Les pensées que nous ne formulons jamais à haute voix n’appartiennent qu’à nous… mais aussi à AlterEgo. Ce casque développé par trois ingénieurs du MIT, a la faculté « d’entendre » les pensées d’un individu, de les interpréter et même de les retranscrire sur n’importe quel écran ou appareil de communication. 

La production de la parole chez l’humain implique l’action d’un certain nombre de systèmes physiologiques complexes. Lorsque les mots ou les pensées à exprimer sont générés dans le cerveau, ils sont encodés en tant qu’instances linguistiques par l’aire de Broca et l’aire motrice supplémentaire puis transformés en signaux neuromusculaires destinés à l’articulation vocale, c’est-à-dire à la vocalisation en elle-même. Toutes les étapes avant la verbalisation forment la « subvocalisation » (le fait de se « parler à soi-même » en quelque sorte).

AlterEgo est composé de sept électrodes, situées autour de la bouche et la mâchoire, détectant la présence de ces signaux neuromusculaires. Une fois détectés, ces signaux sont transmis au processeur principal du casque renfermant un réseau de neurones à 1 dimension, permettant d’extraire et traiter les informations syntaxiques nécessaires à la classification, l’organisation et l’interprétation des mots issus des signaux de subvocalisation.

casque alterego

AlterEgo est composé de 7 électrodes placées autour de la bouche et de la mâchoire, détectant les signaux neuromusculaires générés par la subvocalisation. Crédits : Anav Kapur & al

Les ingénieurs ont testé leur prototype sur quelques personnes qui ont entraîné le logiciel à reconnaître certains ordres mentaux comme « appeler », « répondre », « ajouter », « diviser », etc. Ainsi, le casque a réussi à identifier, interpréter et répondre aux mots subvocalisés avec une précision spectaculaire de 92%. En outre, des écouteurs par conduction osseuse peuvent être reliés à AlterEgo afin que celui-ci réponde en toute discrétion. Une telle fonctionnalité pourrait permettre à deux interlocuteurs de discuter sans jamais prononcer une seule parole.

Le prototype possède un certain nombre d’avantages. Il n’est pas invasif (aucune électrode n’est implantée dans le cerveau), il est portable et léger, il ne permet pas de lire les « pensées cloisonnées » (c’est-à-dire les pensées non destinées à être verbalisées). Le casque pourrait centraliser et contrôler toute la domotique d’une habitation ainsi que les appareils numériques en permettant, par exemple, d’envoyer des SMS, d’effectuer des calculs sur une calculatrice, d’allumer le four, d’éteindre les lumières, etc. En outre, il offrirait un véritable confort de vie aux personnes ayant perdu l’usage de la parole ou de la vision.

alterego utilisation

Les différentes utilisations possibles d’AlterEgo. Crédits : Anav Kapur & al

Néanmoins, de nombreux aspects du dispositif sont encore à améliorer avant de pouvoir séduire le grand public et d’être potentiellement commercialisé en masse. Tout d’abord, l’ergonomie et l’esthétisme du casque ne sont pas optimaux. Ensuite, AlterEgo ne gère pas le multi-tâches : subvocaliser plusieurs pensées en même temps conduit à d’importantes erreurs de lecture et d’interprétation. Pour finir, sa sécurité informatique doit être totale ; les conséquences d’un piratage pourraient s’avérer désastreuses.

Source : MIT

Une réponse

  1. Fred

    Sauf erreur, le principe est décrit dans un dernier volume de Fondation d’Asimov, ou des groupes de personnes ont développé la lecture des micro mouvements musculaire du village comme moyen de langage (ce qui fait croire à de la transmission de pensée)

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