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L’armée américaine développe une technologie contrôlable par la pensée

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| DailyMail

Une récente percée dans le décodage des signaux cérébraux pourrait constituer le premier pas vers un avenir où l’on pourrait contrôler des machines par la pensée, communiquer en silence ou encore obtenir des informations vitales avant d’en avoir conscience. Une nouvelle étude financée par le Bureau de recherche de l’armée américaine a permis d’isoler les signaux cérébraux qui influencent l’action ou le comportement du reste des signaux, en utilisant un algorithme et des modèles mathématiques complexes.

Des chercheurs de l’Université de Californie du Sud, à l’origine de l’avancée, travaillent depuis de nombreuses années sur le développement d’interfaces homme-machine, dont le but est une communication instantanée entre des dispositifs numériques et le cerveau par le biais des ondes cérébrales. « Ici, nous ne mesurons pas seulement les signaux, nous les interprétons », déclare Hamid Krim, responsable de programme pour le Bureau de recherche de l’armée. Les chercheurs veulent à terme aboutir à un système où la machine peut fournir un retour d’information au cerveau des soldats, pour leur permettre de prendre des mesures correctives avant que quelque chose de néfaste ne se produise (avant qu’ils n’en aient conscience). Une capacité qui pourrait protéger la santé d’un combattant.

Krim a notamment souligné les signaux de stress et de fatigue que le cerveau émet avant que quelqu’un réalise réellement qu’il est stressé ou fatigué, indiquant ainsi aux troupes quand elles doivent faire une pause. La seule limite aux possibilités est l’imagination, déclare Krim. Une autre utilisation potentielle future est la communication silencieuse. Les chercheurs pourraient s’appuyer sur ces résultats pour permettre au cerveau et aux ordinateurs de communiquer, afin que les soldats puissent le faire en silence via un ordinateur sur le terrain et rester furtifs lors des opérations.

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« Dans un théâtre, vous pourriez voir deux personnes qui se parlent sans même chuchoter un mot », explique Krim. « Donc, [imaginez] que vous et moi sommes dans un théâtre et que nous devons parler de quelque chose à laquelle nous sommes confrontés. Je vais essentiellement parler à mon ordinateur par la pensée – qui peut être dans une poche (un téléphone portable par exemple), et cet ordinateur communique avec votre ordinateur (portable), qui enverra à son tour un signal à votre cerveau (pour vous transmettre ce que j’ai dit) ».

Les premières applications militaires devront patienter

Au cours d’une expérience de laboratoire, les chercheurs ont suivi les signaux cérébraux d’un singe qui cherchait à attraper une balle, à plusieurs reprises, afin de séparer les différents types de signaux cérébraux. C’est ainsi qu’ils ont pu séparer, à l’aide d’algorithmes complexes, les signaux de mouvement de ceux liés à d’autres actions. Mais malgré ces avancées, il reste encore énormément de travail à faire pour préciser ce « filtrage des signaux ». De ce fait, les chercheurs pensent que nous sommes encore à des décennies d’obtenir une quelconque interface homme-machine utilisant les signaux cérébraux pour agir dans un cadre militaire.

Les chercheurs vont maintenant essayer d’identifier d’autres signaux (que les signaux de mouvement). Krim résume très bien les obstacles techniques auxquels font face les chercheurs : « Vous pouvez lire tout ce que vous voulez ; mais cela ne veut pas dire que vous le comprenez. […] L’étape suivante est de pouvoir le comprendre ». Plus précisément, cette étape suivante est la décomposition des signaux cérébraux en mots et intonations, et inversement. « Le but est de pouvoir synthétiser dans un certain sens, comme quand vous apprenez votre vocabulaire et votre alphabet, puis vous êtes capable de composer des phrases », ajoute Krim.

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Le programme de recherche a été mené avec d’autres partenaires américains de l’Université de Californie à Los Angeles, de l’Université de Californie à Berkeley, de l’Université de Duke et de l’Université de New York. Il a également impliqué plusieurs universités du Royaume-Uni, notamment l’Essex, Oxford et l’Imperial College. L’armée leur fournit jusqu’à 6,25 millions de dollars de financement sur cinq ans.

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