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Une étude rendue publique cette semaine a montré que le propionate (ou propanoate), un additif alimentaire, pourrait favoriser l’hyperglycémie et la résistance à l’insuline. Une découverte qui pourrait avoir son importance pour le régime des diabétiques.

Le propionate, un acide gras qui est produit naturellement par les bactéries de la flore intestinale, peut être ajouté dans les aliments transformés comme agent conservateur et arôme artificiel. Mais sa consommation sous forme d’additif, approuvée par les agences de sécurité alimentaire, pourrait à présent être remise en doute.

Un groupe de chercheurs a réalisé des tests sur des souris en leur donnant à boire, durant 20 semaines, des faibles doses de la molécule diluées dans de l’eau, et ont noté chez elles une prise de poids ainsi qu’un début de résistance à l’insuline. Ceci ne fut pas le cas chez les souris de contrôle, qui avaient reçu uniquement de l’eau.

Après avoir mesuré leur taux d’hormones, ils ont constaté une perturbation de la synthèse de noradrénaline (un régulateur de la pression artérielle), du glucagon (une hormone hyperglycémiante ; qui augmente la glycémie) et du FABP4 (qui semble jouer un rôle dans le métabolisme des acides gras). Ces dérégulations ont causé des hyperglycémies et une élévation du niveau de glucose.

La suite du projet fut réalisée sur des hommes. Quatorze volontaires sains ne souffrant pas de diabète et de faible corpulence devaient consommer à l’aveugle des repas contenant 1 gramme de propionate (une quantité similaire à ce que l’on trouve dans de nombreux plats d’aliments transformées), ou un placebo. Des échantillons de leur sang étaient prélevés avant le repas et à des intervalles réguliers de 4 heures, après avoir mangé.

Une semaine plus tard, ceux ayant consommé des repas contenant du propionate recevaient des repas placebo, et vice versa. Les résultats obtenus furent similaires à ceux obtenus avec les souris, soit une élévation du taux d’hormones, du taux d’insuline et de la résistance à l’insuline.

Les deux groupes ont montré un taux élevé de glucose après les repas, comme attendu, mais ceux ayant pris du propionate ont vu leur glycémie revenir à la normale un peu plus tardivement.

Les chercheurs avaient parallèlement analysé des données d’une précédente étude sur la perte de poids, avec plus de 160 participants, et avaient identifié une corrélation entre le taux de propionate enregistré dans le sang et la résistance à l’insuline. De plus, une importante diminution de l’ingestion de propionate chez certains participants a montré une amélioration de leur résistance à l’insuline.

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Cependant, ces premières recherches ne suffisent pas pour confirmer la culpabilité du propionate dans l’apparition du diabète et la résistance à l’insuline. D’autres études suggèrent un effet positif pour l’organisme lors de sa production par les bactéries intestinales, mais son ajout en tant qu’additif ne serait pas aussi bénéfique.

Il est possible que cela soit dû à la manière dont il entre dans le corps. Les scientifiques hypothétisent que la molécule aurait davantage de contact avec le tractus gastro-intestinal lorsqu’il est consommé que lorsqu’il est produit par les bactéries du côlon.

« Je dirais que les résultats sont un peu préoccupants s’ils signifient en fait que la consommation de propionate pourrait à la fois augmenter la glycémie et réduire l’efficacité de l’insuline », explique Dana Hunnes, diététicienne senior qui n’a pas participé à l’étude. « Pour les personnes atteintes de diabète, cela pourrait essentiellement signifier qu’elles auraient besoin de plus d’insuline pour traiter efficacement la même dose de glucose [ou] de nourriture ».

Les États-Unis, réputés pour leur production importante d’aliments transformés, et lieu où une partie de l’étude s’est déroulée, fait partie des pays possédant le plus haut taux de personnes considérées comme obèses (plus de 2/3 de sa population), et le nombre de cas de diabète ne cesse d’augmenter. En France, en 2016, 3.3 millions de personnes ont pris un traitement médicamenteux pour le diabète (5.4% de la population).

Hunnes ajoute que davantage d’études plus poussées sont nécessaires, avec une plus large proportion de cette population qui devrait y participer. En attendant, elle conseille de minimiser la consommation d’aliments transformés, malgré leur présence croissante sur le marché.

Source : Science Translational Medicine

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