Audioprothèses : des dispositifs aujourd’hui à la pointe de la technologie

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De par le vieillissement de la population, le marché des audioprothèses est en plein essor, d’autant plus depuis la mise en œuvre de la réforme 100% Santé, qui vise à faciliter l’accès aux soins et aux équipements auditifs, optiques et dentaires. Malgré un coût réduit, certaines personnes présentant des troubles de l’audition hésitent encore à s’équiper d’une audioprothèse. En cause : l’image que véhicule ce type d’appareil et des performances jugées (à tort) insuffisantes. Pourtant, le secteur a réalisé des progrès significatifs et les appareils auditifs sont désormais à la pointe de la technologie.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1,5 milliard de personnes dans le monde sont atteintes d’une déficience auditive plus ou moins prononcée. Ce nombre devrait grimper à 2,5 milliards d’ici 2050. La France compte plus de 6 millions de malentendants, mais seuls 17% d’entre eux sont équipés d’un appareil auditif. Plusieurs causes peuvent être à l’origine d’une perte d’audition : maladies génétiques ou infectieuses, exposition (ponctuelle ou chronique) à des sons trop forts, médicaments ototoxiques. Dans la plupart des cas, la déficience auditive est simplement liée au vieillissement : on parle de presbyacousie.

Ainsi, dans l’inconscient collectif, le port d’un appareil auditif est perçu comme un signe de déclin, ce qui explique pourquoi beaucoup de gens sont réfractaires à ces dispositifs médicaux. Il y a quelques années, les audioprothèses étaient peu esthétiques, très visibles et affichaient des performances limitées (notamment dans les environnements particulièrement bruyants) — une image qui persiste encore aujourd’hui, alors que les équipements sont beaucoup plus sophistiqués.

Une aide auditive pour chaque niveau de surdité

À noter qu’une audioprothèse ne restaure pas totalement les capacités auditives : une fois endommagées, les cellules ciliées — qui tapissent la cochlée dans l’oreille interne, et captent les vibrations du son — ne peuvent être régénérées et sont définitivement perdues. En revanche, une prothèse auditive permet de compenser une partie de ce que l’oreille n’est plus capable de faire par manque de sensibilité.

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On distingue trois grands types d’audioprothèses : les contours d’oreille (ou BTE pour Behind The Ear), les écouteurs déportés (ou RITE pour Receiver In The Ear) et les appareils intra-auriculaires (ou CIC pour Completely In The Canal). Les contours d’oreille sont des aides auditives généralement utilisées dans le cas de pertes auditives sévères à profondes ; le boîtier, qui contient l’ensemble du système (micro, amplificateur et écouteur) se positionne derrière le pavillon de l’oreille et est relié à l’embout auriculaire par un tube acoustique. Ce type d’aide auditive est très efficace, offre une bonne autonomie et est particulièrement résistant, mais il est aussi le plus visible.

Les écouteurs déportés, plus petits, sont plus discrets. Le boîtier qui se positionne derrière l’oreille contient tous les composants mis à part le récepteur (l’écouteur), qui vient se placer dans le conduit auditif ; un fin tube transparent relie les deux éléments. Ils sont généralement destinés aux surdités légères à moyennes. Enfin, les appareils intra-auriculaires sont évidemment les plus discrets, car ils s’insèrent complètement dans le conduit auditif. En revanche, ils ne peuvent convenir aux personnes qui possèdent un conduit auditif trop étroit ou qui ont une surdité trop importante.

Quel que soit le type d’appareil, le fonctionnement est le même : il capte les sons via un microphone, puis les convertit en signaux numériques et les amplifie à l’aide d’un microprocesseur. Le son est ensuite restitué dans l’oreille par un écouteur. Grâce aux progrès de la microélectronique et de l’informatique — notamment des puissances de calcul plus élevées — les dispositifs se font aujourd’hui de plus en plus discrets et de plus en plus sophistiqués. Ils sont capables de restituer le son en s’adaptant automatiquement à l’environnement sonore de l’individu, réduisant ou amplifiant sélectivement certaines fréquences selon les besoins — ce qui permet par exemple de privilégier les voix dans un environnement bruyant.

Des appareils connectés et plus intelligents

De nouvelles technologies permettent en effet d’offrir une clarté vocale exceptionnelle dans tous les types d’environnements, même les plus bruyants (bars et restaurants, conditions venteuses, etc.). Rehausseur de parole, suppression personnalisée du bruit ambiant, élimination de l’effet Larsen, vitesse de transmission plus élevée, voilà tout autant d’innovations offrant une expérience auditive améliorée et beaucoup plus fluide. Le son se fait d’autant plus naturel depuis le développement d’écouteurs nouvelle génération, qui à l’aide d’un microphone supplémentaire placé dans le conduit auditif, sont capables d’adapter la réception et le traitement du son à la morphologie de ce dernier (ex. : le ReSound ONE M&RIE).

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Encore plus impressionnant : certaines aides auditives, à l’instar de l’Oticon More, reposent sur le machine learning, afin d’optimiser en temps réel les sons de l’environnement du porteur. L’objectif étant de se rapprocher toujours plus du fonctionnement naturel du cerveau. Le modèle d’Oticon embarque un réseau neuronal profond, entraîné à partir de millions de situations sonores (issues de la vie réelle), qui est dès lors capable d’analyser tout type de sons, en augmentant les contrastes entre les différentes sources (le réseau neuronal choisit le meilleur réglage en fonction de la situation).

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Autre progrès notable : les aides auditives sont aujourd’hui de véritables objets connectés. Elles sont désormais contrôlables à distance par connexion Bluetooth, en toute discrétion, via une application pour smartphone. La plupart des dispositifs (ex. : Phonak Paradise, Oticon More) peuvent même être reliés à la télévision ou à d’autres appareils compatibles Bluetooth pour diffuser du contenu audio directement dans l’aide auditive. Il est même possible de connecter plusieurs appareils simultanément, pour passer de l’un à l’autre en fonction des envies et besoins.

Plusieurs modèles (ex. : Signia AX, Phonak Paradise) intègrent par ailleurs un capteur de mouvement permettant de passer d’une fonction à une autre d’un simple appui sur l’oreille : il est ainsi possible d’écouter de la musique, de la mettre en pause pour répondre à un appel, ou encore d’activer l’assistant vocal d’un geste rapide. Ces mêmes capteurs de mouvement permettent également de localiser l’interlocuteur afin de mieux restituer ses paroles. D’autres encore, particulièrement destinés aux seniors vivant seuls, intègrent des capteurs capables de détecter une chute et le cas échéant, alertent les proches de la personne via l’application associée.

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En quelques décennies, l’audiologie a donc énormément évolué et s’est beaucoup modernisée, intégrant des technologies de pointe, qui offrent à la fois un plus grand confort d’usage et une qualité sonore sans précédent. Et grâce à l’intelligence artificielle — qui finira sans doute par gagner l’ensemble des modèles —, les audioprothèses promettent désormais une expérience auditive au plus près de l’audition naturelle.

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