Le traitement de l’amiante lié par enfouissement, une solution rigoureusement encadrée

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| LianeM
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Fin mai, le pôle déchets d’El Fourat a vu se rassembler plusieurs dizaines de personnes venues manifester leur mécontentement et leurs inquiétudes. Localisé à proximité de Perpignan, ce site hébergeant un casier d’amiante lié suscite la crainte des habitants vivant dans les environs. Ces derniers craignent que les déchets qui y sont stockés ne finissent par contaminer les nappes phréatiques des alentours.

Depuis de nombreuses années maintenant, la dangerosité de l’amiante libre est avérée et les répercussions sur la santé peuvent être graves. Il est toutefois important de dissocier l’amiante libre de l’amiante lié. Ces deux éléments présentent en effet des différences importantes, notamment aux yeux de la loi et en matière de dangers.

Chaque année, des tonnes de déchets d’amiante lié doivent être gérées en France. Bien que la loi le considère comme un déchet inerte, l’amiante lié n’est pas un déchet banal et ce matériau doit alors être traité en respectant certaines normes.

Des méthodes bien précises ont ainsi été développées pour traiter les déchets d’amiante lié, méthodes parmi lesquelles figure l’enfouissement. Si ce procédé donne parfois lieu à des manifestations, comme celle du 29 mai sur le site d’El Fourat, les alternatives envisageables pour traiter l’amiante lié sont cependant peu nombreuses.

L’amiante lié : un matériau différent de l’amiante, inerte et reconnu non dangereux

L’amiante et l’amiante lié sont deux éléments qui partagent des similitudes, mais aussi et surtout, des différences majeures. C’est d’ailleurs ces différences qui font des déchets d’amiante lié, des déchets inertes aux yeux de la loi. L’une des principales caractéristiques qui font, légalement, de l’amiante libre un déchet dangereux est sa volatilité. Dans les faits, le principal risque de l’amiante libre concerne l’inhalation des fibres.

Invisibles à l’œil nu, ces particules peuvent être inhalées et s’installer dans les alvéoles pulmonaires. D’autres parties du corps peuvent par ailleurs être touchées, à l’image de victimes ayant développé des cancers du larynx, de l’œsophage, de l’estomac ou encore des reins. Pour ce qui est de l’amiante lié, les risques d’inhalation sont largement diminués. L’amiante lié est, en effet, solidifié dans un matériau inerte, ce qui atténue fortement les risques.

Bien que l’amiante lié présente beaucoup moins de risques pour la santé que l’amiante libre, des précautions sont à prendre. Les autorités ont effectivement mis en place des mesures obligatoires concernant l’amiante libre, mais aussi l’amiante lié. Ces mesures concernent surtout le traitement des déchets amiantés.

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L’enfouissement d’amiante lié, qu’est-ce que c’est ?

L’enfouissement de déchets d’amiante lié débute par un certificat d’acceptation préalable. Les entreprises ayant des déchets à évacuer doivent en fait contacter le site d’enfouissement afin de lui communiquer des informations sur les déchets et leur nature. Par la suite, les déchets sont conditionnés sur le chantier de déconstruction dans un double emballage scellé. À noter que les déchets contenant de l’amiante possèdent un étiquetage spécifique. L’emballage sécurisé doit être conforme aux obligations de conditionnement en

vigueur et fait l’objet d’un contrôle de qualité. Sans ce contrôle, il est en effet impossible d’éditer le Bordereau de Suivi de Déchets Amiantés (BSDA), indispensable pour les déchets d’amiante lié.

Une fois que le contrôle est passé, et que les déchets ont été étiquetés, ceux-ci sont accueillis dans l’alvéole réservée à leur stockage. En effet, les carrières d’enfouissement présentent des espaces dédiés au stockage des déchets contenant de l’amiante. Afin d’éviter qu’ils ne restent à l’air libre, les déchets d’amiante lié sont stockés directement dans la zone d’enfouissement et recouverts de terre chaque jour.

Les normes de sécurité dans les carrières d’enfouissement

Les alvéoles spécifiques qui accueillent les déchets d’amiante lié comportent une barrière argileuse d’environ un mètre d’épaisseur. Il s’agit d’une obligation pour toutes les carrières d’enfouissement. La barrière d’argile permet d’arrêter les fibres d’amiante en cas de dégradation de l’emballage des déchets. Elle est efficace durant des milliers d’années, ce qui assure la sécurité de l’enfouissement. Par ailleurs, il est important de souligner que le minéral d’amiante lié est naturel. Ainsi, il ne peut pas générer de pollution d’ordre chimique dans l’air, dans la terre ou dans l’eau.

Niveau risques, la méthode d’enfouissement des déchets d’amiante lié n’est pas plus dangereuse que les processus alternatifs. En effet, il est très facile d’identifier les lieux de stockage des déchets d’amiante lié grâce aux étiquettes spécifiques qui se trouvent sur les sacs. En outre, les conditions et les lieux de stockage des déchets d’amiante lié sont scrupuleusement suivis et surveillés.

