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Sur la Lune, les astronautes ne sont jamais bien loin de la Terre. Ils peuvent même y dénicher des morceaux de la planète bleue. C’est ce que suggèrent les analyses menées par une équipe internationale de planétologues sur des échantillons lunaires rapportés par la mission Apollo 14 en 1971. Cette roche serait en outre la roche terrestre la plus vieille jamais trouvée.

Selon l’équipe internationale de planétologues ayant conduit l’analyse des échantillons, ce morceau de roche terrestre se serait retrouvé sur la Lune suite à un impact qui l’aurait délogé puis propulsé dans l’espace cis-lunaire, où il aurait fini par tomber sur la surface lunaire et se mêler aux autres matériaux. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Earth and Planetary Science Letters.

« C’est une découverte extraordinaire qui permet de brosser un meilleur tableau des débuts de la Terre et du bombardement qui a modifié notre planète à l’aube de la vie » déclare David Kring, géologue au Centre pour la science et l’exploration lunaires (CLSE). Pour accomplir cet exploit, une équipe de scientifiques du CLSE a mis au point des techniques permettant de localiser les fragments d’impacteurs dans le régolithe lunaire — la fine poussière tapissant la surface de la Lune.

morceau roche terre

Photo de l’échantillon de roche. Il contient des éléments communs sur Terre mais rares sur la Lune, suggérant une formation terrestre. Crédits : J.J.Bellucci et al. 2018

Ils ont ainsi identifié un fragment de roche composé de quartz, de zircon et de feldspath, pour une masse de 2 grammes. Ces éléments sont tous couramment trouvés sur Terre mais sont rares sur la Lune. D’après des analyses chimiques, le fragment de roche s’est probablement cristallisé dans un environnement oxydé semblable à celui de la Terre, et aux températures terrestres, plutôt que dans les conditions régnant sur la Lune.

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distance terre lune

Il y a 3.9 milliards d’années, la Lune était bien plus proche de la Terre, plus de la moitié de sa distance actuelle. La roche délogée de la Terre aurait donc pu aisément atterrir sur la Lune. Crédits : David A. Kring

L’équipe a découvert que la roche se serait probablement cristallisée à environ 20 kilomètres sous la surface de la Terre. Un événement d’impact important l’a ensuite délogé de la Terre et lancé dans l’espace cis-lunaire. À l’époque, la Lune était beaucoup plus proche de la Terre, plus de la moitié de sa distance actuelle. Une fois que le rocher a atterri sur la Lune, les impacts suivants l’ont enterré sous la surface, il y a environ 3.9 milliards d’années.

illustration terre hadeen

Vue d’artiste de la Terre durant l’Hadéen, c’est-à-dire la période pendant laquelle la roche analysée dans le cadre de l’étude s’est formée. Crédits : Simone Marchi

Kring admet que l’origine du rocher sera probablement controversée. Bien que cette hypothèse soit actuellement l’explication la plus simple, il est également possible que la roche se soit cristallisée sur la Lune dans des conditions non encore connues et à une profondeur suffisante. Par conséquent, les chercheurs estiment que l’échantillon est plutôt le vestige d’une période de bombardement intense dans l’histoire du Système solaire.

Le dernier événement ayant influencé cette roche aurait pu se produire il y a environ 26 millions d’années, lorsqu’un astéroïde a frappé la Lune et a formé un cratère de 340 mètres de diamètre, ramenant la roche à la surface. Les astronautes d’Apollo 14 l’ont ensuite recueillie il y a 48 ans, et ce n’est que maintenant que les analyses sont publiées.

Source : Earth and Planetary Science Letters

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