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Des médecins spécialistes des grands brûlés du Massachusetts General Hospital (MGH), ont annoncé avoir utilisé avec succès de la peau de porc génétiquement modifié (xénogreffe) à cellules vivantes pour la fermeture temporaire d’une plaie de brûlure. Une première dans le domaine. Grâce à un essai clinique de phase 1 approuvé par la FDA, cette procédure marque la première greffe de tissu de porc dérivé d’un animal soumis à la modification d’un gène, directement sur une plaie humaine.

Les peaux cadavériques humaines (ou allogreffes) obtenues à partir de banques de peau nationales constituent un traitement standard contre les brûlures profondes du deuxième et troisième degrés, afin de fermer temporairement les plaies de brûlures de grande ampleur. La peau cadavérique, comme d’autres organes, est souvent sujette à des pénuries nationales, coûteuse, et nécessite de faire appel à des banques de tissus strictement réglementées.

La peau cadavérique laisse au patient le temps de se stabiliser et protège la plaie sous-jacente pendant que ce dernier attend la fermeture définitive de la plaie, avec sa propre peau.

Pour remédier à ces problèmes, le MGH a collaboré avec XenoTherapeutics, une entreprise de Boston (États-Unis) spécialisée dans le domaine. XenoTherapeutics a conçu et mis en œuvre les protocoles de sécurité pour le greffon de tissu à cellules vivantes de porc, baptisée “Xenoskin”.

Élimination d’un gène afin de rendre la peau plus compatible avec l’être humain

Les modifications génétiques apportées à ces porcs en particulier — mises au point dans les années 1990 à l’Hôpital MGH par David Sachs — éliminent un gène spécifique des porcs (non présent chez l’Homme), permettant ainsi à la peau de l’animal d’apparaître moins étrangère au système immunitaire humain.

Au cours de la procédure, un morceau de peau de porc génétiquement modifié a été placé sur la brûlure du receveur, après que celle-ci eut été débarrassée du tissu nécrotique. Le greffon cutané de porc a été placé à côté d’un morceau de peau cadavérique beaucoup plus grand, et les deux ont ensuite été liés avec des agrafes chirurgicales et des bandages. Cinq jours plus tard, les chirurgiens ont retiré la peau cadavérique et la xénogreffe temporaires.

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Les deux greffons de peau adhéraient au lit sous-jacent de la plaie et ne semblaient pas présenter de différences. Aucun effet indésirable n’a été observé ni rapporté. La plaie a finalement été traitée avec un greffon cutané prélevé sur la cuisse du patient. La guérison a progressé comme prévu et le patient sera bientôt complètement rétabli.

L’analyse du comité d’examen de la sécurité de l’essai — un comité indépendant chargé de garantir la sécurité des patients, ainsi que les résultats obtenus par un laboratoire indépendant accrédité enregistré auprès de la FDA, ne montrent aucune transmission de rétrovirus endogènes porcins (ou PERV), qui ont pourtant toujours été un obstacle théorique pour la transplantation de tissus ou d’organes de porc chez des receveurs humains.

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« Ce n’est pas l’essai clinique en soi qui est si ahurissant et intriguant pour moi ; c’est plutôt ce qu’il représente », a déclaré Jeremy Goverman, chirurgien au MGH et qui a dirigé l’étude. « Ce petit pas que nous avons fait aujourd’hui représente un nombre considérable d’heures consacrées à des décennies de recherche dans une multitude de domaines, comprenant la biologie de la transplantation, l’immunologie et le génie génétique. De plus, les progrès rapides de la technologie de modification génétique ouvrent une nouvelle voie pour la modification génétique du porc (une peau qui n’est pas rejetée), ce qui représente le prochain chapitre des normes de soins pour les patients brûlés et transplantés ».

« Nous avons pris une mesure modeste mais sans précédent pour faire passer la xénotransplantation de la théorie à la thérapie, une démarche qui, nous l’espérons, fera progresser ce domaine prometteur de la médecine et profitera aux patients du monde entier », a déclaré Paul Holzer, PDG de XenoTherapeutics. « Nos plus sincères remerciements vont au Dr Goverman, aux chirurgiens, au personnel infirmier et aux coordinateurs des essais cliniques du MGH pour leur aide collective dans la réalisation de ces premiers résultats très encourageants ».

Source : Massachusetts General Hospital

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