40% des espèces végétales mondiales sont menacées d’extinction

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Le changement climatique et la perte de biodiversité sont au coeur des préoccupations internationales — hors période COVID-19 —, et la destruction de notre environnement naturel en est l’une des principales causes. Aujourd’hui, selon un rapport international, deux espèces de plantes sur cinq sont menacées d’extinction. Les 210 scientifiques — de 42 pays — ayant participé au rapport nous rappellent à quel point il est urgent d’augmenter les efforts de préservation de la biodiversité.

Pour le commun des mortels, le fait que les plantes et les champignons soient à la base de la vie sur Terre est difficile à croire. Pourtant, c’est ainsi que le monde s’est développé et s’est construit. Récemment, des chercheurs ont déclaré que nous sommes à présent dans une véritable course contre la montre pour trouver et identifier les espèces menacées avant qu’elles ne disparaissent.

Ces espèces, dont certaines sont inconnues et beaucoup sont déjà répertoriées, constituent un « coffre aux trésors » inexploité de nourriture, de médicaments et de biocarburants qui pourraient permettre de relever nombre des plus grands défis de l’humanité (actuels et à venir), déclarent les chercheurs, y compris des traitements potentiels contre les coronavirus et d’autres agents pandémiques.

Plus de 4000 espèces de plantes et de champignons ont été découvertes en 2019. Parmi celles-ci, six espèces d’Allium en Europe et en Chine (le même groupe que les oignons et l’ail), dix parents des épinards en Californie ainsi que deux parents sauvages du manioc, qui pourraient aider à protéger contre la crise climatique. À savoir que le manioc est un aliment de base consommé par plus de 800 millions de personnes dans le monde.

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Un échec mondial quant aux objectifs de préservation de la biodiversité

Parmi les nouvelles plantes médicinales, on trouve une espèce de chardon bleu au Texas (dont certains parents peuvent traiter les inflammations), une espèce d’Artemisa antipaludéenne au Tibet et trois variétés d’onagre. « Nous ne pourrions pas survivre sans les plantes et les champignons – toute vie en dépend -, et il est vraiment temps d’ouvrir le coffre aux trésors », a déclaré le professeur Alexandre Antonelli, directeur scientifique des Jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni. Le RBG Kew a dirigé le rapport, auquel ont participé 210 scientifiques de 42 pays.

« Chaque fois que nous perdons une espèce, nous perdons une opportunité pour l’humanité », a déclaré Antonelli. « Nous perdons une course contre la montre car nous perdons probablement des espèces plus vite que nous ne pouvons les trouver et les nommer », ajoute-t-il.

Les Nations unies ont révélé la semaine dernière que les gouvernements du monde n’ont pas réussi à atteindre un seul des objectifs pour endiguer la perte de biodiversité au cours de la dernière décennie. Les chercheurs ont basé leur évaluation de la proportion des espèces menacées d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais seule une petite fraction des 350’000 espèces de plantes connues a été évaluée. Les scientifiques ont donc utilisé des techniques statistiques pour corriger les biais dans les données, comme le manque de travail sur le terrain dans certaines régions.

Un recours à l’IA pour mieux évaluer les zones peu étudiées

Ils ont également eu recours à l’intelligence artificielle pour évaluer les zones peu connues. « Nous avons maintenant des approches d’IA qui sont précises à 90% », a déclaré Eimear Nic Lughadha, un des principaux responsables de la recherche au RBG Kew. « Elles sont assez bonnes pour dire que cette région compte de nombreuses espèces qui n’ont pas été évaluées mais qui sont presque certainement menacées ». En 2019, Nic Lughadha a rapporté que 571 espèces se sont éteintes depuis 1750, bien que le nombre réel soit probablement beaucoup plus élevé.

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Le rapport sur l’état des plantes de 2016 a révélé qu’une espèce sur cinq était menacée, mais la nouvelle analyse révèle que le risque réel est beaucoup plus élevé. La principale cause des pertes de plantes est la destruction de l’habitat sauvage pour créer des terres agricoles. La surexploitation des plantes sauvages, les constructions, les espèces envahissantes, la pollution et, de plus en plus, la crise climatique, sont également des causes importantes de pertes.

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Des milliards de personnes comptent sur les plantes médicinales comme principale source de soins de santé, mais le rapport a constaté que 723 espèces utilisées comme traitements sont menacées d’extinction. Parmi celles-ci, on trouve une sorte de trompette des anges écarlate (Brugmansia sanguinea) en Amérique du Sud, utilisée pour les troubles circulatoires, aujourd’hui disparue à l’état sauvage, et une sarracénie indienne traditionnellement utilisée pour les maladies de la peau.

Les plantes et les champignons comme remèdes durant les pandémies

« Seuls 7% des plantes [connues] ont des utilisations documentées en tant que médicaments, et les plantes et champignons du monde entier restent donc largement inexploités en tant que sources potentielles de nouveaux médicaments », a déclaré Melanie-Jayne Howes, responsable de la recherche au RBG Kew. « Il est donc absolument essentiel que nous protégions mieux la biodiversité afin d’être mieux préparés aux nouveaux défis qui se posent à notre planète et à notre santé ».

La professeur Monique Simmons, qui effectue des recherches sur l’utilisation des plantes et des champignons au RBG Kew, a déclaré que la nature était un lieu clé pour la recherche de traitements contre les coronavirus et d’autres maladies à potentiel pandémique : « Je suis absolument certaine qu’à l’avenir, certaines des pistes pour la prochaine génération de médicaments dans ce domaine viendront des plantes et des champignons ».

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Le rapport a également mis en évidence le très petit nombre d’espèces végétales dont l’humanité dépend pour son alimentation. Cela rend l’approvisionnement vulnérable aux changements climatiques et aux nouvelles maladies, d’autant plus que la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’habitants d’ici 2050. La moitié de la population mondiale dépend du riz, du maïs et du blé et seulement 15 plantes fournissent 90% de toutes les calories.

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« La bonne nouvelle est que nous disposons de plus de 7000 espèces végétales comestibles, que nous pourrions utiliser à l’avenir pour sécuriser réellement notre système alimentaire », a déclaré Tiziana Ulian, responsable de la recherche au RBG Kew.

Ces espèces sont toutes nutritives, robustes, à faible risque d’extinction, et ont déjà passé le stade de l’utilisation exclusive comme aliments locaux. Cependant, seulement 6% sont cultivées à grande échelle pour le moment. Parmi les futurs aliments potentiels, citons la fève morama, une légumineuse sud-africaine tolérante à la sécheresse (qui a le goût de la noix de cajou lorsqu’elle est grillée), et une espèce de fruit de pandan qui pousse notamment à Hawaï et aux Philippines.

« Les milliers d’espèces de plantes négligées sont la bouée de sauvetage de millions de personnes sur Terre, tourmentées par un changement climatique sans précédent, une insécurité alimentaire et nutritionnelle généralisée et la pauvreté », a déclaré Stefano Padulosi, ancien scientifique principal de l’Alliance of Biodiversity International. « Exploiter ce panier de ressources inexploitées pour rendre les systèmes de production alimentaire plus diversifiés et plus résistants au changement devrait être notre devoir moral ».

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Le rapport a également souligné le fait que les niveaux actuels de l’apiculture dans des villes comme Londres menaçaient les abeilles sauvages, car le nectar et le pollen disponibles sont insuffisants pour soutenir le nombre de ruches, et les abeilles domestiques sont en concurrence avec les abeilles sauvages.

Source : Kew.org

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