Découverte d’un réseau de zones cérébrales commun à 6 maladies psychiatriques

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Il n’est pas rare de lire que les tueurs en série présentent plusieurs troubles psychiatriques simultanément. Mais même sans être un serial killer, les personnes souffrant de troubles mentaux, même légers, peuvent présenter des critères sous-tendant plusieurs maladies. C’est pourquoi des chercheurs américains ont mené l’enquête et découvert un réseau commun de zones cérébrales induisant plusieurs maladies mentales. Une percée non négligeable dans la compréhension de ce fléau et pour le développement de futurs traitements et thérapies.

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 25% de la population mondiale est concernée à un moment ou un autre de sa vie par un trouble mental. D’ailleurs, les troubles psychiques sont au 3e rang des maladies les plus fréquentes après le cancer et les maladies cardiovasculaires.

En France, on estime qu’une personne sur cinq est touchée chaque année par un trouble psychique, soit 13 millions de Français. En septembre 2021, 47% présentaient des symptômes dépressifs et 1 Français sur 4 des symptômes modérés à sévères.

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Il faut savoir que l’expression maladie mentale ou psychiatrique, également appelée trouble de la santé mentale ou trouble psychiatrique, fait référence à un large éventail de problèmes de santé mentale. Il s’agit d’une perturbation cliniquement significative, et plus ou moins sévère, de la cognition — la façon de penser —, de la régulation émotionnelle ou du comportement d’un individu. On peut citer la dépression, les troubles anxieux, la schizophrénie, les troubles de l’alimentation et les comportements addictifs.

Or, les chercheurs ont remarqué un chevauchement des symptômes et des critères entre plusieurs maladies psychiatriques, ce qui laisse suggérer une origine étiologique commune. Récemment, des scientifiques du Brigham and Women’s Hospital ont étudié quatre ensembles de données neurologiques et psychiatriques préexistants et accessibles au public. Ils ont identifié un réseau de zones cérébrales sous-jacentes aux maladies psychiatriques. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature Human Behavior.

6 troubles mentaux partageant une origine cérébrale commune

Les chercheurs se sont intéressés à 6 troubles mentaux en particulier : la dépression, l’anxiété, la schizophrénie, le trouble bipolaire, la toxicomanie et le trouble obsessionnel compulsif (TOC). Pour établir les points communs, ils ont analysé un ensemble de données cérébrales structurelles provenant de plus de 15 000 témoins sains ainsi que de patients diagnostiqués avec l’un ou l’autre des troubles mentaux cités.

Ils ont alors constaté une diminution de la matière grise dans le cingulaire antérieur, une région associée aux émotions, et dans l’insula — liée à la conscience de soi. Ces deux régions du cerveau sont couramment associées aux maladies psychiatriques. Cependant, seulement un tiers des études ont montré une diminution de la matière grise dans ces régions. De plus, les maladies neurodégénératives ont également montré des diminutions de matière grise dans ces mêmes régions.

Pour éclaircir leurs observations entre maladies psychiatriques et neurodégénératives, ils les ont comparées à une carte existante des connexions cérébrales humaines, le connectome. Ils ont alors découvert un réseau spécifique aux diminutions de matière grise, commun à tous les diagnostics de maladies mentales. Ils nomment alors ce réseau « transdiagnostique ».

Dommages physiques et troubles psychiatriques

Par suite, les auteurs ont étudié les dossiers médicaux de 194 anciens combattants de la guerre du Vietnam, qui avaient une blessure physique au cerveau, afin de tester et déterminer si les problèmes de santé mentale étaient bien liés à ces zones spécifiques du cerveau.

Concrètement, les chercheurs ont superposé les lésions sur le réseau transdiagnostique qu’ils ont établi et ont découvert que les dommages induits par les blessures dans le réseau étaient corrélés à une probabilité plus élevée de troubles psychiatriques multiples. De plus, à partir des lésions observées, ils ont construit un nouveau réseau, qui étonnamment s’est révélé très semblable au premier (basé sur l’atrophie de la matière grise), bien qu’il ait été dérivé d’un ensemble de données complètement différent.

Joseph J. Taylor, MD, PhD, directeur médical de la stimulation magnétique transcrânienne au Brigham’s Center for Brain Circuit Therapeutics et psychiatre associé au Brigham’s Department of Psychiatry, explique dans un communiqué : « Nous avons constaté que les lésions de ces régions — la cingulaire antérieur et l’insula — étaient corrélées à moins de maladies psychiatriques, donc l’atrophie de ce cingulaire et de cette insula peut être une conséquence ou une compensation de la maladie psychiatrique plutôt qu’une cause de celle-ci ».

C’est ainsi que les analyses des auteurs indiquent que le cortex pariétal postérieur est le nœud du réseau cérébral le plus susceptible d’être à l’origine d’une maladie psychiatrique. Ils ont démontré de façon formelle ce fait en utilisant des données d’ablations neurochirurgicales pour des patients atteints de maladies psychiatriques extrêmes et incurables.

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En d’autres termes, chez les personnes sans aucun problème de santé mentale, les régions postérieures du cerveau inhibent les régions antérieures, tandis que chez les personnes présentant des dommages aux régions postérieures, les régions antérieures deviennent trop actives, ce qui peut entraîner une maladie mentale et un rétrécissement des tissus — l’atrophie de matière grise mentionnée précédemment.

En identifiant ce réseau transdiagnostique spécifique pour les maladies psychiatriques, l’équipe offre une nouvelle voie pour les études de suivi et l’analyse des ensembles de données IRM existants afin de déterminer si les schémas d’activation neuronale suivent le même circuit.

Taylor prévoit également d’utiliser la stimulation magnétique transcrânienne pour moduler le réseau, en utilisant spécifiquement la région pariétale postérieure comme cible. Il conclut : « Les troubles psychiatriques sont des troubles cérébraux, et maintenant nous commençons tout juste à avoir les outils pour étudier et moduler leurs circuits sous-jacents. Il peut y avoir plus de points communs entre ces troubles que nous ne le pensions initialement ».

Source : Nature Human Behavior

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