320 Partages

Parmi les phénomènes météorologiques les plus atypiques, les pluies d’animaux ont fortement marqué l’histoire. Nombreux sont les témoignages d’averses impliquant des chutes de grenouilles, de poissons ou d’oiseaux. Aujourd’hui, même si les scientifiques proposent des hypothèses quant aux mécanismes sous-tendant ces phénomènes, certaines zones d’ombre perdurent encore.

Depuis la période antique jusqu’à aujourd’hui, divers cas de pluies d’animaux ont été rapportés dans la littérature. De nombreuses mentions y sont faites dans les textes grecs et romains, ainsi que dans des écrits religieux comme la Bible. Le phénomène prend ainsi rapidement un aspect ésotérique ou divin et donne lieu à l’installation de certaines croyances ; par exemple, au Moyen-Âge, l’on pense que les poissons naissent et grandissent dans les cieux avant de retomber à la surface.

À partir du 16ème siècle, les témoignages deviennent plus fiables, plus précis et bénéficient de descriptions plus rigoureuses. Des centaines de rapports vont ainsi être consignés durant plusieurs siècles et partout à travers le monde. Des pluies de souris en Norvège (Bergen, 1578) aux pluies de crapauds en Angleterre (Acle, 1625), en passant par les pluies de grenouilles au Massachusetts (1953), les pluies de crevettes en Australie (Nouvelle-Galles du Sud, 1978) ou les pluies de tourterelles en Italie (Faenza, 2011), les observations sont nombreuses.

Dès les premiers témoignages, plusieurs hypothèses fleurissent. Pour l’Église, le phénomène est un signe de punition divine. C’est ainsi qu’il est décrit dans la Bible comme l’une des dix plaies d’Égypte (pluie de grenouilles).

Certains savants proposent que les animaux n’ont pas toujours besoin d’être enfantés par des parents et qu’ils peuvent être spontanément créés dans les cieux, où les conditions sont propices aux réactions biologiques nécessaires. D’autres avancent que les œufs sont transportés dans les nuages par évaporation avant d’éclore.

Il faut attendre le 19ème siècle pour que les scientifiques commencent à considérer sérieusement les pluies d’animaux. Le physicien et chimiste français André-Marie Ampère est le premier à proposer une explication scientifique. Il avance qu’à certaines périodes de l’année, les batraciens (grenouilles et crapauds) se déplacent en groupe et peuvent donc être capturés par de puissants coups de vents et être relâchés plus loin depuis une certaine altitude.

Vidéo montrant la formation et l’évolution de deux trombes marines dans le lac Michigan :

Les chercheurs avancent aujourd’hui l’hypothèse probable des trombes marines. Des tornades composées d’air et d’eau prenant naissance à la surface d’étendues aquatiques (mares, fleuves, océans, etc) assez puissantes pour piéger les animaux. Dans certains cas, une trombe peut totalement assécher une étendue d’eau et capturer tous ses habitants. Au sein de la colonne d’air, les animaux sont amenés en altitude puis retombent lors d’orages et d’averses. Ces pluies d’animaux peuvent être accompagnés de précipitations classiques ou non.

Sur le même sujet : Que sont les pluies de sang ?

Extrait d’un documentaire concernant les pluies d’animaux, montrant comment les trombes marines se forment et peuvent capturer puis transporter des poissons :

Dans la plupart des cas, les animaux sont retrouvés vivants au sol ou gelés (emprisonnés dans la glace). Le fait de retrouver des poissons vivants après la pluie indique que ces phénomènes doivent être brefs et se produire sur de courtes distances. Concernant les oiseaux, l’hypothèse majoritaire est la rencontre en altitude de groupes d’oiseaux avec une tornade, événement souvent fatal pour les volatiles qui retombent alors en masse et le plus souvent morts ou déchiquetés. Les collisions entre groupes d’oiseaux sont aussi possibles.

Cependant, les pluies d’animaux ne concernent généralement qu’une seule espèce. Aucun témoignage n’a fait état de plusieurs espèces d’animaux lors d’un même phénomène. Actuellement, les scientifiques ne comprennent pas comment un tel processus de « sélection » peut se produire. Les oiseaux se déplaçant en règle générale par groupe d’une même espèce, cela pourrait expliquer le phénomène. Pour les autres animaux, la question est toujours en suspens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share via
320 Partages
320 Partages