le flanc de la montagne solitaire au Chili. Le géant d’Atacama mesure 119 m de haut et est entouré de lignes similaires à celles de Nazca.

Quoi qu’il en soit, l’Université de Yamagata, en collaboration avec le centre de recherche IBM TJ Watson, mène une étude basée sur l’utilisation de l’intelligence artificielle afin d’explorer plus profondément la distribution des géoglyphes Nazca. En intégrant plus de données à l’IA, les chercheurs espèrent clarifier les schémas de distribution des géoglyphes. Les résultats de cette recherche seront également utilisés pour les activités de conservation des géoglyphes.

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