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Les plus anciens vestiges d’Homo sapiens d’Europe retrouvés dans une grotte en Bulgarie

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| Tsenka Tsanova, MPI-EVA Leipzig, CC-BY-SA 2.0

Selon de nouvelles recherches, les plus anciens ossements d’Homo sapiens jamais trouvés en Europe ont été découverts dans une grotte bulgare, fournissant les toutes premières preuves connues de l’émergence de notre espèce sur le continent européen.

La chronologie exacte de l’apparition et de la propagation de l’Homme moderne en Europe est difficile à reconstruire pour les chercheurs, en raison d’une pénurie de vestiges suffisamment anciens qui ont été identifiés dans les archives de fossiles. Cependant, lorsque l’Homme moderne s’est manifesté, cette arrivée a finalement scellé le sort des néandertaliens indigènes qui s’étaient installés en Europe avant nous, tandis que nous avons ensuite procédé à leur remplacement (rapide) au cours des prochains milliers d’années.

À présent, l’existence du plus vieil Homo sapiens d’Europe a été révélée suite aux découvertes de fragments d’os sur le site de Bacho Kiro, une grotte située dans le centre de la Bulgarie, au pied des montagnes des Balkans. À noter que cette grotte est connue depuis les années 1930 et aménagée pour des visites touristiques.

L’analyse (datation au carbone 14) des vestiges prélevés dans la grotte fait remonter à environ 45’000 ans la présence sur le continent européen d’Homo sapiens. En plus des fragments d’os, les chercheurs ont découvert de nombreux outils en pierre, des milliers d’os d’animaux chassés, des outils en os et également des ornements personnels comme des perles et des pendentifs.

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Objets en pierre datant de la période initiale du Paléolithique supérieur, trouvés dans la grotte Bacho Kiro. Crédits : Tsenka Tsanova/MPI-EVA Leipzig/CC-BY-SA 2.0

L’équipe de recherche a été dirigée par Jean-Jacques Hublin, directeur de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive à Leipzig, en Allemagne, en collaboration avec Tsenka Tsanova et Shannon McPherron de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive ainsi que Nikolay Sirakov et Svoboda Sirakova de l’Institut national d’archéologie avec le musée à l’Académie bulgare des sciences de Sofia, en Bulgarie.

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À présent, grâce à cette nouvelle découverte, la chronologie de cette transition mystérieuse au cours de la période initiale du Paléolithique supérieur est devenue plus claire, grâce à la découverte et à la datation des restes d’Homo sapiens et d’autres artefacts enfouis profondément dans le site archéologique de Bacho Kiro.

La grotte de Bacho Kiro est connue depuis longtemps pour être un riche gisement de fossiles paléolithiques, avec « un certain nombre de fouilles qui ont eu lieu au 20e siècle, dont certaines au cours des années 1970 qui ont permis de découvrir des fragments de restes humains », expliquent les chercheurs dans un nouvel article.

En 2015, de nouvelles fouilles ont commencé sur le site et ces dernières ont permis de révéler une couche de sédiments contenant ce qui semble être les plus anciens restes humains de nos ancêtres jamais identifiés en Europe. « La plupart des os du Pléistocène sont si fragmentés qu’à l’œil nu, on ne peut pas savoir quelles espèces animales ils représentent », explique le chercheur en évolution humaine Frido Welker, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive en Allemagne.

En réalité, parmi les restes humains détectés, uniquement une dent a pu être déterminée comme avoir appartenu à un Homo sapiens.

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L’échelle représente 10 millimètres. Crédits : Rosen Spasov

Mais en utilisant une technique de spectrométrie de masse appelée ZooMS pour trouver des séquences de protéines correspondant à Homo sapiens à partir des centaines de fragments osseux et dentaires non identifiés, les chercheurs ont obtenu cinq résultats remontant à la période initiale du Paléolithique supérieur.

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C’est en utilisant une combinaison de méthodes intégrant à la fois la datation au radiocarbone et le séquençage de l’ADN mitochondrial pour estimer l’âge des fossiles, que les chercheurs ont suggéré que ces anciens humains ont probablement occupé la grotte il y a environ 45’820 à 43’650 ans, bien que certains des restes puissent dater d’il y a environ 46’900 ans. « Par conséquent, à notre connaissance, ces os représentent les plus anciens hommes européens du Paléolithique supérieur récupérés à ce jour », expliquent les auteurs dans l’un des deux nouveaux articles décrivant les découvertes.

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Des ornements personnels et des outils en os, découverts dans la grotte Bacho Kiro (à gauche), et des objets similaires, provenant de la grotte du Renne, en France (à droite). Crédits : Rosen Spasov et Geoff Smith/MPI-EVA Leipzig/CC-BY-SA 2.0

En plus des restes humains, les chercheurs ont également découvert une vaste gamme d’outils en pierre, ainsi que des artefacts osseux provenant de 23 espèces animales différentes, y compris des pièces façonnées telles que des pendentifs fabriqués à partir de dents d’ours des cavernes : des artefacts qui rappellent des conceptions connues pour avoir été produites plus tard par les néandertaliens dans une région que nous appelons aujourd’hui la France.

En effet, selon les chercheurs, il est probable qu’au cours de milliers d’années, les interactions entre Homo sapiens et les néandertaliens auraient pu influencer ces derniers, leur fournissant une source d’inspiration pour créer des objets « de mode » et des technologies comme celle-ci. « Quelle que soit la complexité cognitive des derniers néandertaliens, l’âge le plus précoce du matériau de la grotte de Bacho Kiro soutient l’idée que ces nouveautés comportementales spécifiques observées dans le déclin des populations de néandertaliens résultent de contacts avec des H. sapiens migrants », écrivent les auteurs.

Selon les scientifiques, il est clair que ces découvertes dans leur ensemble, ainsi que les nouvelles méthodes de datation utilisées, aident à nous donner une image plus complète de ce à quoi ressemblait ce tournant préhistorique.

Jean-Jacques Hubelin, à propos de l’Homo sapiens :

 

Sources : Nature, Nature Ecology & Evolution

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