Changement climatique : hausse de 50% des feux de forêts d’ici un siècle, selon l’ONU

Hausse 50% feux de forêt
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Les feux, qu’ils soient naturels ou anthropiques, ont toujours fait partie de l’écologie de nos paysages et ont contribué à les modeler pendant des milliers d’années. Cependant, le changement climatique a provoqué un déséquilibre qui a fait de ces feux une menace majeure pour les écosystèmes et la biodiversité. Au rythme où la Terre continue à se réchauffer, ces incendies continueront à s’aggraver. Un nouveau rapport de l’ONU alerte que d’ici à peine un siècle, le changement climatique pourrait provoquer une hausse de 50% des feux de forêt dans le monde. Conscientes de la gravité de la situation, les Nations unies appellent à l’effort conjoint, et suggèrent des renforcements appropriés de gestion forestière.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les feux de forêt n’ont pas toujours été néfastes pour les écosystèmes. Plusieurs études ont montré que, dans le monde entier, le feu a façonné des paysages de biomes boréaux, tempérés et tropicaux. Ce subtil entretien s’étale sur des échelles de temps écologiques évolutifs, et était déjà en marche avant l’arrivée de l’homme.

Bien que très peu d’études se penchent sur les effets du feu sur la biodiversité des végétaux, les experts s’accordent qu’il a toujours été un régulateur naturel pour beaucoup d’écosystèmes. Ces derniers ont alors évolué au gré des incendies. Beaucoup sont même devenus pyrophytes et ont « besoin » de feu dans leur cycle de vie et/ou de régénération. Cette adaptation a contribué à la grande diversité de paysages que nous voyons aujourd’hui.

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Dans les forêts boréales canadiennes par exemple, on essaie de rétablir le rôle du feu (qui régule ces paysages depuis plus de 9000 ans) dans l’écosystème en permettant à certains incendies d’évoluer librement et en démarrant et dirigeant des feux dans certaines régions. Un autre exemple avec les prairies et savanes tropicales comme celles de Madagascar : les feux entretiennent les cycles de germination des assemblages de graminées primaires (végétaux pyrophytes qui ont été entretenus pendant des milliers d’années par des feux naturels).

Plus tard, quand l’homme est arrivé, il a contribué à son tour au modelage des paysages en gérant les terres grâce au feu. Toutefois, le changement climatique a provoqué de tels bouleversements que le rôle perturbateur et régulateur naturel des incendies se trouve exacerbé. Le fragile équilibre entre le feu et les écosystèmes a été rompu, ce qui a provoqué des incendies de plus en plus destructeurs. Il est d’ailleurs important de noter qu’il n’y a pas que les forêts qui ont été modelées par le feu. Prairies et savanes (des écosystèmes à part entière) aussi sont concernées, et le déséquilibre de leurs cycles vitaux devrait autant attirer l’attention du monde que celui des forêts.

Incendies et réchauffement climatique : un cercle vicieux

Le récent rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement est clair : les épisodes de feux exceptionnellement intenses vont augmenter de 31 à 57% par an d’ici 2100, au rythme actuel du changement climatique. D’un autre côté, la fréquence croissante de ces incendies libérera des quantités très élevées de gaz à effet de serre. Un cercle vicieux qui aggravera encore plus le réchauffement climatique, produisant encore plus de feux de forêt, ainsi de suite.

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De plus, les lacunes actuelles dans la gestion des terres et des forêts (agricultures intensives, dépendance au charbon, sururbanisation, etc.) sont parmi les plus importants facteurs du changement climatique. Ces pratiques irresponsables contribueront davantage aux incendies, autant en fréquence qu’en intensité. Selon les estimations du rapport, des zones qui n’ont jamais connu de feux de forêt et qui ne sont pas résilientes aux flammes risquent d’être également touchées, comme certaines régions arctiques. Les zones qui sont censées être adaptées au feu et qui abritent des végétaux pyrophytes, risquent de leur côté d’être de plus en plus inflammables et propager des feux toujours plus importants.

« Ce que fait le changement climatique, c’est qu’il conduit à une situation où les incendies de forêt atteignent des températures plus élevées et durent plus longtemps dans des endroits où ils se produisent déjà régulièrement », précise pour Grist Hugh D. Safford, co-auteur du rapport et membre de la faculté de recherche du Département des sciences et politiques environnementales de l’Université de Californie-Davis. « Mais ils commencent également à naître dans des endroits où ils sont inattendus », ajoute-t-il. Les récents incendies dans les tourbières indonésiennes en sont les parfaits exemples.

Encore plus inquiétant, plus de 50 experts ayant participé à l’élaboration du rapport estiment que malgré les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète connaîtra tout de même une augmentation spectaculaire de la fréquence des incendies extrêmes.

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Selon le rapport de l’ONU, les gouvernements des pays les plus concernés n’agissent vraiment que sur les faits accomplis. Les majeures parties des budgets de gestion forestière sont allouées à l’extinction des incendies et la réparation des dégâts, au lieu de leur prévention. Le programme onusien suggère alors de concentrer plus d’efforts dans la prévention des feux de forêt.

On peut en effet prévenir les incendies en éclaircissant les forêts et en faisant en sorte que les arbres ne poussent pas en rangs trop serrés. On peut aussi éliminer des broussailles en les brûlant ou en les fauchant. Ces pratiques pourraient considérablement réduire la propagation des feux. « Le plus gros problème est que nous jouons presque entièrement un rôle réactionnaire plutôt qu’un rôle proactif », explique Safford. D’après l’expert, le Service forestier des États-Unis consacre encore environ deux tiers de son budget à l’extinction des incendies.

Le rapport souligne également l’importance de la solidarité entre les pays et surtout la sollicitation des Autochtones. Ces derniers possèdent sûrement de précieuses connaissances en gestion d’incendies, car ils ont toujours su s’adapter à leurs conditions environnementales et gérer intelligemment leurs terres depuis des milliers d’années.

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