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Les cyclones, ouragans, tempêtes tropicales et autres typhons font partie des phénomènes météorologiques les plus violents. Si certains passent loin des terres habitées, d’autres sont responsables de pertes humaines massives et d’importants dégâts matériels. Toutefois, si la température des océans venait à augmenter drastiquement, un phénomène encore plus inquiétant pourrait émerger : les hypercyclones.

Les hypercyclones (hypercane en anglais, contraction de hyper et de hurricane), sont un phénomène météorologique hypothétique faisant partie des tempêtes tropicales extrêmes.

Pour donner naissance à un hypercyclone, la température des océans doit être nettement supérieure à celle d’aujourd’hui. Selon Kerry Emmanuel, météorologiste au MIT et chercheur à l’origine de l’hypothèse, la température des océans devrait au moins atteindre 49 °C, soit 15 °C de plus que le plus chaud des océans actuels.

Le réchauffement climatique ne pourrait à lui seuil entraîner une telle augmentation ; ou alors, ce dernier devrait être particulièrement intense. D’après Emmanuel, cela nécessiterait un événement relativement catastrophique pour conduire à une telle augmentation des températures. L’impact d’un astéroïde géocroiseur, l’éruption d’un super-volcan ou encore une importante coulée de lave basaltique sous-marine sont de possibles causes.

La formation d’un hypercyclone est due au différentiel de température entre la surface océanique et les couches supérieures de la troposphère. Tandis que l’air est aspiré vers le centre, il acquiert une chaleur latente réémise par chaleur sensible au sommet de la tempête. L’excès d’énergie est dissipé dans la couche limite turbulente près de la surface, aboutissant à un équilibre structurel. Dans le cas où le différentiel de température serait trop important, la dissipation de l’énergie ne pourrait compenser la chaleur entrante, et l’hypercyclone s’effondrerait.

comparaison taille cyclone

Comparaison entre la taille de l’ouragan Irma (2017) et celle d’un hypothétique hypercyclone. Crédits : Antonio Paris

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Bien que le phénomène soit encore théorique, des simulations effectuées par Emmanuel et ses collègues ont permis d’établir quelques caractéristiques d’un hypercyclone. Avec des vents pouvant atteindre 800 km/h, une pression interne inférieure à 70 kPa et une extension verticale jusque dans la haute stratosphère (entre 30 et 40 km d’altitude), un hypercyclone serait un phénomène extrêmement violent et stable.

Tandis que la base systémique d’un hypercyclone pourrait avoir le diamètre de l’Amérique du Nord, des vagues de plus de 18 mètres de haut et de 300 km de long accompagneraient l’ensemble, endommageant la couche d’ozone par réaction entre les molécules d’eau et l’ozone stratosphérique (conversion de l’ozone en oxygène). Les eaux océaniques pourraient mettre plusieurs semaines à refroidir, donnant naissance à de nombreux hypercyclones.

Bien que les conditions actuelles sur Terre ne permettent pas la formation d’hypercyclones, Emmanuel et d’autres chercheurs ont proposé que des hypercyclones produits par l’impact d’un astéroïde géocroiseur il y a environ 65 millions d’années, auraient pu contribuer à l’extinction des dinosaures non-aviens.

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