Près de 15% de la population mondiale aurait contracté la maladie de Lyme au moins une fois

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C’est la conclusion d’une méta-analyse reposant sur près de 90 études scientifiques traitant des taux d’infection à Borrelia burgdorferi, le type de bactérie à l’origine de la maladie. Les chercheurs qui se sont livrés à cette analyse rapportent une séroprévalence mondiale de 14,5%. Ils dressent également le profil « type » des individus les plus susceptibles d’être infectés.

La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, sévit principalement dans l’hémisphère nord, mais touche également certaines régions de l’hémisphère sud. L’expression Borrelia burgdorferi désigne en fait deux entités bactériennes : l’espèce Borrelia burgdorferi stricto sensu, et un complexe bactérien regroupant une trentaine d’espèces, dont au moins quatre sont responsables de la maladie de Lyme, appelé Borrelia burgdorferi sensu lato. La maladie est transmise à l’Homme par une piqûre de tique infectée — plus précisément par l’espèce Ixodes ricinus en Europe.

La manifestation clinique la plus courante de la borréliose de Lyme est un érythème migrant (une rougeur qui s’étend progressivement en cercle depuis le site de la piqûre). L’infection peut ensuite toucher d’autres tissus et organes, entraînant des troubles articulaires, neurologiques ou cutanés. Pour mieux comprendre l’épidémiologie mondiale de cette maladie au cours des dernières décennies, une équipe de l’Institut de médecine tropicale de l’Université médicale de Kunming, en Chine, s’est penchée sur sa séroprévalence globale et ses caractéristiques sociodémographiques.

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L’Europe centrale est la région la plus touchée

Dans le cadre de leur analyse, ils ont passé au crible plusieurs sources d’études scientifiques, telles que PubMed, Embase ou Web of Science, afin de collecter toutes les recherches incluant les mots-clés « Borrelia burgdorferi sensu lato » et « taux d’infection ». Sur les 4196 études extraites, 89 ont été retenues pour être incluses dans la méta-analyse (regroupant plus de 158 000 individus au total). Après lecture attentive de ces recherches, il ressort de cela que la séroprévalence mondiale de l’infection à Borrelia burgdorferi sensu lato est de 14,5%.

« Il s’agit de la revue systématique la plus complète et la plus à jour de la séroprévalence mondiale de Borrelia burgdorferi sensu lato », soulignent les chercheurs. Sans surprise, certaines régions sont davantage touchées que d’autres, l’Europe centrale en tête, avec une prévalence de 20,7%. Elle est suivie par l’Asie de l’Est (15,9%) et l’Europe occidentale (13,5%). Les régions les moins touchées sont les Caraïbes et l’Australie, avec un taux de séropositivité respectif de 2% et 4,1%.

L’équipe précise que la plupart des résultats sérologiques ont été confirmés par Western blot — une méthode de laboratoire utilisée pour détecter des molécules spécifiques parmi un mélange de molécules. Cette étude a d’ailleurs révélé que cette méthode donne des résultats beaucoup plus fiables qu’un test sérologique simple.

séroprévalence borréliose
Prévalence des anticorps anti-IgG et anti-IgM spécifiques contre Borrelia burgdorferi sensu lato parmi les études ayant rapporté une séropositivité confirmée par Western blot (WB), par rapport à une séropositivité non confirmée par WB. © Y. Dong et al.

Les 58 études qui ont utilisé la confirmation WB pour déterminer la séropositivité à Borrelia burgdorferi sensu lato ont ensuite été exploitées pour analyser les facteurs prédictifs de l’infection. Ces études ont été menées dans 28 pays et ont été publiées entre 1999 et 2021.

Les facteurs associés à une séropositivité accrue sont : l’âge (les individus âgés de 50 ans et plus sont les plus touchés), le sexe (les hommes sont plus touchés, car sont plus susceptibles que les femmes de s’engager dans des professions à risque), le lieu de résidence (les zones rurales étant davantage propices à la présence de tiques) et évidemment, le fait de subir des morsures de tiques. Le taux de séropositivité pour les personnes considérées à haut risque (agriculteurs, ouvriers, policiers, militaires et tout individu en contact régulier avec des animaux hôtes) s’élève à 14,7%, tandis que celui de la population générale est de 5,7%.

Une prévalence en augmentation

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L’équipe a noté par ailleurs que la prévalence de l’infection à Borrelia burgdorferi sensu lato était plus élevée après 2011 : le taux de séropositivité est passé de 8,1% (sur la période 2001-2010) à 12,2% (sur la période 2011-2021). « Cela peut être lié aux changements écologiques et aux facteurs anthropiques, tels que des étés plus longs et des hivers plus chauds, des changements dans les précipitations pendant les mois secs, la migration des animaux, la fragmentation des terres arables et du couvert forestier en raison des activités humaines et la prévalence des activités de plein air », expliquent les chercheurs.

séroprévalence groupes individus
Estimation de la séroprévalence de Borrelia burgdorferi sensu lato dans différents groupes de populations humaines dans les pays signalés. Plus la couleur est foncée, plus la séroprévalence est élevée ; les zones grises représentent les pays ne signalant aucune séroprévalence. (A) Population générale, (B) population à haut risque, (C) population ayant subi des piqûres de tiques, (D) population présentant des symptômes semblables à la borréliose de Lyme. © Y. Dong et al.

Depuis son identification en 1975, la borréliose de Lyme est devenue la maladie zoonotique transmise par les tiques la plus répandue dans le monde. À savoir que l’infection est souvent sans symptôme, mais peut parfois provoquer des symptômes très invalidants, tels que des douleurs articulaires ou une paralysie partielle des membres. Lorsque la maladie est diagnostiquée rapidement, un traitement antibiotique suffit à stopper l’infection. Sans aucun traitement, des troubles peuvent apparaître plusieurs mois, voire plusieurs années après la morsure.

Les tiques vivent dans les zones boisées et humides (tapis de feuilles mortes, broussailles, etc.), les herbes hautes des prairies, les jardins et les parcs forestiers ou urbains. En France, les contaminations humaines se font plus fréquentes entre le début du printemps et la fin de l’automne, ce qui correspond à la période d’activité maximale de ces acariens. Une tique accrochée à la peau doit être retirée le plus rapidement possible, car le risque de contamination augmente avec la durée de contact. Une fois la tique retirée et la zone désinfectée, il est recommandé de surveiller le site de la piqûre pendant un mois.

Source : Y. Dong et al., BMJ Global Health

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