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À l’heure actuelle, cinq personnes ont été confirmées décédées, 31 blessées à l’hôpital et huit autres sont toujours portées disparues après des éruptions volcaniques soudaines sur White Island (Whakaari en maori), au large de la côte est de la Nouvelle-Zélande.

D’une taille de 2 sur 2.4 kilomètres, White Island est constituée de deux volcans imbriqués (dont l’un est un cratère en forme de fer à cheval, ouvert vers le sud-est). Il s’agit d’une destination touristique, et 47 personnes s’y trouvaient lorsque l’éruption est survenue, lundi après-midi.

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Vue aérienne de White Island, depuis le sud.

Des volcanologues de GeoNet, qui exploitent un système de surveillance des risques géologiques, ont décrit l’éruption comme « impulsive et de courte durée, avec un panache de cendres qui s’est élevé à plus de trois kilomètres au-dessus de l’évent ».

La Première ministre Jacinda Ardern a salué le courage des premiers intervenants et des pilotes qui ont mené une enquête aérienne. Elle a confirmé que les survols n’ont montré aucun autre signe de vie. À l’heure actuelle, la police évalue s’il est sûr de retourner sur l’île pour une opération de récupération.

De grands dangers volcaniques

Le volcan de White Island est l’un des nombreux volcans de Nouvelle-Zélande qui peuvent produire des éruptions explosives soudaines à tout moment. Dans ce cas précis, le magma est peu profond et la chaleur et les gaz affectent les eaux de surface et souterraines pour former des systèmes hydrothermaux vigoureux.

Dans ces systèmes hydrothermaux, l’eau est piégée dans des pores de roches dans un état surchauffé. Puis, tout processus externe, tel qu’un tremblement de terre, un apport de gaz par le bas ou même un changement du niveau d’eau du lac, peut faire basculer cet équilibre délicat et relâcher la pression sur l’eau chaude et piégée.

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Crédits : Michael Schade (@sch)/Twitter

Effet résultant en une éruption entraînée par la vapeur qui en résulte, également appelée éruption hydrothermale ou phréatique, qui peut se produire soudainement et avec peu ou pas de signes avant-coureurs détectables.

À noter que la dilatation de l’eau en vapeur se produit à une vitesse supersonique et que le liquide peut atteindre 1700 fois son volume d’origine. Cela a bien entendu des conséquences catastrophiques. Cette énergie extrême d’expansion est suffisante pour briser de la roche solide, creuser des cratères et éjecter des fragments de roche et des cendres à des centaines de mètres de l’évent.

Bientôt de nouvelles éruptions ?

Les risques attendus des éruptions entraînées par la vapeur sont de violentes éjections de blocs chauds et de cendres, et la formation de courants « semblables à des ouragans » de cendres humides et de particules. Ceux-ci peuvent être mortels en termes de traumatismes d’impact, de brûlures et de blessures respiratoires.

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Bien que ces éruptions soient de courte durée, une fois qu’elles se produisent, il y a de fortes chances pour que d’autres éruptions, généralement plus petites, surviennent. White Island est l’endroit optimal pour une telle activité, au vu de sa nature, mais ce n’est pas le seul endroit en Nouvelle-Zélande où cela peut se produire.

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Crédits : Michael Schade (@sch)/Twitter

Le mont Ruapehu : un volcan actif situé dans le centre de l’île du Nord. La montagne comporte les seuls glaciers et les plus grandes pistes de skis de l’île du Nord. Il y a aussi le mont Tongariro : situé au nord-est du mont Ruapehu, cette fois-ci, il s’agit d’un volcan andésitique complexe formé d’une douzaine de cônes et de plusieurs cratères imbriqués. Avec les zones géothermiques du centre de l’île du Nord, tous ont le potentiel de provoquer de tels événements.

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Crédits : Michael Schade (@sch)/Twitter

Au cours de ces 100 dernières années, plus de 60 éruptions hydrothermales ont eu lieu en Nouvelle-Zélande. Certaines de ces catastrophes ont provoqué des décès.

Sur le même thème : Détection de la plus grande éruption volcanique sous-marine de l’histoire

Aucun avertissement…

La surveillance et l’alerte des éruptions hydrothermales est un énorme défi. En général, nous ne pouvons pas prévoir ces éruptions. Les périodes dites d’avertissement, surviennent une fois qu’un événement est déjà en cours, et sont probablement de l’ordre de quelques secondes à quelques minutes seulement.

Le seul espoir d’anticiper des événements de ce type est de suivre la pression potentielle de vapeur et de liquide dans les systèmes hydrothermaux et d’apprendre à analyser leur comportement à long terme, lorsqu’ils sont dans un état supercritique. Cependant et malheureusement, il n’y a pas une simple marche à suivre existante et chaque système hydrothermal est différent.

Cela peut sembler fou qu’à notre ère, où la surveillance instrumentale est omniprésente dans tous les domaines, il ne soit pas ou peu probable de prévenir de tels événements avant qu’ils ne surviennent. À noter également que l’éruption n’est pas causée par le magma, mais par la vapeur, ce qui est beaucoup plus difficile à tracer, suivre et mesurer par les systèmes de surveillance actuels.

Source : GeoNet

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