Vitrification : tout savoir sur cette alternative à l’enfouissement d’amiante lié

La vitrification est, à ce jour, la seule alternative aboutie à l’enfouissement d’amiante lié. Les autres méthodes sont, en fait, encore à l’état d’étude. À ce titre, elles ne sont donc pas exploitables. La vitrification est une méthode qui consiste à porter les déchets d’amiante lié à température de fusion, soit entre 1 400 et 1 600°C. Cela permet de détruire totalement les fibres d’amiante. Si de prime abord la vitrification est un procédé assez intéressant par rapport à l’enfouissement, il s’agit en réalité d’une solution bien plus onéreuse et polluante. Il faut effectivement compter environ 1 200 euros par tonne de déchets vitrifiés, et cette méthode génère beaucoup d’émissions de CO2.

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Il n’existe, aujourd’hui, qu’une seule usine de traitement de l’amiante par vitrification en France. Elle se trouve dans les Landes, à Morcenx. Ainsi, de longs trajets, polluants eux aussi, sont nécessaires si les déchets d’amiante lié à traiter ne se trouvent pas à proximité. Par ailleurs, la capacité de traitement de l’usine de Morcenx est de 30 tonnes par jour, ce qui ne permet pas de gérer de grandes quantités de déchets d’amiante lié sur le territoire. L’enfouissement se présente alors comme la seule solution viable pour gérer de grands volumes de déchets d’amiante lié.

La vitrification, compte tenu de son coût, de la pollution qu’elle génère et de sa capacité de traitement limitée, doit être employée pour brûler des déchets composés à 100% d’amiante. Il serait en effet inopportun de vitrifier des déchets d’amiante lié, car l’amiante ne représente qu’un infime pourcentage de la masse de ces éléments. En somme, la vitrification est une alternative à l’enfouissement qui présente des limites. Dans les faits, elle permet de traiter le même type de déchets, mais pas dans les mêmes quantités.

Les décharges sauvages, une nouvelle tendance destructrice

Bien qu’ils soient légalement considérés comme des déchets inertes, il est essentiel de se débarrasser des déchets d’amiante lié correctement. En effet, même si c’est en très faible proportion, ces déchets contiennent de l’amiante. À ce titre, les déchets d’amiante lié nécessitent un traitement particulier et le respect de différentes normes. Chaque site d’enfouissement, comme celui d’El Fourat par exemple, est tenu de respecter des règles. Celles-ci se matérialisent par des protocoles de sécurité stricts, à appliquer pour éviter tout problème sanitaire avec l’amiante contenu dans les déchets d’amiante lié. Parmi les protocoles à respecter figurent donc, entre autres, les barrières argileuses qui doivent encadrer les alvéoles de même que le suivi rigoureux au moyen des BSDA.

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Ces dernières années, une nouvelle tendance assez inquiétante s’étend partout en France : les décharges sauvages. Ce sont des lieux dans lesquels les déchets d’amiante lié sont déversés sans aucune protection, ni aucun respect de quelconque protocole.

En voulant éviter de gérer et de payer le traitement de leurs déchets d’amiante lié, certaines entreprises et certains particuliers contactent des “prestataires” sur Internet. Ceux-ci prétendent qu’ils vont déposer les déchets d’amiante lié dans une structure spécialisée, mais la réalité est toute autre puisqu’ils vont simplement déverser ces sacs sur des terrains vagues, qui deviennent ainsi des décharges sauvages.

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L’enfouissement étant une méthode moins onéreuse que la vitrification, elle permet de dissuader les personnes physiques ou morales d’avoir recours à des “prestataires” malintentionnés qui entretiennent les décharges sauvages pour un simple souci d’économies. Pour le bien-être collectif, il est ainsi préférable d’opter pour des carrières d’enfouissement surveillées et répondant aux normes de sécurité, plutôt que de se tourner vers décharges sauvages sans aucun contrôle.

Quels sont les dangers liés aux décharges sauvages ?

Les décharges sauvages constituent un véritable danger puisque les déchets d’amiante lié peuvent présenter des risques si le sac qui les contient se déchire ou s’abîme. Bien conditionnés dans le respect des normes en vigueur, les déchets d’amiante lié ne représentent aucun danger, que ce soit d’un point de vue environnemental ou sanitaire. Dans les décharges sauvages, aucune norme de sécurité n’existe ou n’est respectée. Il y a donc un risque que les sacs de déchets se déchirent ou se dégradent avec le temps, ou encore qu’ils se déversent n’importe où.

En outre, les sacs utilisés pour emballer les déchets d’amiante lié sont parfois de simples sacs poubelle. Bien entendu, aucune alvéole ni barrière d’argile ne sont installées dans les décharges sauvages. Celles-ci se trouvent souvent en périphérie des grandes villes et ont plusieurs répercussions. D’une part, elles polluent visuellement le paysage, mais elles représentent surtout un grand danger pour la santé des habitants de la zone. En outre, la faune et la flore environnantes ne sont pas épargnées par ces risques.

Source : Ecoconso

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