Lorsque l’on entend le terme « chirurgie esthétique », on a tendance à imaginer uniquement l’utilisation purement esthétique que les particuliers en font, que ce soit pour être plus attrayant ou pour soulager un ou plusieurs complexes liés à l’apparence physique. Cependant, la chirurgie de la peau, que l’on peut séparer en plusieurs catégories (plastique, reconstructive et esthétique), peut avoir des applications médicales dans le but de traiter certaines plaies ou séquelles cutanées de maladies, et aussi de rétablir un aspect acceptable suite à une grave blessure (par exemple une brûlure), ce qui contribue fortement au rétablissement psychologique du patient.

Certaines universités ou hôpitaux universitaires comme celui de Genève, sont très actifs dans la recherche dans le domaine. Les axes de recherche que l’on retrouve concernent notamment : l’etiologie du noma, la cicatrisation cutanée et thérapie des plaies chroniques, la thérapie des brûlures ou encore le potentiel des cellules souches mésenchymateuses d’origine graisseuse. Des sujets de recherche très intéressants et prometteurs, dont les retombées permettent souvent de proposer des nouvelles thérapies ou d’améliorer les traitements existants.

Les programmes de recherche en question font bien entendu l’objet de publications scientifiques, et en voici un aperçu.

Cicatrisation cutanée et thérapie des plaies chroniques

Les plaies chroniques sont des plaies qui ne cicatrisent pas dans un délai de 3 mois. Environ 2-3% de la population serait concernée, et leur prise en charge difficile ainsi que le coût du traitement en font un véritable problème de santé publique. Les causes d’apparition peuvent être les suivantes : insuffisance veineuse chronique, artériopathie oblitérante des membres inférieurs, un état métabolique diabétique ou une pression chronique.

Ces différents facteurs ou causes, inhibent le processus de cicatrisation qui se déroule normalement en 5 phases :

  1. L’hémostase et l’inflammation
  2. L’angiogenèse et la migration
  3. La prolifération
  4. La contraction et l’épithélialisation
  5. Le remodelage

Une équipe de chercheurs Suisses a récemment réussi à développer un modèle fiable de plaie chez le rat. Ce modèle permet d’étudier précisément les effets de l’ischémie et du diabète sur la cicatrisation.

La recherche a permis de démontrer que le diabète et l’ischémie peuvent provoquer un retard de cicatrisation, qui serait provoqué par la diminution de la contraction de la plaie en raison d’une diminution des myofibroblastes (des fibroblastes très importants pour le tissu conjonctif).

En utilisant la thérapie par ondes de choc, l’oxygénothérapie hyperbare ou encore l’ajout de concentré plaquettaire, il serait possible de contrecarrer l’effet néfaste du diabète et de l’ischémie. C’est actuellement l’un des sujets d’études des chercheurs.

Le potentiel des cellules souches mésenchymateuses d’origine graisseuse

La méthode de « lipofilling » consiste en un transfert de la graisse d’un patient dans le but de reconstruire une autre partie du corps (exemple : reconstruction mammaire). La technique est actuellement considérée comme étant la méthode la plus efficace pour la correction des défauts liés aux tissus. La graisse est prélevée par lipoaspiration au niveau de la zone donneuse, puis implantée vers la région concernée. Le tissu graisseux transféré ne contient pas seulement des cellules graisseuses, mais également des cellules souches.

Une équipe de recherche de l’université de Genève effectue actuellement des expériences dans le but d’étudier la possibilité d’améliorer la survie de la graisse injectée par l’ajout du concentré plaquettaire obtenu par un prélèvement du sang du patient. En savoir plus sur les publications déjà parues : unige.ch.

Etiologie du noma

Le cancrus oris, appelé plus communément « gangrène de la bouche » ou noma (qui signifie littéralement « dévorer » en grec) est une forme de stomatite gangréneuse se développant au niveau de la bouche et du nez (bien que plus rarement autour des yeux, sur les organes génitaux et autour des voies évacuatrices).

Cette maladie ravage le visage en affectant les muqueuses, les gencives, les tissus mous, musculaires et osseux. Les individus à risque sont surtout les enfants prématurés et malnutris en bas âge. Les causes principales sont : le manque d’hygiène, la malnutrition et les maladies infectieuses. Le noma est souvent aussi associé à des conditions de pauvreté extrême.

Un groupe de chercheurs faisant partie de la Faculté de médecine de Genève, le GESNOMA, concentre ses efforts dans le but de déterminer les causes du noma. Le groupe a ainsi mis en évidence que la malnutrition, le paludisme et les grossesses rapprochées sont des facteurs de risque prédominants.

Les scientifiques ont ainsi déterminé que la malnutrition, le paludisme et les grossesses fréquentes et proches sont des facteurs de risque

Des analyses bactériologiques de prélèvements gingivaux a montré que le noma n’est associé à aucun agent bactérien particulier, mais à un dérèglement de la flore bactérienne buccale, dans un environnement prédisposant.

Actuellement et dans le cadre d’un autre projet, cette même équipe s’intéresse aux facteurs de risque de la gingivite nécrosante et à sa fréquence d’apparition dans les pays à risque. Cette recherche permettra de mieux cibler les personnes à risque et d’évaluer la mise en place de mesures préventives afin d’éviter son évolution en noma. En savoir plus : nonoma.org.

Concernant la chirurgie esthétique, dont il ne faut tout de même pas sous-estimer l’impact bénéfique sur le plan psychologique — et donc d’un aspect de la santé non négligeable (surtout quand il s’agit de véritables handicaps esthétiques), il existe de nombreuses sources pour s’informer, dont notamment le site web Chirurgie Esthetique Info. Il est tenu par la médecin spécialiste en chirurgie esthétique Michelle Flament, et l’on y retrouve beaucoup d’informations sur les différents types de chirurgies reconstructives et esthétiques.

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