Le vaccin contre le HPV déclaré efficace à 90% contre le cancer du col de l’utérus

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Selon une étude publiée dans The Lancet, le vaccin Cervarix® contre les papillomavirus humains (HPV) réduit les cas de cancer du col de près de 90%, lorsqu’il est administré à l’âge de 12-13 ans. Cette étude menée au Royaume-Uni est la première du genre à fournir une estimation chiffrée de l’impact de la vaccination contre les HPV sur l’incidence des cas de cancer du col de l’utérus.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus courant chez la femme dans le monde, et l’on estimait à 570 000 le nombre de nouveaux cas en 2018. La quasi-totalité des cas de cancers du col de l’utérus est attribuable à une infection à papillomavirus humain (HPV), qui se transmet par contact sexuel. Près de neuf décès sur dix surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où les frottis cervicaux visant à dépister la maladie sont peu pratiqués. En France, près de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année et environ 1000 femmes en décèdent.

Plus d’une centaine de pays ont mis en place la vaccination contre les infections à papillomavirus humains afin d’éradiquer définitivement cette forme de cancer. La vaccination est recommandée pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans (avant qu’ils ne deviennent sexuellement actifs), avec un schéma à 2 doses, espacées de six mois. À noter que le vaccin prévient l’infection, mais ne peut éliminer le virus de l’organisme ; en outre, la vaccination ne dispense pas les jeunes femmes d’un suivi gynécologique régulier, mais permet néanmoins de réduire la fréquence des tests de dépistage.

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Des virus courants, à l’origine de plusieurs cancers

La plupart des infections à HPV disparaissent d’elles-mêmes et la plupart des lésions précancéreuses se résolvent spontanément. Mais le risque d’évolution vers des lésions précancéreuses, puis un cancer du col de l’utérus, existe pour toutes les femmes. Ce cancer représente 7,5% de tous les décès par cancer chez les femmes.

Selon l’OMS, il existe plus d’une centaine d’HPV, dont au moins 14 sont cancérogènes ; parmi eux, deux types (HPV 16 et 18) sont à l’origine de 70% des cancers et des lésions précancéreuses du col de l’utérus, et sont donc considérés comme les principales souches cancérigènes du virus. Les HPV peuvent se propager lors de relations sexuelles vaginales, orales et anales ; les cellules cancéreuses peuvent apparaître dans n’importe quel tissu infecté, ces virus sont donc également liés au cancer du vagin, de la vulve, de l’anus, du pénis et à certains cancers de la tête et du cou.

Deux vaccins contre les HPV sont actuellement sur le marché : le Gardasil 9® (remplaçant du Gadrasil®), développé par MSD, qui protège contre neuf types de papillomavirus humains (dont les HPV 16 et 18), et le Cervarix®, un vaccin de type recombinant développé par GlaxoSmithKline, qui protège contre les HPV 16 et 18. À noter que les autorités de santé françaises indiquent que toute nouvelle vaccination doit être initiée avec le vaccin Gardasil 9 pour les personnes non antérieurement vaccinées.

L’étude récemment publiée dans The Lancet visait à évaluer les effets du programme national de vaccination contre les HPV initié au Royaume-Uni en septembre 2008, dans le cadre de l’effort mondial visant à accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus. La vaccination de routine a été proposée aux filles âgées de 12 à 13 ans, et un programme de rattrapage a été mis en place pour les jeunes femmes âgées de 14 à 18 ans en 2008-2010. Le vaccin qui a été inoculé est le Cervarix.

Sur la base d’un total de 13,7 millions d’années de suivi de femmes âgées de 20 à 29 ans, les résultats montrent une réduction substantielle du cancer du col de l’utérus et de l’incidence des néoplasies intraépithéliales cervicales de grade 3 — en particulier chez les jeunes femmes qui ont été vaccinées à l’âge de 12-13 ans, pour qui la réduction est estimée à 87% par rapport à la cohorte de référence non vaccinée. Les résultats sont qualifiés « d’historiques » par le centre Cancer Research UK.

Près de 450 cancers évités grâce au vaccin

Les réductions sont moins spectaculaires pour les autres tranches d’âges : 34% pour les 16-18 ans et 62% pour les 14-16 ans. Cela s’explique par le fait que moins d’adolescents plus âgés ont entrepris de se faire vacciner et qu’ils étaient peut-être déjà sexuellement actifs (donc potentiellement infectés) au moment de l’injection. Mais les résultats de l’étude suggèrent que le programme de vaccination a permis d’éviter environ 450 cancers et environ 17 200 cas d’états précancéreux sur une période de 11 ans.

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Et il ne s’agirait que de « la partie immergée de l’iceberg » selon Peter Sasieni, chercheur au King’s College London et co-auteur de l’étude, car les personnes vaccinées sont encore jeunes pour être atteintes d’un cancer, de sorte que les chiffres ne feront qu’augmenter avec le temps. « Nous savons depuis de nombreuses années que la vaccination contre le HPV est très efficace pour prévenir des souches particulières du virus, mais voir l’impact réel du vaccin a été vraiment gratifiant », ajoute le chercheur.

Le vaccin n’ayant été introduit que dans les années 2000, il n’était jusqu’à récemment pas possible d’affirmer avec certitude qu’il réduisait les cas de cancer du col de l’utérus. Une étude suédoise, publiée en octobre 2020, rapporte une efficacité similaire : « La vaccination quadrivalente contre le HPV est associée à un risque considérablement réduit de cancer invasif du col de l’utérus », ont conclu les chercheurs. En Suède, la vaccination a été approuvée en 2006, et le vaccin quadrivalent (le Gadrasil®), qui couvre les types de HPV 6, 11, 16 et 18, a été utilisé presque exclusivement.

La campagne vaccinale britannique repose sur le vaccin Cervarix, qui ne protège que contre deux HPV. Mais le pays est sur le point d’introduire le Gardasil 9, qui protège également contre les HPV à l’origine des verrues génitales. À noter que malgré ces résultats encourageants, des questions restent sans réponse, notamment concernant la durée de protection et la nécessité d’effectuer un rappel plus tard dans la vie.

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Source : Cancer Research UK

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