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Une nouvelle recherche montre que le coronavirus pourrait être encore plus compliqué à combattre que ce que l’on pensait. En effet, même si votre corps développe des anticorps face à cette maladie, ces derniers pourraient bien disparaître après quelques mois seulement.

Lorsque le système immunitaire combat une maladie, en général, le corps développe une certaine résistance à cette même maladie. Cependant et malheureusement, en ce qui concerne le COVID-19, la réalité peut être plus complexe. La principale manière dont le système immunitaire développe une résistance est de produire des anticorps, des protéines codées pour traquer des agents pathogènes spécifiques. Parfois, ces anticorps repoussent la maladie pendant des années.

Mais selon les résultats de la nouvelle étude, les anticorps développés contre le coronavirus SARS-CoV-2 peuvent disparaître en seulement deux à trois mois, en particulier pour les personnes qui n’ont eu qu’un cas bénin de COVID-19. Par ailleurs, les personnes asymptomatiques au coronavirus présenteraient un niveau d’anticorps d’autant plus bas à celles ayant contracté les symptômes.

De ce fait, les personnes qui ont été infectées par le nouveau coronavirus, sans développer de symptômes de la maladie COVID-19 ou qui ont uniquement présenté des symptômes bénins, auront également eu une réponse immunitaire plus faible contre le virus (par rapport à celles plus gravement touchées).

Bien entendu, cela pose un problème aux gouvernements, qui misent sur le développement de l’immunité collective (soit la résistance aux futures infections à l’échelle de la société), en l’absence d’un vaccin ou d’un traitement efficace contre le coronavirus. Cela suggère également que la distribution de « passeports d’immunité » ne fera que compliquer la situation, car certains survivants pourraient redevenir vulnérables progressivement.

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Un site d’enterrement de patients ayant succombé à COVID-19, à Santiago, au Chili, cette semaine. Crédits : Javier Torres/AFP/Getty Images

« Ces données pourraient indiquer les risques liés à l’utilisation des ‘passeports d’immunité’ COVID-19, et soutenir la prolongation des interventions de santé publique, notamment la distanciation sociale, l’hygiène, l’isolement des groupes à haut risque et les tests à grande échelle », ont publié jeudi les scientifiques à l’origine de la nouvelle étude dans la revue Nature Medicine.

Afin de mieux comprendre comment fonctionne la réponse immunitaire du corps face au nouveau coronavirus, les chercheurs ont mesuré les taux de cytokines et de chimiokines dans le sang, et ont observé leurs bas niveaux chez les patients asymptomatiques, montrant une réponse inflammatoire réduite : « Dans cette étude, nous avons observé que les taux d’IgG et d’anticorps neutralisants chez une forte proportion de personnes qui se sont rétablies d’une infection par le SRAS-CoV-2 commencent à diminuer dans les 2 à 3 mois suivant l’infection », ont expliqué les chercheurs.

Sur le même thème : COVID-19; les masques en tissu nécessitent 3 couches spécifiques pour bloquer efficacement le coronavirus

Mais il reste important de souligner un élément important. La recherche n’a impliqué qu’un petit nombre de participants : seulement 37 survivants qui ont montré des symptômes et 37 autres qui n’ont pas montré de symptômes. De ce fait, une autre étude, plus vaste, incluant un nombre plus élevé de participants sera nécessaire afin de gagner plus de certitude statistique. « Bien qu’il s’agisse d’un échantillon de patients assez faible, cela correspond à certaines préoccupations selon lesquelles l’immunité naturelle aux coronavirus peut être d’une durée très courte », a déclaré Danny Altmann, l’immunologue de l’Imperial College de Londres, qui n’a pas travaillé sur l’étude.

Dans tous les cas, les chercheurs souhaitent poursuivre leurs recherches « de toute urgence » sur de plus grands groupes de patients (avec et sans symptômes), dans le but de déterminer la durée de l’immunité provenant des anticorps.

Source : Nature Medicine
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2 Réponses

  1. alf63

    De quelle étude s’agit-il ?
    “Une nouvelle étude”, mais écrite par qui, publiée à quelle date ? Serait-il possible d’avoir un lien vers l’étude ?
    Je me souviens d’une étude foireuse similaire en préprint il y a 2 mois… Vous n’êtes pas en train de nous ressortir du réchauffé moisi ?

    Répondre
    • Thomas Boisson
      Thomas Boisson

      Bonjour,

      Comme dans tous nos articles, les sources sont disponibles en fin d’article, et celle-ci n’y fait pas exception.
      Cette étude est publiée dans la revue Nature Medicine, donc avec un processus de peer-review et un très bon impact factor.

      Répondre

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