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Des chercheurs ont amélioré un gel stimulant la réparation des lésions corporelles pour qu’il puisse être injecté afin de guérir des blessures de plus grande ampleur. Une formule qui semble sans effets secondaires.

Lors d’importantes blessures, la cicatrisation naturelle des tissus mous comme les tendons, les ligaments, la peau, les muscles ou encore le tissu adipeux, peut être compliquée voire impossible. Elle peut non seulement laisser de terribles marques, mais également des trous.

De nombreuses techniques pour atténuer ces séquelles ont été inventées, comme la greffe de tissu d’une autre partie du corps, mais cela peut former d’autres marques dans la zone prélevée, voire une autre perte de tissu. Des implants synthétiques existent, mais ils causent généralement la formation d’importantes cicatrices.

Une méthode couramment utilisée par les chirurgiens consiste à injecter un gel d’acide hyaluronique (AH) qui va servir de base pour la régénération tissulaire. L’AH va stimuler un type de cellule immunitaire se trouvant dans la blessure, les macrophages, à activer des signaux améliorant le recrutement des cellules qui auront pour rôle la reformation des vaisseaux sanguins, accélérant ainsi la réparation des tissus. Cependant, ce gel ne peut être utilisé que pour des blessures faisant au maximum 1 ou 2 centimètres, car sa consistance visqueuse ne permet pas un maintien optimal lors de l’application sur des blessures plus grandes.

Une stratégie par l’ajout d’une importante quantité de molécules de liaison, pour former un réseau 3D ayant des similarités avec la matrice extracellulaire (molécules du tissu conjonctif nécessaires à la réparation des tissus) avait été testée, mais elle a l’inconvénient de bloquer le passage des macrophages et autres cellules qui, au lieu de stimuler la production des vaisseaux sanguins pour la régénération, active la cicatrisation du tissu.

Afin d’éliminer ce problème, des chercheurs ont eu l’idée de créer des nanofibres à partir de polycaprolactone, une matière utilisée pour les sutures de plaies car elle se dégrade facilement. Des molécules de liaison ont été ajoutées à ces nanofibres pour leur permettre de se lier à l’AH. Ce dernier fut ensuite également ajouté pour obtenir, au bout de quelques heures, un gel aussi résistant qu’un tissu mou.

Un autre avantage de cette invention est que le gel n’a besoin que d’une petite quantité de nanofibres pour obtenir la consistance désirée, lui permettant ainsi de former un réseau de mailles 3D contenant assez d’espaces pour ressembler à la matrice extracellulaire et laisser passer les macrophages et autres cellules.

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Le groupe a injecté le gel dans des lapins qui venaient d’être opérés pour l’excision d’une partie de leur tissu adipeux. Non seulement le gel a pris rapidement la forme du trou formé et s’est raffermi, mais les macrophages et autres cellules ont rapidement été recrutés pour reformer les vaisseaux sanguins, permettant la régénération de tissus de plus de 10 cm3.

Un autre avantage est que tout se fait naturellement après l’ajout du gel, et qu’il n’y a nul besoin d’administrer d’autres facteurs de stimulation, comme des hormones ou des vitamines.

Les chercheurs veulent à présent tenter de guérir, avec cette même formule, des tissus mous ayant des fonctions spécifiques, comme le myocarde, le tissu musculaire du cœur. Ils visent cependant une autre stratégie consistant à mélanger le gel développé avec des cellules souches provenant du tissu cardiaque, pour obtenir le tissu désiré.

Les scientifiques à l’origine du projet ont déjà créé leur entreprise, qu’ils ont appelé LifeSprout, afin de commercialiser leur invention (après l’accord de la FDA).

Source : Science Translational Medicine

Une réponse

  1. Jeff

    Pouvons nous être testeurs lol car j’ai un bon problème justement de ligaments…

    Répondre

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