Le fait de voyager loin de chez soi est associé à une meilleure santé, révèle une étude

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| Illustration par Jonathan Paiano pour Trust My Science. Licence disponible ICI.
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Les déplacements en dehors de la zone de résidence offrent généralement l’opportunité de rencontrer d’autres personnes, de découvrir des choses et d’accéder à un plus large éventail de services. Mais tout le monde ne peut se le permettre : l’absence de transports ou des raisons personnelles limitent parfois les possibilités. Des chercheurs de l’University College de Londres ont entrepris de déterminer dans quelle mesure ces déplacements limités pouvaient impacter la santé des individus.

En se déplaçant de plusieurs kilomètres, les gens peuvent faire les boutiques, utiliser des services (soins de santé ou de beauté, etc.) et accéder à plus d’opportunités en termes d’éducation, d’emploi ou de loisirs. Cela leur permet également de rencontrer d’autres personnes, de voir d’autres choses que leur environnement familier. Pour les personnes âgées en particulier, c’est une façon de rester connecté à la société, expliquent les chercheurs.

Certaines personnes sont cependant limitées dans leur capacité à voyager en dehors de leur zone locale, pour diverses raisons. Cela peut être dû aux temps et aux coûts de déplacement, au manque de moyens de transport ou à des facteurs plus personnels. Ces contraintes réduisent de ce fait la participation sociale des individus, ce qui peut avoir un impact néfaste sur leur santé. Pour évaluer l’ampleur du problème, les chercheurs ont mené une enquête en ligne auprès d’environ 3000 résidents du nord de l’Angleterre, où de nombreuses zones rurales et suburbaines souffrent d’une mauvaise accessibilité aux transports et où les habitants présentent des problèmes de santé plus graves que dans le reste du pays.

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Des déplacements fréquents et variés pour une meilleure santé

Les contraintes de déplacement ont déjà été identifiées comme un facteur contribuant au désavantage économique et à une baisse du bien-être subjectif dans cette région, mais il existait jusqu’à présent peu de preuves d’impacts négatifs sur la santé. Grâce à cette nouvelle étude, les chercheurs ont mis en évidence les effets directs et indirects des contraintes de déplacement en dehors de la zone locale (que les auteurs de l’étude définissent comme étant à plus de 24 km du domicile).

Plus précisément, ils ont examiné les liens entre les contraintes perçues en matière de déplacements en dehors de la zone locale (telles que l’absence de transports publics adaptés) et l’auto-évaluation de la santé. Pour cela, ils ont considéré plusieurs aspects : la fréquence des déplacements, le nombre de lieux différents visités, la distance parcourue et le mode de déplacement (voiture ou transports publics). L’état de santé général a été autoévalué sur une échelle de 5 points.

Il ressort de l’étude que la fréquence des déplacements et l’éventail des lieux visités sont particulièrement importants — les personnes qui voyagent régulièrement à plus de 24 kilomètres de leur domicile étant plus susceptibles de se déclarer en bonne santé générale. Aucune association n’a en revanche été établie entre la distance parcourue et l’auto-évaluation de la santé.

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Analyse de chemin pour le modèle principal. L’association la plus forte était le fait de voir fréquemment des amis (0,106), suivie des adhésions à un club ou autre (0,080) et de voir fréquemment la famille (0,040). Un seul type de contrainte de déplacement (la fréquence des déplacements) était directement associé à l’état de santé autoévalué, avec un effet négatif, comme attendu (-0,083). © P. Anciaes et al.

Les personnes qui se rendent dans des endroits plus variés sont plus susceptibles de voir leurs amis et leur famille. Cette augmentation de la participation sociale est liée à une meilleure santé, expliquent les chercheurs. À l’inverse, les proportions de répondants déclarant une mauvaise ou une très mauvaise santé étaient significativement plus élevées parmi les répondants qui voient leur famille ou leurs amis moins d’une fois par mois. Les contraintes liées à la fréquence des déplacements sont elles aussi liées à une moins bonne santé autoévaluée, mais via d’autres voies que celle de la participation sociale (non identifiées).

Une association plus forte chez les personnes âgées

Les résultats variaient selon le groupe d’âge : les liens entre les contraintes de déplacement, la participation sociale et la santé étaient plus forts chez les personnes âgées de plus de 55 ans. Chez les répondants âgés de moins de 55 ans, les contraintes liées au nombre d’endroits différents où les gens peuvent se rendre sont associées au fait de voir rarement la famille ; chez les plus de 55 ans, ces contraintes étaient liées au fait de ne pas voir souvent leurs amis et de ne pas être membre de clubs ou d’associations.

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« Les personnes âgées de plus de 55 ans sont plus susceptibles d’être confrontées à d’autres contraintes pour voyager, comme une mobilité réduite. Elles sont également plus susceptibles de souffrir de solitude », explique le Dr Paulo Anciaes, qui a dirigé l’étude.

À cela s’ajoute le fait que les zones rurales et suburbaines du nord de l’Angleterre, de par leurs possibilités d’accès limitées, sont plus susceptibles de connaître une perte de population. Les jeunes se déplacent vers les villes à la recherche de travail (et de meilleures offres de déplacement), tandis que les générations plus âgées sont « laissées pour compte » dans ces zones aux possibilités de transport limitées, précise le chercheur.

Anciaes et son co-auteur, Paul Metcalfe, affirment que leur étude démontre clairement la nécessité d’améliorer l’accès aux trains et aux bus dans les régions qui sont aujourd’hui peu ou mal desservies, afin d’augmenter l’implication sociale des individus et ainsi améliorer leur santé. « Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de politiques publiques qui réduisent les contraintes de déplacement dans la région, en offrant de meilleures options de transport privé et public qui permettent des déplacements plus fréquents et plus longs », concluent-ils.

Source : P. Anciaes et al., Journal of Transport & Health

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