Tandis que les signes du réchauffement climatique ne cessent de se multiplier, les scientifiques appellent à une prise de conscience rapide des gouvernements dans le but de réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement. Les gaz à effet de serre sont particulièrement pointés du doigt, c’est notamment le cas du dioxyde de carbone qui, l’année dernière, a atteint son taux atmosphérique le plus haut depuis 800’000 ans.

Il y a 4.5 milliards d’années, peu après la formation de la Terre, le taux de CO2 était 100’000 fois plus élevé qu’actuellement. En effet, à cette époque, la planète subissait une hyperactivité volcanique permanente, combinée aux pluies acides, au bombardement météoritique incessant et à un rayonnement UV très peu filtré.

Avec le développement de la vie et de la photosynthèse, la quantité de dioxyde de carbone a progressivement diminué, le dernier pic de CO2 (20 fois plus élevé) enregistré datant de 500 millions d’années.

Cette diminution s’est poursuivie jusqu’au début du 19ème siècle, puis la révolution industrielle a inversé la situation et depuis, le taux atmosphérique de CO2 est de nouveau en augmentation.

Le volcanisme représente une source de CO2 naturelle, mais les émissions humaines sont 130 fois plus importantes que les émissions volcaniques. Tant est si bien qu’en 2017, la concentration de CO2 atmosphérique a atteint 405 ppm (parties par millions), soit une masse d’environ 3,16×1015 kg. Son taux le plus élevé depuis 800’000 ans.

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Bien que la Terre connaisse des cycles naturels, notamment des périodes de glaciation, responsables de certains pics de dioxyde de carbone atmosphérique, ces variations sont lentes à l’échelle des temps géologiques et sans commune mesure avec l’augmentation rapide et permanente du taux de CO2 constatée depuis la révolution industrielle.

Aujourd’hui, la communauté scientifique s’accorde unanimement sur la responsabilité majeure des activités humaines concernant le réchauffement climatique par effet de serre.

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Courbe reconstituant sur 1000 ans l’évolution des températures (rouge) et des concentrations de CO2 (bleu). Cette courbe, publiée par le GIEC, a été établie à partir des relevés effectués au sein des carottes glaciaires polaires. L’augmentation rapide du CO2 depuis la révolution industrielle est incontestable et ne connaît aucune commune mesure avec les cycles naturels de la Terre. Crédits : Hano/GIEC/NOAA

Selon le State of the Climate in 2017, la 28ème compilation annuelle de données atmosphériques publiée par l’Administration Nationale des Océans et de l’Atmosphère (NOAA, US), l’année 2017 a également été l’année la plus chaude enregistrée sans l’impact climatique du phénomène El Niño (qui tend à réchauffer les eaux de surface de l’océan Pacifique).

En outre, 2017 est classée comme la seconde ou troisième — selon la méthode de mesure — année la plus chaude depuis le début des enregistrements scientifiques dans les années 1850.

« Même si l’humanité cessait toute émission de gaz à effet de serre et qu’ils restaient à leur concentration actuelle, l’atmosphère continuerait tout de même de se réchauffer durant les 20 prochaines années, voire même durant un siècle » explique Greg Johnson, océanographe à la NOAA.

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Comparaison de l’évolution des températures avec les taux de CO2 et l’activité solaire. Crédits : Lamiot

Le document publié par la NOAA inclut des données compilées par 524 scientifiques de 65 pays différents. Voici quelques-uns de ses constats :

  • La concentration atmosphérique de CO2, en 2017, a augmenté de 2.2 ppm par rapport à 2016 ; son taux le plus élevé depuis au moins 800’000 ans selon l’étude des bulles de gaz piégées dans les carottes glaciaires
  • En 2017, les concentrations de méthane et protoxyde d’azote étaient les plus hautes jamais enregistrées. Comparé à 2016, le taux de méthane à augmenté de 6.9 ppb (parties par milliard) jusqu’à 1849.7 ppb ; le taux de protoxyde d’azote a augmenté de 0.9 ppb jusqu’à 329.8 ppb
  • L’année 2017 a également marqué la fin d’un blanchiment mondial des coraux ayant duré 3 ans. Le blanchiment du corail se produit lorsque les eaux se réchauffent, conduisant les coraux à relâcher des algues vivant dans leurs tissus, les colorant alors en blanc et causant potentiellement leur mort. Ce fut le phénomène de blanchiment des coraux le plus long jamais enregistré
  • Le taux mondial de précipitations en 2017 a été supérieur aux prévisions moyennes à long terme. La Russie a connu sa deuxième année la plus humide depuis 1900. Certaines régions du Venezuela, du Nigéria et de l’Inde ont également connu des précipitations et des inondations plus importantes que d’habitude
  • Les températures élevées ont contribué au développement d’incendies majeurs à travers le monde. Les États-Unis ont connu une saison d’incendies catastrophique, 4 millions d’hectares ont été brûlés pour un coût de 18 milliards de dollars. La région amazonienne a été victime de 272’000 incendies
  • En Alaska, des températures record du pergélisol ont été enregistrées par cinq des six observatoires du pergélisol. Une fois dégelé, le pergélisol libère du CO2 et du méthane dans l’atmosphère et peut contribuer au réchauffement de la planète
  • La surface de la banquise polaire a atteint son plus bas niveau en 38 ans et était de 8% inférieure à la moyenne enregistrée entre 1981 à 2010. La couverture de neige printanière en Arctique était toutefois supérieure à la moyenne de 1981-2010 et la calotte glaciaire du Groenland a récupéré sa surface, qui était au plus bas en 2016. 2017 a également été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée dans l’Arctique
  • Plusieurs pays ont souffert de records de températures, notamment l’Argentine, l’Uruguay, l’Espagne, la Bulgarie et le Mexique
Source : State of the Climate in 2017

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